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PORTER SECOURS AUX GLOMÉRULES

sence d'une femme enceinte qui a de l'albumine, c'est-à-dire du sérum de son sang dans ses urines, votre devoir immédiat, absolu, c'est de porter secours aux glomérules de Malpighi, c'est-à-dire de faire en sorte que la congestion cesse d'y être intense, que l'inondation du sérum ne vienne pas dépaver les tubuli contorti et mettre à mort l'épithélium sécréteur. Et vous pouvez le faire par un acte thérapeutique des plus simples, par \dL décongestion, c'est-à-dire par la «révulsion». Lorsque vous placez des ventouses scarifiées sur la région lombaire, au voisi nage des reins, chez les individus qui ont de l'albumine dans l'urine, vous diminuez l'abondance de l'albuminurie. Si vous avez diminué la quantité d'albumine dans l'urine, il est évident que vous avez fait quelque chose qui doit, dans l'espèce, décongestionner les glomérules de Malpighi, et, de proche en proche, tout le système artériel du rein. Mais ce qu'il y a d'important, c'est surtout d'agir sur cette partie si sensible, les nerfs vasomoteurs de l'artère afférente et de l'artère efférente des glomérules de Malpighi. Par conséquent, décongestion! décongestion! c'est-à-dire, dans l'état aigu, ventouses, et, ultérieurement, pointes de feu sur la région rénale; pointes de feu encore, puis, cautères suppurants lorsque, malheureusement, la lésion est entrée dans la phase chronique; décongestion qui a pour effet de diminuer les désastres actuels et d'empêcher des désastres ultérieurs. Tel est votre rôle efficace et toujours utile.

D'autre part, en se plaçant au point de vue de la néphrite parenchymateuse et de la congestion qui la précède, il est bien évident que vous devez faire aussi de la décongestion par dérivation, c'est-à-dire provoquer une fluxion compensatrice sur la membrane muqueuse des intestins, par des purgatifs donnés de temps à autre. Vous accomplissez également, ce faisant, un acte tutélaire et rationnel.

En outre, si vous faites passer dans le rein une substance telle que le lait, vous accomplissez un acte non moins rationnel, car vous faites circuler dans l'organe un liquide qui n'a aucune espèce de propriétés irritantes et qui lave, pour ainsi dire, les parties envahies par l'inflammation. C'est ainsi que je conçois

l'eflicacité non douteuse de la diète lactée; laquelle est insuffisante quand elle est employée exclusivement : il y a alors amélioration dans l'état, l'albumine diminue, mais elle ne disparaît jamais. Cela est surtout vrai chez les malheureuses femmes enceintes qui, traitées par la diéle lactée seule, finissent, quelques mois après l'accouchement, par mourir brighliques; la congestion s'étant transformée en phlegmasie aiguii, celle-ci en pblegmasie chronique : série morbide qu'aurait enrayée la décongestion thérapeutique! Ainsi, cela commence par un acte physiologique, la grossesse, et cela finit par un acte pathologique, le mal de Bright. L'idée vitale était la conservation de l'espèce, le fait final est la destruction de l'individu : le trop de vie a fait la mort par incurie mfklicale !

Il y a donc une congesLion active physiologique, celle de la grossesse ; mais il y a une congestion active pathologique, c'est la, congestion a frigore et celle des maladies infectieuses (scarlatine, variole, dolhiénenterie, érysipèle, diphthérie, choléra). Il se fait là évidemment des poussées fluxionnaires par suite desquelles le sérum passe dans les urines avec un certain nombre de globules du sang. Mais le plus remarquable, au point de vue de la spécificité de certaines maladies, c'est de voir la scarlatine prédisposer (plus que la variole, la dothiénenlérie) à l'albuminurie persistante, et conduire de la glomérulite aiguB à la néphrite parenchymatense, à l'altération du parenchyme, des glomérules, des tuhuli contorti, et constituer le gros rein blanc. Si, en môme temps, le tissu péri-vasculaire interposé aux tubes do Bellini, tubes reliant entre elles les pyramides deMalpighi, si, dis-je, ce tissu péri-vasculaire est pris — et c'est le fait le plus habituel — on a une « néphrite mixte » qui porte à la fois sur le parenchyme sécréteur et vecteur comme aussi sur leur tissu conjonctif. C'est là un pur accident anatomique, qui se conçoit d'ailleurs ; on ne comprendrait pas que, dans la plupart des cas, il n'en fût pas ainsi. Quelquefois, cependant, le parenchyme seul est pris de préférence (« gros rein blanc »); mais, lorsque les travées du tissu conjonctif se rétractent, vous avez un rein anémique, blanc, qui n'a pas la surface régulière qu'on constate dans le gros rein blanc.

ARTÉRIO-SCLÉROSK RÉNALE. 87

Nous venons de voir ce que peut la congestion active ; voici ce que peut la congestion passive, qui est le plus souvent obsei-vée par le fait des maladies du cœur. Dans ce cas, il y a une stagnation du sang dans les réseaux veineux, et, de proche en proche, une gêne dans la circulation artérielle. Il se fait alors des proliférations presque scléreuses dans le tissu conjonctif intercanaliculaire. Il y a d'abord de l'hyperhémie, puis ultérieurement de la phlogose et enfin de la sclérose. C'est ce qu'on appelle le « rein cardiaque », qui finit par devenir impropre à la sécrétion régulière ; d'où il suit que, chez les individus atteints de maladies du cœur dont le rein présente les altérations anatomiques que je viens d'énumérer, la sécrétion nrinaire est diminuée dans son abondance et altérée dans sa qualité : il y a plus de sels que d'habitude, la quantité d'urée diminue et, le plus habituellement, pour peu que l'individu se congestionne à la suite d'un refroidissement, immédiatement l'albumine apparaît dans les urines. Ici encore des désordres se produisent dans les glomérules de Malpighi et, en raison même delà stase vasculaire qui existe, il y a sérumurie. Je n'insiste pas, vos réflexions feront le reste.

Vous voyez le rôle que joue toujours la circulation dans les lésions du rein, soit aiguës, d'origine artérielle, soit chroniques, d'origine veineuse, au cas de maladies du cœur.

Nous abordons raaintenan t des lésions d'un autre ordre et néanmoins d'origine encore vasculaire. Il s'agit de l'endartérite, c'està-dire de l'artérite, non pas seulement des grosses artères, mais surtout des petites, affection qu'on a décrite sous le nom d'artério-sclérose, A' arlerio-capûlari- fibrosis ou altération des petits vaisseaux, qui deviennent fibreux, perdent une partie de leur élasticité et de leur contractilité sous l'influence de la dégénéralion fibreuse; altération qui a les conséquences les plus redoutables comme les plus variées. Il y a là, dans l'artère, une irritation qui se propage par voie de contiguïté au tissu conjonctif circonvoisin; et c'est delà sorte que vous comprenez non seulement la néphrite interstitielle, m-à\s toutes les maladies scléreuses, ainsi la « sclérose en plaques ». — Prenons comme exemple cette

maladie si remarquable du système nerveux qui se traduit anatomiquementpar des lésions scléreuses atrophiant les tubes nerveux et troublant les fonctions de l'innervation. D'après les recherches les plus précises, les plus récentes et les plus démonstratives, il est prouvé qu'il y a altération des artères chez les individus atteints de sclérose en plaques; et c'est de proche en proche que la maladie se propage au tissu conjonctif d'abord, puis qu'elle trouble le système nerveux, mais secondairement, et, plus tard, définitivement; de sorte que les lésions des petites artères aboutissent finalement à la destruction du système nerveux, et cela par l'intermédiaire du tissu conjonctif, ce squelette du tissu nerveux, qui, par rétraction, a fini par faire disparaître les cellules et les tubes nerveux. — Eh bien ! la même chose a lieu édiXx^Yarlério-sclérose rénale, dans ce qu'on a appelé la «néphrite interstitielle » , pour la différencier de la néphrite parenchymateuse, où les désordres commencent par le parenchyme pour aboutir, par propagation de la phlegmasie, à la néphrite mixte. Si, au contraire, la néphrite commence par le tissu conjonctif, il y a d'abord une altération des petits vaisseaux, puis le tissu conjonctif prolifère au voisinage, et, par irritation, il y a hyperhémie, phlogose et définitivement sclérose, et on a ainsi le « petit rein bosselé », qui est en grande partie impropre à la fonction. Ce n'est pas par lesglomérules que les désordres commencent ; le mal marche de la périphérie vers le centre, tandis que, dans la néphrite parenchymateuse, c'est du centre à la périphérie que procède la phlegmasie. Dans ce cas, vous avez, à l'inverse de la néphrite parenchymateuse, une sécrétion exagérée de l'urine, laquelle est due très probablement à l'irritation de voisinage de ce qui reste encore intaet des tubuli conlorti et des glomérules. Il y a ici, et dans les premiers temps de la maladie rénale, polyurie, comme il y a certaines exagérations fonctionnelles aux premières phases de la sclérose des cordons postérieurs ; c'est en somme une ataxie du rein. Aussi celle polyurie n'est rien moins que la sécrétion d'une quantité exagérée de mauvaise urine, ne contenant qu'une petite quantité d'urée et renfermant de l'albumine. Ultérieurement, il se passe pour le rein ce qui a lieu pour la sclérose en plaques, il y a atrophie

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