DÉGÉNÉRESCENCE AMYLOÏDE DU REIN
des tubiili vecteurs el des tubulï contorii, puis de la capsule de Bowmann ; seuls, une partie dos glomérules restent indemnes, et peu à peu la sécrétion, d'exagérée qu'elle était, devient de moins en moins abondante : la sérumurie s'aggrave, et souvent des phénomènes d'urémie se produisent; cela beaucoup plus dans la néphrite interstitielle que dans la néphrite parenchymateuse.
Vous comprenez maintenant que cette néphrite interstitielle s'observe fréquemment chez les goutteux, puisqu'ils ont de l'artério-sclérose, et chez les saturnins, qui peuvent avoir aussi cette altération des vaisseaux, laquelle fait ultérieurement la maladie rénale dont j'esquisse la pathogénie devant vous.
Enfln^ on connaît encore une autre dégénérescence d'origine vasculaire : c'est la dégénérescence amyloïde du rein.
La dégénérescence amyloïde s'observe dans les cas de suppuration prolongée, chez les scrofuleux et surtout chez ceux qui ont le mal de Pott; il se fait alors une dégénérescence lardacée et amyloïde du rein, comme aussi une dégénérescence amyloïde du foie chez les scrofuleux et les tuberculeux. Cette dégénérescence s'effectue également par le mécanisme de l'altération vasculaire : la paroi des vaisseaux s'infiltre de substance amyloïde et la charrie; aussi ces organes si vasculaires, le foie et le rein, subissent-ils de préférence la dégénérescence amyloïde. Dans ce cas, le rein est encore démoli : il n'est plus un filtre sagace qui prend au sérum du sang tous les éléments constitutifs de l'urine; c'est un filtre inerte qui laisse passer le sérum du sang des glomérules de Malpighi dans les tubuli contorti, dont les cellules, altérées pour le plus grand nombre, ne remplissent plus leur office; et, cette fois encore, il y a de la sérumurie.
Cette sérumurie, c'est le sérum dans l'urine. Vous saisissez par les réactions particulières de l'albumine la présence de celleci; mais ce n'est voir que le petit côté de la question et prendre la partie pour le tout. Ce qui a passé du filtre rénal, frappé d'impuissance, dans le vase de nuit, c'est le sérum en nature. Le malade ne perd pas alors seulement l'albumine, mais le sérum de son sang avec les propriétés nutritives qu'il possède et char-
rie. Ainsi, par le fait de lasérumurie, se réalise une grave allération de l'organisme qui se surajoute à celle delà scrol'ule chez le scrofuleux, de la tuberculose chez les tuberculeux, et de la suppuration prolongée chez les sujets atteints d'ostéite suppurante.
Ce que je voulais vous montrer dans cette vue synthétique, Messieurs, c'est le rôle énorme que jouent les vaisseaux, vaisseaux artériels dans la congestion aiguë qui peut devenir la néphrite parenchymateuse chronique, vaisseaux artériels dans l'artério-sclérose, vaisseaux artériels dans le rein amyloïde ; rôle dont l'aboutissant commun est la présence de l'albumine, c'està-dire la présence du sérum du sang dans les urines. Et alors, quelle conclusion thérapeutique ? Pour le rein amyloïde, nous ne pouvons rien ou nous ne pouvons guère ; il faut, si possible, modifier l'organisme. Pour .l'endartérile, nous ne pouvons pas non plus grand'chose ; cependant, ce qui est indiqué, c'est d'essayer de modifier l'état anatomique et troublé de ce rein atteint de néphrite interstitielle, au moins coramençanle dans certains cas. En pareille occurrence, rien n'est meilleur que l'iodure de potassium — que je préfère à l'iodure de sodium parce qu'il est plus actif — pour parer à l'endarlérite, et cela toujours avec succès. Puis, nous portons secours à ce rein atteint de phlegmasie particulière, par la révulsion que je vous ai signalée tout à l'heure, et par l'administration du lait, mais non pas exclusivement. C'est une erreur profonde et préjudiciable que de vouloir gorger de lait ces malheureux ; la plupart du temps ce sont des hommes ayant dépassé de beaucoup l'âge adulte, presque des vieillards, qui souvent aiment mieux autre chose que le lait, mais qui, de plus, ont un estomac intolérant pour ce liquide : les vomissements surviennent, puis la diarrhée et surtout la constipation. Dans ces conditions, on ne peut pas continuer. Il faut donner seulement de petites doses de lait, quatre à cinq tasses par jour, môme fractionnées par cuillerées, et le malade les supportera : il sera de même bien vite fatigué, et son estomac aussi, si on lui donne 4 ou 5 grammes d'iodure de potassium par jour, tandis qu'il en supportera très bien 1 à 2 grammes pendant longtemps et avec succès ; alors vous accomplissez un acte Ihé-