‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 77 sur 287 · COMMENT ON FABRIQUE LA DOTHIÉNENTÉRIE · texte numérisé non relu

COMMENT ON FABRIQUE LA DOTHIÉNENTÉRIE

qu'une modification du iibacillus coli communùn , on ne pourra plus croire que la cause univoque de la doLliiénentérie est la contagion par Teau; il faudra bien admettre qu'il y a des cas où le bacillus coli communis a gagné sa virulence dans l'organisme lui-môme sous l'inlluenco de modiflcalions du milieu intérieur.

Or, n'avons-nous pas vu que le surmenage est un des facteurs qui modifient le plus profondément le milieu intérieur? On peut donc concevoir, en se plaçant au point de vue microbien, qu'un sujet subisse, sous l'influence de l'auto-intoxication du surmenage, des modifications telles, qu'elles l'amèoent à devenir la proie du bacillus coli communis, imprégné du poison alcaloïde fabriqué par l'organisme surmené. Ainsi s'expliquerait la série morbide qui va de la simple courbature fébrile jusqu'à la fièvre typhoïde la mieux caractérisée.

De telle sorte que les reclierches de laboratoire, poursuivies sans autre préoccupation que celle de la vérité, n'infirment en rien l'observation traditionnelle. L'hygiène, la prophylaxie y gagneront plus que la thérapeutique, et c'est là qu'est le progrès.

En efi"et, que le bacille d'Eberth ou le bacillus coli communis soit le facteur ou le colporteur du virus puisé dans l'organisme malade d'oti il sort, il importe peu pour l'organisme qu'il aura contaminé; il est donc bon de s'en préserver : là est la prophylaxie, mais prophylaxie incomplète.

On se tromperait grandement, en elTet, si on le croyait seul coupable ; il lui faut des complices, ou, pour parler sans métaphore, il lui faut le concours d'autres conditions malfaisantes, qui débilitent l'organisme et qui sont surtout, j'espère l'avoir surabondamment prouvé, la fatigue exagérée, l'encombrement, l'alimentation mauvaise ou insuffisante. L'erreur serait donc complète, si l'on pensait faire disparaître la fièvre typhoïde en faisant disparaître l'eau impure ; il faudrait en plus la disparition de toutes les conditions que je viens de dire, et qui sont bien autrement puissantes que le bacille, puisque sans lui la dothiénentérie peut spontanément apparaître.

Tels sont le but et la justification des leçons précédentes et de celles qui vont suivre.

Faire cesser, si possible, les causes qui engendrent dans l'organisme humain les alcaloïdes toxiques qui font la fatigue, la lièvre de fatigue et môme la fièvre typhoïde, ou encore qui font la gasLricité, la fièvre gastrique, la fièvre intermittente et môme la lièvre typhoïde, là sera l'hygiène complète. Or, on peut faire cesser le surmenage, disparaître l'encombrement comme l'air confiné, et l'organisme conservera de la sorte sa résistance au bacille.

But idéal pour l'hygiéniste.

Page 1