ROLE DES VASO-MOTEURS
rapeulique efficace et inlelligent, ce qui n'est pas le cas si vous prescrivez la diète lactée seule.
Maintenant, je voudrais vous signaler en passant deux faits extrêmement curieux qui militent en faveur de la théorie que j'ai formulée devant vous. Il m'a été donné de voir deux dames appartenant à la classe élevée, ayant l'esprit très cultivé et analysant avec exactitude leurs sensations. Toutes deux sont albuminuriques, toutes deux doivent leur albuminurie à la grossesse, toutes deux avaient été traitées par la diète lactée seule. Il s'en faut bien qu'elles en aient été guéries. Mon intervention n'a eu lieu que six mois après l'accouchement chez l'une, que deux ans après chez l'autre. Cependant, grâce à la révulsion très fréquemment répétée, j'ai pu conjurer les accidents urémiques et faire, chez l'une, complètement cesser l'albuminurie, qui reparaît, hélas ! de temps à autre chez la seconde.
Ce traitement remonte à deux ans chez l'une et l'autre. Toutes les semaines, tous les quinze jours ou tous les mois, je fais appliquer des pointes de feu sur la région rénale, et, de leur chef, ces dames y ont recours non pas pour leur plaisir, mais parce que, immédiatement, elles voient l'albumine s'amoindrir et disparaître du tube à expérience qu'elles consultent fréquemment. Mais le plus intéressant le voici : l'une et l'autre n'accusent pas de douleurs dans la région rénale, elles y sentent des battements qui ne sont autres que des battements de l'artère rénale. Or, tout récemment, l'une d'elles éprouvant des battements très intenses, a vu le chiffre de son urine diminuer, tomber à 150 grammes par jour, et le chiffre de l'albumine augmenter dans ces ISÛ grammes si parcimonieusement sécrétés.
Que signifient ces battements ? Gela veut dire très vraisemblablement que le sphincter de l'artère efférente du glomcrule est contracturé et qu'alors l'artère rénale bat, gênée qu'elle est dans le débit de son contenu. Le battement, voilà un premier fait; la pénurie urinaire, voilà le second fait. Telle est la succession des deux phénomènes morbides.
Voici maintenant l'acte thérapeutique. Je fis appliquer des ventouses scarifiées chez cette dame qui, avec ses ioO grammes d'urine albumineuse, commençait à avoir des troubles urémi-
ques, vertigineuse au point de ne pouvoir plus marcher dans sa chambre, et aussitôt : i" les battements diminuèrent d'intensité ; 2° le chiffre de l'urine augmenta d'abondance. La révulsion ici avait immédiatement modifié et amélioré la circulation intrarénale, cela est évident.
Mais le plus original, c'est que les accidents, chez cette dame, étaient survenus à la suite d'un violent accès de colère ; presque aussitôt après, les battements rénaux ont été ressentis et la sécrétion urinaire fut entravée. On voit ici le rôle que joue l'émotion sur le rein, et cela par l'intermédiaire du grand sympathique. (Tous ceux qui ont concouru pour l'internat le savent bien!) J'ajoute ici encore un fait thérapeutique à l'appui. Il y a deux ans, cette dame, très nerveuse, se trouvait dans un péril absolu : elle avait des vertiges, des vomissements, ne mangeait plus, ne pouvait plus se lever de son lit qui tournoyait autour d'elle, et ne rendait que 250 grammes d'urine au plus, malgré la révulsion. J'eus alors cette idée, qui n'est pas classique, de lui faire passer des courants continus dans les reins. Le médecin de la famille, très étonné, doutait fort de l'efficacité de ce traitement. Moi, j'étais persuadé qu'il y avait contracture des vaisseaux du rein. Le docteur Onimus l'électrisa pendant vingt minutes chaque jour; huit jours après, le chiffre de l'urine redevint normal et les accidents urémiques cessèrent par la cessation de la contracture des artérioles rénales. Voilà qui est très remarquable, et je vous cite ce fait pour vous montrer qu'il est toujours bon d'avoir plusieurs cordes à son arc.
La conclusion pratique de ce qui précède, c'est que toutes les fois que vous verrez une personne se plaindre de battements dans la région des reins, il faut penser à ses glomérules et craindre que ceux-ci ne soient entravés dans leur fonctionnement.
En résumé, examinez toujours les urines dans toutes les maladies générales, et, dès qu'il s'y trouve de l'albumine, concluez à la sérumurie, pensez aux glomérules ainsi qu'à l'épithélium strié; et, par la révulsion, décongestionnez le rein pour sauver l'organe et conserver la fonction. Faites-le surtout dans la scarlatine et la grossesse, où, saisissant le mal à son début,