QUATRE-VINGT-SEIZIÈME LEÇON
£ucol-e les coustitiitious iiiétlicalcs.
Constitutions médicales et séries morbides. — État catarrhal ; grippe et rougeole. — État gastrique et dolliiénentérie. — Analyses bactériologiques discordantes à propos d'uiie môme eau. — Séries morbides croissantes et séries décroissanteB.
Dans là leçon précédente^, je vous parlais des constitutions saisonnières ; je vous disais que la constitution médicale actuelle n'était pas épuisée, et que nous verrions d'autres processus morbides. J'ai été quelque peu prophète de malheur, comme vous le montre cette épidémie d'influen^a que nous Venons de traverser (1889-1890).
Tous les ads, et patticulièrement à cette époque de l'hiver, on observe un état catarrhal, tantôt sans fièvre, tantôt avec fièvre; si à cet état s'ajoutent des phénomènes nerveux, on assiste à un développement de grippes, ordinairement peu redoutables, mais pouvant cependant prendre le caractère infectieux, comme nous l'avons observé.
Je vous disais encore qu'après cette période , on constatait souvent des éruptions de rougeole. Cela s'est encore réalisé. Voici, en effet, ce qui vient d'être relevé par un médecin du Bureau de bienfaisance, exerçant dans le quartier de l'Élysée. A lui seul, il a constaté, du S janvier au 10 février 1890, 10 cas de rougeole chez de jeunes enfants ; sur ces 10 cas, il y a eu 4 morts ; ce médecin a aussi observé des cas de diphthéfie, et cela ne doit pas nous étonner, étant donné que nous nous tfouvons au milieu d'une constitution saisonnière qui paraît évoluer dans un sens plus grave. Dans la plupart de ces cas de rou-
SÉRIES M0RDIDI5S 1>H0GRESS1YES.
geôle, l'ériipLion a él6 boutonneuse dès le début, ce qui indique toujours une forme intense. Dans les cas suivis de mort, l'éruption s'est effacée, a pris une teinte livide. L'un de ces enfants est mort au milieu de convulsions ; un autre a succombé dès le début avec du coma.
Nous observons aussi des cas de fièvre typhoïde.
Nous avons vu, dans la leçon précédente, que certains bactériologistes ont professé que, si, pendant les mois de décembre et janvier, la fièvre typhoïde prenait à Paris la forme de petite épidémie, cela était dû à ce que, deux mois auparavant, les conduites d'eau avaient été souillées par les eaux de Seine; et je vous ai fait voir, par des statistiques remontant à 1866, que c'est tous les ans la même chose.
J'ai à vous citer, à ce propos, quelques faits instructifs.
Je viens de recevoir la relation, faite par M. le médecin-major Aubert, d'une épidémie de fièvre typhoïde qui a sévi, en décembre Qi janvier (1888-1889) sur le 23" régiment d'infanterie, et sur la population de la ville de Bourg, où est caserne ce régiment. Cela a été une véritable épidémie à début brusque, et, du 7 novembre au 15 janvier, on a compté 32 cas en ville et 22 à la caserne. Le début et la fin de l'épidémie ont été également brusques. Mais ce qui justifie encore ce que je vous disais des séries morbides, c'est qu'à Bourg les cas d'embarras gastrique et de fièvre gastrique ont augmenté avant le début de la fièvre typhoïde.
Ainsi, on relève :
Les affections prémonitoires qui ont précédé l'éclosion de l'épidémie typhoïde de décembre ont été, comme cela a lieu ordinairement, des embarras gastriques ou des fièvres continues (gastriques), dont le nombre est allé en augmentant durant les mois de novembre et décembre.
En octobre. ..
En novembre En décembre.
En janvier. .
10 embarras gastriques.
Total
132 cas.