AFFECTIONS NÉVRALGIQUES DU LARYNX
musculaire produit par ces contractions ait été exagéré, en raison du voisinage de l'organe de Taudition (1).
Passons à l'étude des affections névralgiques du larynx. Une jeune dame, de bonne constitution d'ailleurs, souffrait depuis quelque temps d'une menstruation irrégulière; elle présentait en outre (|uelques symptômes hystériques. Dans la province qu'habitait cette dame, on avait considéré son affection laryngée comme étant de nature inflammatoire, et on l'avait successivement attaquée avec les purgatifs, les sangsues, les vésicatoires, les afitimoniaux, et enfin avec les mercuriaux. Lasse de ces traitements inutiles, cette jeune lady arrivait à Dublin où elle se confiait aux soins de sir Henry Marsh, de M. Barker et aux miens. Lorsque nous vîmes la malade pour la première lois, la douleur était presque continuelle, mais elle n'était pas très violente; par moments, elle présentait quel([uesexacerbations, mais alors même les souffrances n'étaient pas très vives; elles étaient plutôt incommodes, en ce qu'elles déterminaient dans toute la région du larynx une sensation pénible. Il n'y avait pas de sensibilité à l'extérieur, et l'arrière-gorge était parfaitement saine. Après un examen suffisant, nous nous sommes arrêtés à ridée d'une affection nerveuse hystérique. Cette névralgie était surtout caractérisée, au moment des paroxysmes, par l'affaiblissement de la voix, dont le ton était morlitié; c'était une |)reuve que la glotte et les cordes vocales étaient particulièrement affectées. La douleur provenait .ans doute des branches du laryngé supérieur, (jui est principalement affecté à la sensibilité, ainsi que l'a démontré le docteur Reid. Cependant ralicration de la voix, pendant les exacerbations douloureuses, ]K)un*ait être re;j:ardée comme une preuve de rinfluence (ju'exerce le nerf laryngé supérieur sur les mouvements (\(is, cordes vocales, ou bien il faut admettre (jue l'affection portail également ici sur le laryngé intérieur. Ce fait n'a présenté aucune particularité (|ui permette de juger cette (jueNtion.
Quoi (pi'il en soit, nous av(»ns prescrit tout d'abord le carbonate de fer a hautes doses; >ous l'influence de ce in«'Mlieament, les paroxysmes sont devenus [)eriod:(|iies : lous les matins, a dix Iienres jj)'rcii>cs^ l'accès apparaissait Nous avons alors anu^nente la dose du sel de fer, puis nous avons administré le sulfate de quinine, et eidin l'arsenic, mais nous
n'avons obtenu aucune amélioration. Les douleurs étaient bien un peu moins vives, la durée en était bien un peu moindre, mais on pouvait se demander à bon droit si ces modifications n'étaient pas l'effet du temps plutôt que le résultat de la médication. Dans cette occurrence nous avons pensé qu'il était plus prudent de suspendre tout traitement actif, et nous avons conseillé à notre malade le changement d'air, les plaisirs de la campagne, et les eaux minérales ferrugineuses.
Vous avez là, messieurs, un exemple très net de la singulière influence que peut exercer un médicament sur une affection irrégulière ou rémittente; vous voyez qu'il peut l'amener à une périodicité parfaite. Après avoir obtenu tout d'abord un effet aussi remarquable, nous attendions, pleins de confiance, une amélioration plus complète encore, et nous avions hardiment élevé la dose des toniques, ne doutant pas d'une guérison prochaine; mais ici un désappointement complet nous était réservé, car nous n'avons trouvé aucun tonique qui pût modifier les accès. Il y a donc dans les cas de ce genre un écueil à éviter; nous devons prendre garde d'altérer la constitution, en Voulant à toute force diminuer les soullVances de notre malade.
L'aphonie résulte quelquefois de lésions insignifiantes en apparence. Une personne peut perdre complètement la voix sans aucun symptôme actuel ou antérieur d'affoction nerveuse; elle n'a eu ni douleurs, ni vertiges, ni bourdonnements d'oreilles; elle n'a éprouvé aucun des accidents qui indiquent une détermination vers la tète; elle n'a présenté, en un mot, aucun phénomène qui permette de rapporter son aphonie à une modificalion anomale du cerveau. Un avocat, auquel j'ai donné des soins «^vec le docteur Beatly, se promenait dans le vestibule du palais de justice; il atleiidait une affaire en causant avec deux de ses amis. Comme le vestibule était plein do nionde, et qu'il y faisait 1res chaud, il sortit dans la cour pour respirer un meilleur air; il y était à peine depuis dix minutes, lorsqu'il fut abordé par un ancien ami qui arrivait de la campagne. Tout heureux de le voir, il s'apprêtait à lui demander des nouvelles de sa famille, lorsqu'il s'aperçut, à sa grande surprise, qu'il ne p.)uvait plus émettre un son ; il était devenu complètement aphone. Au bout de trois semaines, il recouvra la voix, mais il lui resta un peu de lenteur dans la parole. Aussitôt après son accident, le malade avait été emmené chez lui en voiture; dans la journée, il eut à plusieurs reprises du vertige; enfin il fut frappé d'hémiplégie. Mais ce qu'il importe de remarquer, c'est que la perte de la parole a été ici le seul phénomène initial, et qu'elle a précédé de plusieurs heures la