FIÈVRE RÉMITTENTE BILIEUSE NOSTRAS
20 septembre. Matin, température axillaire : 36°,5 ; température épigaslrique : 36», 1 ; soir, température axillaire : 36%7; température épigastrique : 35°
21 septembre. Température axillaire : 36°, 5; température épigastrique : 36 degrés. La malade se plaint toujours du manque d'appétit. Soir, température axillaire : 36°,5; température épigastrique : 36», 5.
23 septembre. Température axillaire : 36°, 5; température épigastrique : 36 degrés.
25 septembre. La malade commence à avoir meilleur appétit; elle ne se plaint plus de douleurs d'estomac.
Lundi, 27 septembre. Le mieux continue; l'appétit est revenu complètement.
1" octobre. La malade se sent très bien, elle mange avec appétit. Le creux épigastrique est cependant encore légèrement douloureux à la pression. On trouve au thermomètre, température axillaire : 360,7; température épigastrique : 36 degrés.
La malade demande son exeat.
En résumé, mal de tête, courbature générale, épistaxis 5 — d'autre part, doulew épigastrique, anorexie et constipation opiniâtre; mais absence de fièvre, et, au contraire, surélévation locale et constante de la température au creux de l'estomac de •I degré (36'',5 au lieu de 35°, o) ; c'est-à-dire byperémie gastrique, puisqu'il y avait hypertbermie locale.
Et la malade guérit par un purgatif et le repos, conservant néanmoins un demi-degré de plus à l'épigastre. Ç'a été la gastricité sans fièvre.
Eh bien, si l'état gastrique est plus intense, l'irritation de la muqueuse digestive plus considérable, il y a fièvre avec rémission tous les matins; si l'irritation s'est propagée jusqu'à la muqueuse des voies biliaires, il y a fièvre rémittente bilieuse — laquelle est toujours bénigne en nos climats, témoin le cas de notre numéro 2 que je vais vous rapporter. Enfin, si à cet état gastrique s'ajoute la fièvre de fatigue, le cas confine et même aboutit à la dothiénentérie; c'est ainsi qu'il faut considérer la genèse de cette aflection avec ou sans microbe.
Voici le cas de notre numéro 2, atteinte de fièvre rémittente
164 SÉRIliS MORBIDES PROGRESSIVES.
bilieuse nosLras. C'est une femme de vingt el un ans, habituellement bien portante, de mœurs très légères.
Vers le 14 septembre, elle perd l'appétit, devient incapable de travailler, et, le lendemain soir, elle remarque qu'elle est jaune.
Elle entre le 18 septembre à l'hôpital.
Le 19, au matin, on constate une température assez élevée, 39 degrés, un ictère d'intensité moyenne. L'urine est très colorée et contient un nuage d'albumine; pas de selles. Le foie est un peu douloureux ; il mesure 9 centimètres et demi. Le ventre est un peu ballonné, sensible.
Le pouls : 100 pulsations; mais elle est très émotive.
Je constate un œdème un peu dur, d'ailleurs léger, à la face antérieure des tibias et des membres inférieurs.
Sur le ventre, la raie méniiigitique, qui persiste même assez longtemps (tache que j'ai démontrée être habituelle dans l'ictère).
Pas de lésions thoraciques, mais, au cœur, on trouve un souffle à la base et un dédoublement très net du premier bruit (bruit de rappel).
Traitement : lait, limonade, sulfate de quinine, purgatif.
20 septembre. Sous l'influence du purgatif, la fièvre diminue et la température s'abaisse de près de 2 degrés (à 37°, 2). Le foie diminue également de volume. Môme état du cœur. La malade a eu plusieurs selles, très jaunes, très colorées ; il y a donc eu polyckolïe. L'appétit revient un peu. Urines : quantité normale; toujours ictériques; toujours un peu d'œdème prétibial.
22 septembre. Le foie diminue encore (àScentimèlres et demi).
Toujours selles bilieuses; encore un léger œdème; la tache méningitique dure moins ; pas de démangeaisons.
Toujours température élevée ; la fièvre est manifestement rémittente.
Le pouls oscille autour de 100 pulsations.
24 septembre. L'ictère semble diminuer; urines moins teintées, sans albumine; selles toujours colorées; l'appétit revient. On constate toujours un souffle à la base du cœur ; le dédoublement est moins accentué; la malade a, dans la journée, des crises de suetc7's assez abondantes.