‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 102 sur 123 · SCIATIQUE ET LUMBAGO · texte numérisé non relu

SCIATIQUE ET LUMBAGO

modifient aussi puissamment la surface cutanée, et soulagent les douleurs du rhumatisme.

Avant de terminer notre conférence, je désire vous parler du traitement de la sciatique et du lumbago, affections très voisines du rhumatisme. Lorsqu'elles sont aigués ou subaiguës, le traitement anliphlogistiqueest le plus efficace de tous : saignées générales et locales, antimo* niaux et poudre de Dover. Les applications de ventouses sur la région lombaire jouissent d'une réputation méritée contre le lumbago; mais il faut que l'opération soit convenablement exécutée; dans la sciatique, il est aussi très utile de faire mettre des ventouses à la partie supérieure de la cuisse au point d'émergence du nerf: il est bon d'employer ici un petit scai*ificateur, et ries verres de très petites dimensions, afin de pouvoir suivre le trajet du nerf. En Allemagne, on se sert de ventouses si petites, qu'on peut en placer dix ou douze les unes à côté des autres sur la région de la cuisse où le nerf est le plus superficiel. Cette pratique mériterait d'être imitée dans notre pays.

Le remède populaire, le bain chaud, est un excellent adjuvant de ce traitement, surtout s'il est précédé d'une douche très chaude. Un jet d'eau chaude lancé avec force sur les lombes, les fesses et les cuisses, semble agir non-seulement par la température, mais encore par la percussion mécanique: l'établissement de Northumberland à Dublin renferme l'appareil nécessaire pour ces douches. Le séjour au lit et les divers moyens que je viens de vous indiquer suffisent dans la plupart des cas. il en est d'autres cependant où ils restent impuissants : que faut-il faire alors? Il m'est arrivé plusieurs fois de suivre la pratique des docteurs Percival et Cheyne, et de donner tous les jours 2 ou 3 grains d'opium (0^M2 ou 0*%18) unis au calomel et à la poudre de James; j'en ai obtenu de très bons résultats.

J'ai traité avec M. White un malade chez lequel une sciatique et un lumbago négligés d'abord avaient passé en quel(|ue sorte de l'état chronique à l'état aigu, et étaient arrivés à causer d'épouvaiitables douleurs; le patient, homme robuste et résolu, éprouvait de telles tortures, que la sueur ruisselait sur son visage, toutes les fois qu'il faisait le moindre mouvement, ou même lorsque quelqu'un marchait lourde-

et de 12 grains (Ob',72) de poudre de Jaraes. Ce mélange fut divisé en huit doses ; le malade devait en prendre une toutes les trois heures. J'ai été tellement frappé de Tefficacité dé ce traitement, que j'y ai eu maintes fois recours depuis lors, et qu'aucun autre ne minspire autant de confiance. E( pourtant il est passible d'une objection : on est obligé de le continuer jusqu'à ce que les gencives soient touchées, ou médie jusqu'à ce que Ja bouche soit légèrement enflammée. Cet inconvénient n'en est vraiment pas un lorsque la violence de la douleur contraint le malade à garder le lit; mais il rend le remède inapplicable dans les cas subaigus ou chroniques, car le malade veut se livrer à ses occupations ordinaires, et il s'expose forcément à l'air : Viodure de potassium est alors excessivement utile.

J ai appris à connaître la puissance de ce médicament dans des circonstances qui ne sont point sorties de ma mémoire. X^'était en 1839, au mois de juillet: depuis longtemps l'atmosphère était d'une humidité remarquable. Je fus mandé au milieu de la nuit auprès d'une dame qui habitait la campagne; on m'avait envoyé pour faire le trajet une mauvaise voiture de louage. Les coussins étalent très humides, et je n'avais pas fait un demi-mille que j'étais pris d'un lumbago des plus douloureux; lorsque j'arrivai chez la malade, c'est à peine si je pouvais marcher. Le lendemain matin je me sentais mieux, parce que j'avais abondamment transpiré pendant la nuit; cependant je souffrais encore, et comme la saison continuait à être froide et humide (la pluie n'a pour ainsi dire pas cessé du 8 juillet 1839 au 19 février 18&0), comme j'étais constamment exposé à ses inlcmpéries et que je ne pouvais prendre le repos qui m'était nécessaire, mon lumbago alla bientôt en empirant, et au bout d'un mois les nerfs fessiers et le sciatique du côté gauche étaient pris à leur tour : j'ai remarqué alors que la douleur descendait graduellement de la région lombaire, de sorte qu'elle mit huit à dix jours pour gagner le jarret, et un temps plus long encore pour arriver au cou-de-pied. J^étais complètement boiteux de ma jambe gauche; je souffrais beaucoup, môme dans le lit, et j'étais obligé de recourir à l'aide de mon domestique pour mettre mes bas. Cependant l'état général de ma santé était excellent, mon appétit était bon, mes digestions se faisaient régulièrement^ mon urine avait ses caractères naturels. Je mentionne ces détails parce que plusieurs médecins de mes amis me conseillaient de prendre quelques laxatifs antibilieux; ce conseil leur était inspiré par la doctrine d'Abernethy, qui enseigne que beaucoup d'affections locales proviennent d'un trouble gastrique.

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Obligé bientôt de chercher dans la thérapeutique un soulagement à mes souffrances, je me fis mellre des ventouses, j*essayai de la doudie chaude et de la poudre de Dover, san&obtenir aucune amélioration. Déjà je commençais à craindre d'être contraint de renoncer momentanément à l'exercice de mes devoirs professionnels, et de me confiner chez moi pour me soumettre à un traitement mercuriel et à quelques applications topiques, lorsque ma bonne étoile me lit rencontrer le docteur Fergusson (de Kildare-street), dont nous déplorons aujourd'hui la perte. Il me donna le conseil de prendre de l'iodure de potassium, et il eut même la bonlé de m'envoyer sur-le-champ une pinte (0"\ù80) de décoction de salsepareille contenant une drachme (4 gram.) de ce sel en solution. Je divisai ce lirpiide en quatre doses, el jVn pris une tous les jours. Je puis dire en toute vérité que chaque dose me soulageait sensiblençieut; ramélioration fut si rapide qu'en quatre jours toute trace de lumbago avait disparu, et que je ne boitais plus du tout. Je ne pris en tout qu'une drachme d'iodure'de potassium, mais les bons effets du médicament persistèr(Mit après que j'en eus cessé Tusage, et en moins d'une semaine j'élais parfaitement guéri.

J'ai eu depuis de nombreuses occasions de constater refficacili'î de ce remède, et je vous le recommande de toutes mes forces contre la sciatique et le lumbago subaigus ou chroniques. Il est juste d'ajouter que je prenais l'iodure de potassium dans des conditions très défavorables; car je n'avais renoncé à aucune de mes occupations, et je n'avais rien changé à mon régime liabituel. Ce fait prouve avec beaucoup d'autres qu'il est souvent fort peu raisonnable de traitier les inflammations locales par les débilitants.

En dépit du traitement le mieux dirigé, la sciatique peut passer à l'état chronique; dans ce cas il faut essayer successivement à l'intérieur l'huile de térébenthine, le carbonate de fer, l'arsenic, l'extrait de stramonium, le sublimé, les pilules bleues et les iodures, tandis qu'on a recours à l'extérieur à divers moyens excitants, tels que les vésicatoires aux lombes, aux cuisses et aux mollets, l'acupuncture et les frictions avec l'huile de croton. Déjà dans une autre occasion je vous ai conseillé de faire prendre au malade un mélange d'opium et d'essence de térébenthine, et en cas d'insuccès, la poudre de Dover unie au sulfate de quinine. Je voudrais formuler quelques principes généraux (|ni pussent vous mettre à même de déterminer dans quels cas chacun de ces médicaments est particulièrement indiqué; malheureusement l'expérience \\ml constamment démentir nos pré-

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ceptes, et nous devons nous contenter ici d'un traitement empirique. - . . - . Le changement de climat et les eaux minérales de Bath, de QaitoD, de Harrowgate et de Turnbridge rendent quelquefois de très grands services; quelques malades sont obligés d'avoir recours aux eaux chaudes naturelles de fiagnères ou de Baréges.

Dans les cas tout à fait rebelles, on a F habitude, dans les aervioes chirurgicaux de Meath-hospital, d'appliquer lecautèpe actuel en* cinq ou six points sur le trajet du nerf affecté. L'application du cautère dml être un peu profonde, afin qu'il produise des ulcérations d'une certaine étendue; ces ulcérations doivent être entretenues pendant deux ou trois semaines au moyen de pansements appropriés. C'est là un procédé fort douloureux : plusieurs jours après la cautérisation, le malade en souffre encore beaucoup, souvent même il croit que Itf'maladie s'est aggravée ; néanmoins, après quelque temps le soulagement devient appréciable, et en résumé je ne connais pas de moyen plus efficace contre les sciatiques anciennes, qui ont résisté à toutes les autres méthodes de traitement (i).

(1) Cette déclaration absolue, cet aveu d'impuissance dont tous les médecias ont pu constater la vérité, permettent d'apprécier, à sa juste valeur, le service que M. le docteur Béhier a rendu à la thérapeutique, en introduisani en France la méthode de Wood. Porter, au moyen d'une injection sous-dermique, les substances médicamenteuses ÔMtïM l'intimité des tissus et sur le point précis où siège la douleur, tel est le but de cette nouvelle métho.de de traitement ; les résultats qu'elle a doimés déjà sont d'une hante importance, et je crois être utile, en entrant à ce sujet dans quelques développements. M. Béhier ne s'est pas borné à vulgariser parmi nous la méthode nouvelle; U en a modifié et perfectionné les procédés. Il en a considérablement étendu les applications, et je ne saurais mieux faire que de consigner ici quelques passages, extraits d'un mémoire qu'il a bien voulu me confier. Ce mémoire a été lu à l'Académie de médecine en la séance du 12 juillet 1859.

a Je me suis servi pour les injections que j'ai pratiquées, dit le savant médecin de l'hôpital Beaujon, non pas de la seringue de Fergusson employée par M. Alex. Wood, mais de la seringue inventée par Pravaz pour les injections de perchlorure de fer. Cette dernière offre, sur celle qu'avait adoptée M. Wood, des avantages que j'indiquerai plus loin. Ce choix fait, comme il s'agissait de médicaments énergiques, et d'un moyen peu connu, j'ai cherché à bien me renseigner sur la façon dont fonctionne ce petit instrument. » Il résulte des recherches de M. Béhier que chaque quart de tour du piston, qui est à vis, donne issue par la canule à une goutte de liquide médicamenteux; trois quarts de tour sont nécessaires pour remplir la canule, de sorte que pour avoir la dose exacte du liquide déposé dans les tissus ,♦ il faut défalquer cette contenance de la canule (3 gouttes) de la quantité totale qui a été employée. La capacité du corps de seringue est de 3j2 gouttes ; chaque goutte a un poids moyen de 0<'',019, soit en chiffre

Le docteur Grogan a observé un fait (jue je dois vous faire connaître, à cause de son intérêt physiologique. Un jeune homme robuste souffrait

rond 0S'',02. Si donc on emploie la dissolution de sulfate d'atrof^iné au centième qu*a adoptée M. Béhier (sulfate d'alropine, O^^SO; eau distillée, 30 grammes), on aura pour chaque goutte, 2 dixièmes de milligramme de sel atropique, soit un milligramme pour cinq gouttes ou cinq quarts de tour de piston.

Après ces indications préliminaires donton conçoit facilement l'importance, M. Béhier expose en ces termes les résultats qu'il a obtenus :

« Soixante et un malade» ont été soumis à ce mode de traitement. Ils étaient affectés des maladies suivantes : névralgie sciatique, 18; névralgies intercostales sans complications, 9; névralgies intercostales chez des sujets atteints de tubercules pulmonaires, 2; névralgie intercostale compliquée de phénomènes tout à fait bizarres^ 1; névralgie brachiale, 1; névralgie faciale, 1; pleurodynies, 4; douleurs musculaires rhu> matoïdcs, 2; contusions, 2 ; douleurs sympathiques d'un cancer utérin, 1; douleurs liées à d'autres affections, 3. Cette première catégorie de malades, au nombre de 53, a été soumise aux injections avec le sulfate d'atropine.

» Viennent ensuite les malades, au nombre de 7, sur lesquels j'ai pratiqué des injections avec une solution de sulfate de strychnine, savoir : paraplégie suite d'angine couenneuse, 2; paraplégie de cause inconnue et de date ancienne, 1; paralysie de la jambe gauche liée peut-être à une affection névralgique, 1 ; hémiplégie suite d'hémorrhagie cérébrale, 2; paralysie du bras suite de compression, 1. £ntln j'ai injecté une solution de chlorhydrate de morphine dans un cas de colique avec constipation chez un peintre ; r.olique de plomb légère, 1 Sur 18 sciatiques nous avons constaté positivement 12 guérlsons : dans 6 exemples la guérison a été plus que probable, les malades l'ayant annoncée comme telle, mais n'étant pas revenus pour nous permettre de constater l'absence de toute récidive 11 névralgies intercostales dont

2 chez des sujets tuberculeux, ont clé toutes les 1 1 guéries chacune par une seule injection au niveau de l'espace intercostal douloureux. La douleur fut enlevée par conséquent en uu seul jour, quelle qu'ait été la douleur antérieure de la maladie, et nous

avons injecté de 8 à 20 gouttes de solution atropique En résumé, nous voyons

que chez 53 malades les mjections de sulfate datropine faites au niveau du point douloureux, quel qu'il fiU, ont toujours été efficaces pour calmer les douleurs nerveuses, et elles les ont toujours guéries dans les cas où elles ont pu être suffisamment répétées, c'est-à-dire dans 'M cas sur 53. J'ajouterai que plusieurs des 22 cas qui restent, étaient réellement «le^: cas de j^uérison bien avancée, tant était gran<i le soulagement au moment où nous avons perdu les malades de vue.

» Sur deux malades j ai cherché à étudier comparativement les injections de chlorhydrate de morphine, et je les ai répétées pendant plusieurs) jours à doses assez élevées, 2/i, 30 gouttes par injection. Celte préparation m'a donné des résultats moins satisfaisants, et je me suis hâté de revenir au sulfate d'atropine.

» Chez tous les mnlades nous avons constaté les signes de rinloNJcalion atropique plus ou moins bion exprimés : un quart d'Iieure, une demi-heure ou quelquefois, quoique beaucoup plus rarement, une heure seulement après l'injection, les malades étaient pris de malaise, d'ctourdissements, de sécheresse de la gorge, de trouble de la vue. Un homme voyait les objets beaucoup plus ^'ros qu'ils n'étaient réellement, leurs

depuis plus d'une année d'une sciatique qu'on* n'avait pu guérir complètement; par suite, il éprouvait dans la cuisse et dans le mollet- des spasmes douloureux et des tressaillements musculaires. Ces phénomèiies duraient nuit et jour, et sous l'inDuence de ces contractions anonnales,

contours étaient mal circonscrits. Un autre les voyait tous colorés en roufe, un troisième leur trouvait une teinte verte. Quelques-uns ont éprouvé des haUneinationa : une femme voyait des rats ailés ou non, qui couraient parla salle; un malade croyait voir les chevaux qu'il a l'habitude de soigner ; il leur parlait et croyait les panser. EoIIb le délire a été chez certains malades plus vif et plus actif; ils se levaient, descendafent au jardin, et accomplissaient des actes peu raisonni^bles dont ils ne conservaient pas le souvenir, une fois revenus à eux-mômes.

» Chez tous CCS malades, l'opium ëous forme d'extrait ou de sirop diacode arrêta tous les phénomènes toxiques. A ce point de vue, mes observations conrinnerit ploînement celles de Giacomini, de M. Cazin et de M. Bell, et l'opium est bien réellement l'antidote de la belladone, comme celle-ci est réellement un remède très efHcaee contre rempoisonnement par l'opium : je l'ai constaté pour ma part à n'en pas douter.

» Deux ou trois de nos malades ont présenté des éruptions ortiées consécutivement aux injections atropiques. Enfin il est un phénomène que nous avons retrouvé souvent aussi, c'est la rétention d'urine avec douleur lors de l'émission des premières portions de ce liquide, qui déterminaient au méat une sensation de brûlure très pénible. Cette rétention d'urine a souvent duré plusieurs heures. Un seul individu nous a offert comme phénomène^ produit par la solution atropique, un relâchement du sphincter de l'anus, etdes émissions involontaires des matières fécales. »

Je ne puis malheureusement suivre M. Béhier dans tou^ les détails de son mémoire si riche de faits, si' fécond en déductions pratiques. Je dois ajouter cependant qu'U a tenté le premier les injections de sulfate de strychnine dans des cas de paralysie, et que les résultats obtenus sont très encourageants pour l'avenir ; d'autre part, il a nsnssi plusieurs fois au moyen de l'atropine à arrêter net les vomissements rebellés des hystériques; et les applications de la méthode s'étendent de jour en jour. Peu de temps après la lecture du travail de M. Béhier, M. Courty coupait court à un accès d'asthme en pratiquant une injection d'atropine sur le trajet du pneumogastrique, et la strychnine donnait à M. Foucher un très beau succès sur un enfant atteint de prolapsus du rectum. On peut concevoir encore bien d'autres applications utiles, et je sais que M. Béhier poursuit ses recherches à ce sujet. Depuis la publication de son premier mémoire, il a pratiqué un nombre considérable d'injections hypodermiques; il a atteint aujourd'hui le chiffre de quatre mille, et il n'a pas eu un seul exemple d'accidents locaux. Cette immunité absolue provient sans doute de ce qu'il a substitué un trocart délié au dard étalé de Wood, et à ce qu'il se sert d'une canule trois fois phis petite. Deux particularités méritent encore d'être notées : l'innocuité complète des accidents cérébraux déterminés par l'atropine, et l'impossibilité de prévoir, dans un cas particulier, la dose nécessaire pour les produire : cette dose varie dans des limites très étendues, selon la susceptibilité individuelle de chaque sujet.

Telle est, dans ce qu'elle a de fondamental, la méthode des injections sous-cutanées; l'importance du sujet justifiera, Je l'espère, la longueur de cette note, car il y a là une

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les fibres musculaires s'étaient hypertrophiées, et tout le membre avait gagné en développement; i) présentait des formes athlétiques, et dépassait de beaucoup, en volume, le membre douloureux. Ce fait, messieurs, est fort remarquable; car, dans la majorité des cas, la scialique chronique amène la flaccidité et l'atrophie de la région fessière et du membre inférieur. Chez le malade du docteur Grogan, l'hypertrophie disparut en moins d'un mois, après l'application du cautère actuel.

Comme le médecin praticien ne doit négliger aucun détail, quelque trivial qu'il puisse paraître, lorsque ce détail a trait à la santé des malades, je veux vous signaler quelques particularités dont je vous engage à tenir compte. Les personnes qui sont sujettes au lumbago doivent éviter autant que possible de rester dans la position fléchie et inclinée, surtout si elles sont, pendant ce temps, exposées au froid : c'est pour négliger ce précepte que les hommes sont si souvent pris de lumbago, taudis qu'ils sont occupés à se faire la barbe. Pour échapper à cet accident, il faut s'asseoir devant sa glace, ou bien, si l'on veut se tenir debout, il faut (jue le miroir soit assez élevé pour que le corps puisse rester complètement droit. Il en est d'autres qui sont atteints de douleurs lombaires au moment où ils mettent leurs bottes; ils éviteront le danger en faisant usage de crochets dont les tiges auront environ quatorze pouces de long; par ce moyen, au moment de Teffort que nécessite l'introduction du pied, le membre inférieur et le tronc seront à peu près sur une môme ligne droite. Les personnes qui craignent d'être prises de lumbago ou de sciatique doivent porter constamment des caleçons solides à ceinture large; cette ceinture doit être faite avec un tissu chaud, résistant et élastique, afin qu'elle puisse être serrée très fortement sans inconvénient.

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