DU SURMENAGE AIGU
QUÂTRE-YINGT-QUATORZIÈME LEÇON
Surmenage et fièvre typhoïde. — Séries morbides progressives.
Gastricité sans fièvre et gastncité avec fièvre rémittente bilieuse. — Le bacille dit typhique, d'Eberlh, détrône la lésion des plaques de Peyer.— Il fait et ne fait pas la fièvre typhoïde au caprice de l'aventure, — Sortant typhique du corps de l'homme, il engendre la septicémie chez l'animal. — De même, le bacille tuberculeux peut créer l'infection générale et non pas des tubercules, et le bacille pyogène engendrer la fièvre puerpérale et non du pus. — Marche parallèle du surmenage et de la dothiénentéric dans l'armée.
Messieuiis,
Je ne suis pas seul maintenant, vous l'avez vu et vous l'allez voit* encore, àadmeltre l'existence de séries morbides progressives^ c'està-dire l'existence de cas pathologiques allant du moins au plus.
Par exemple, dans un môme lieu, dans les mômes conditions, et progressivement, vous pourrez observer l'état morbide gastrique saj?s fièvre («embarras gastrique»), — puis l'état morbide gastrique o,vec fièvre (« fièvre gastrique »), — laquelle conduit à la « fièvre gastrique rémittente», puis celle-ci à la «fièvre gastrique rémittente bilieuse ».
Petei. — Clin, nv'd, nr. — 11
Or, celte série peut aboutir à la dolhiônentérie (surtout dans les pays chauds), comme fait, dans nos climats tempérés, la fièvre de fatigue.
Je vais vous citer d'abord un cas de gaslricité sans fièvre.
Une jeune lille de dix-sept ans, domestique, entre, le 10 septembre, dans mon service. Il y a une semaine, elle fut prise de douleurs de téte, d'inappétence, de nausées et de vomituritions; en même temps elle sentait tous ses membres courbatus. Elle n'avait pas de fièvre. Quelques douleurs dans le ventre, et avec cela une constipation opiniâtre. Le même état persistant, elle entre dans le service le \0 septembre. ^
11 septembre. Actuellement la malade se plaint d'une lassitude générale; elle a mal à la tête. Le ventre est douloureux; elle a complètement perdu l'appétit; elle a du dégoût pour tous les aliments. D'ailleurs, depuis huit jours, elle est ^?'<?s constipée; depuis une semaine également elle saigne du nez presque tous les jours.
Langue humide, sale. Creux épigastrique douloureux à la pression. Le ventre est légèrement ballonné. Pas de taches sur le ventre. Pas de fièvre. Le thermomètre marque 36", 3, La température épigastrique donne 36», 4.
Prescription : purgatif salin.
12 septembre. La malade est toujours sans appétit. Température axillaire : 36°, 6; température épigastrique : 36'',4.
16 septembre. Température axillaire : 36°, 3; température épigastrique : 36°, 5. La malade se sent un peu mieux; elle n'a plus de nausées, plus de céphalalgie, mais elle manque toujours d'appétit; elle se plaint toujours d'une légère douleur au creux épigastrique, douleur exaspérée par la pression. Soir, température axillaire : 36 degrés ; température épigastrique : 36°,3.
18 septembre. Toujours à peu près le môme état. Température axillaire : 36°, 6 ; température épigastrique : 36 degrés ; soir, température axillaire : 36°, 7 ; température épigastrique : 36°,5.
19 septembre. Matin, température axillaire : 36°,4 ; température épigastrique : 36°,o ; soir, température axillaire: 36°, 6; température épigastrique :36°,7.