‹ Leçons de clinique médicale. T. 3Chapitre 79 sur 287 · DOTHIÉNBNTÉRIE ET EAU DE SEINE · texte numérisé non relu

DOTHIÉNBNTÉRIE ET EAU DE SEINE

a fièvre catarrhale, c'esl-à-dire l'état cntarrhal, plus la fièvre; alors aussi l'état gastrique est plus marqué. Gela dure un, deux, trois, quatre jours au plus. Le processus s'est arrêté à la trachée, ou bien il s'est propagé aux bronches, et alors la bronchite s'ajoute au tableau niorbide.

Si la constitution médicale persiste, on observe alors des indi^ vidus beaucoup plus malades; à l'état catarrhal, à la fièvre, vient s'ajouter un élément nouveau ; ce sont les troubles nerveux. Alors on a la vraie grippe. Il est donc admis qu'en ce moment nous avons la grippe; mais à coup sûr, il y a quelque chose déplus : à la grippe, s'ajoute l'influence épidémique de la dengue. M. de Brun, qui a observé la fièvre rouge de Syrie, en Orient, a prédit qu'elle gagnerait bientôt l'Europe. Or, voici ce que nous observons : quelques individus ont une fièvre catarrhale simple; d'autres une grippe saisonnière; d'autres ont mal à la tête et aux reins; d'autres ont des douleurs articulaires; d'autres, enfin, ont une éruption, comme ce jeune garçon qui, après avoir eu la grippe, est entré dans notre service avec un érythème scarlatiniforme. Or, dans la grippe simple, il n'y a jamais d'éruptions. Donc notre grippe est compliquée d'une influence de la fièvre rouge de Syrie.

Nous subissons donc l'influence de la dengue ; je ne dis pas que nous ayons la dengue; mais je dis que nous en subissons l'influence. Tout le reste est le fait de l'hiver et du froid.

Mais il est un point sur lequel je veux aussi attirer votre attention; nous avons, en ce moment {décembre 1889), un excès âe fièvres typhoïdes. Vous savez que, pour certains hygiénistes éminents, la cause de cette recrudescence n'est pas douteuse : c'est l'eau de Seine que l'on a bue qu'il en faut accuser. Je ne doute pas, quant à moi, qu'il ne soit très malsain de boire de l'eau de Seine, qui est sale, corrompue, pleine de microbes, qui renferme môme le bacille d'Eberth, Seulement, l'eau de Seine n'est pas l'unique cause. Deux millions de Parisiens boivent ou ont bu de cette eau; les cas de dothiénentérie devraient, en bonne arithmétique, se chiffrer par centaines de mille ; or, il y en a peut-être à peine 500 dans tout Paris. Le 10 décembre, il y en avait 23 à l'hôpital Necker; et dans mon service, il y en

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avait 6 cas (4 hommes, 2 femmes); ce chidVe est bien faible. Néanmoins, nous constatons une recrudescence qui constitue uiie petite épidémie : je dis épidémie « saisonnière ».

Car, ce qui est intéressant, c'est que, tous lès ans, la même chose se produit. J'en trouve la preuve formelle dans les excellents rapports que faisait naguère M. Besnier à la Société médicale des hôpitaux. Tous les ans, en octobre, ennovembre, en décembre, m janvier, il y a recrudescence de fièvres typhoïdes; et la maladie qui était endémique devient alors épidémique.

Voici pour vous édifier sur ce point intéressant de pathologie et de pathogénie :

« Le mois àeja7ivierde 1866, dit M. Besnier, tout en se confondant encore, en partie, avec la période précédente, semble présenter quelques particularités plus accentuées : la variole continue à régner, mais une épidémie de lièvre typhoïde assez évidente se développe à côté d'elle; cette fièvre a fourni un chifi're élevé de décès (170 cas, 44 décès). On la retrouve dans tous les services, et l'épidémie paraît encore dans sa période ascensionnelle; car si, dans quelques services, celui de M. Bergeron, par exemple, on n'a reçu de typhiques que dans la première partie du mois, il en est d'autres où c'est dans les derniers jours du mois qu'ils ont été amenés en plus grand nombre.

« En février 1867, la fièvre typhoïde entrerait dans une nouvelle période d'augment, et serait et plus fréquente et plus grave. D'après des renseignements particuliers que l'on a bien voulu me communiquer, il en serait de même dans divers autres départements, et notamment dans la ville d'Amiens, où, depuis le jour où la neige est tombée, dans la première quinzaine de janvier, il n'y a plus eu un seul cas de choléra, mais on a observé un assez grand nombre de fièvres typhoïdes. »

(Or, dans ces départements, où, comme dans la ville d'Amiens, la fièvre typhoïde a, ainsi qu'à Paris, sévi sous la forme épidémique, en février 1867, on ne peut évidemment pas incriminer l'eau de Seine et ses microbes.)

« En décembre 1868, la mortalité a été plus grande pour la pneumonie et pour la fièvre typhoïde.

« Une épidémie de fièvre typhoïde, relativement grave, s'est

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