QUATRE-VINGT-DIX-HUITIÈME LEÇON
Foyers de lièvre typhoïde.
Épidémie de fièvre lyphoïde diins une famille par misère et encombrement. — Comment nous rendons noire bacterhcm coli commune lyplioïgène. — Famine, misère, encombrement et relapsing fever d'Irlande ou typhus exanthématique.
Messieurs,
Je voudrais vous parler des Mohicans de Paris, c'est-à-dire de ces pauvres hères qui, en plein milieu civilisé, vivent à l'élat de sauvages, dénués de tout, dans des huttes heureusement mal closes, et je vous en parle à propos d'un épidémie de famille qui s'est développée à Billancourt, aux portes mêmes de Paris. Il existe là, dans la cité du Chemin- Vert, habitée par toute une famille, une baraque faite de planches mal jointes. Dans une seule chambre de cinq mètres de côté vivaient réunies quatre personnes : la grand'mère âgée de soixante-sept ans, la mère, de quarante ans, un fils, de quinze ans, une fille qui en avait dix. La femme était veuve, obligée de se livrer à un travail excessif pour nourrir sa famille. Elle se trouvait, de plus, dans des conditions d'habitation malsaines, dans une véritable pénurie d'air. Cet air était insuffisant comme quantité et comme qualité ; car si ces quatre personnes vivaient dans un milieu trop étroit, il faut ajouter qu'elles souillaient encore ce milieu par leurs émanations. Rien n'est plus nuisible que tous les produits fabriqués ainsi par notre organisme; c'est parce qu'ils sont mauvais pour l'être vivant qu'ils sont rejetés et qu'ils sortent de l'organisme. Ces quatre malheureux s'empoisonnaient ainsi les uns les autres, surtout la nuit où ils restaient de longues heures enfermés ; ils réalisaient ainsi toutes les conditions de l'encora-