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BÉGAYEMENT

effets de ce traitement semblent établir que le bégayement est une affection purement nerveuse.

Il n'est, pour ainsi dire, pas un point du corps qui ne puisse être atteint de névralgie, et je veux vous dire quelques mots de celle du sein. Une femme non mariée, qui demeurait aux environs de Dublin, vint me consulter pour cette affection au mois de juillet 1829. D'un tempérament sanguin, d'une constitution robuste, celte dame avait toujours joui d'une bonne santé; sa névralgie durait depuis deux ans, avec une intensité variable. Parfois elle ne ressentait aucune douleur dans les seins, mais le plus souvent, ils lui faisaient éprouver de vives souffrances. Pendant les paroxysmes qui duraient plusieurs jours et quelquefois même beaucoup plus loiîgtemps, les mamelles, naturellement développées, deveuaient très sensibles à la pression et extrêmement douloureuses, mais elles ne présentaient ni tuméfaction, ni dureté, ni rougeur. A la tin de l'accès, on observait une diminution graduelle plutôt qu'une disparition subite de la douleur, on ne constatait jamais aucune souffrance du côté de la colonne vertébrale. L'un des seins était plus prisque l'autre, mais les ganglions axillaires n'étaient pas tuméfiés. Celte dame avait déjà consulté plusieurs médecins; elle avait suivi un grand nombre de traitements, elle avait fait usage d'une foule de topiques, le tout sans réî^ultat. Elle avait eu plusieurs fois des sangsues, mais les morsures lui causaient toujours des douleurs excessives, et la perte de sang ne produisait aucun soulagement.

J'essayai d'abord des fomentations, des liniments et des emplâtres narcotiques ; j(» lis prendre des bains chauds salés, mais ces moyens n'amenaient pas le moindre changement. L'absence d'intermissions et de paroxysmes bien marquésniavaitrait méconnaître pendant plusieurs semaines la nature névralgique de cette affection; mais enCm je m'arrêtai à cette idée. En conséquence, j'administrai le carbonate de fer, et la malade s'en est très bien trouvée. Depuis cette épo([ue, elle a ét<'; plusieurs fois reprise de si douleur, mais elle a toujours réussi à l'apaiser au moyen du sel de fer; les bains de mer lui ont aus>i été très utiles. Dans ces névralgies que le carbonate de fer combat avec succès, je n'ai jamais eu besoin d'élever la dose du médicament au delà de 3 drachmes (12 grammes) par jour; le plus souvent même, une dose moitié' moindre est sullisanle. Je ne crois pas inutile d'indi(juer ici ce résultat de mon expérience, alin de prémunir les

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élèves contre Tinfluence de certains journaux anglais, dans lesquels le docteur Elliotson recommande de donner le carbonate de fer à doses énormes.

J*ai étudié ce point de pratique avec une grande attention, et je suis convaincu que ce qui est vrai du carbonate de fer, Test également des autres toniques. Nous devons admettre en principe que ces médicaments sont rarement indiqués, là où ils n'agissent pas à doses modérées; cette règle est surtout applicable aux toniques puissants, tels que le sel de ler, Karsenic et la quinine. Je ne vois réellement aucun cas dans lequel un médecin judicieux puisse être amené à donner plus de 10 grains (0«',60) de sulfate de quinine par jour, et cependant, ici comme ailleurs, on en donne souvent beaucoup plus. Si les manifestations morbides résistent à de petites doses de quinine, nous devons nous arrêter, et examiner, avant de poursuivre, s'il n'y a pas lieu d'adopter une autre méthode de traitement.

11 y a deux étals morbides qui présentent souvent des frissons très marqués, dos paroxysmes fébriles et des intermittences, et qui par là simulent tout à fait la fièvre paludéenne : ces deux étals morbides sont la suppuration interne et l'inflammation locale sans suppuration, il n'est pas de médecin (jui ne soit instruit de ces faits; mais il existe, en dehors de foute inflammation, une outre condition dans laquelle on wit survenir des symptômes analogues aux occès intermittents : j'en ai déjà observé deux exemples, tous deux chez des femmes. Une dame d'un tempérament nerveux avait été prise, quinze jours après sa couche, d'une fièvre quotidienne bien caractérisée; en vain lui avait-on fait prendre du sulfate de quinine à hautes doses, les choses allaient de mal en pis; mais elle guérit rapidement dès ([u'elle eut, selon mon conseil, substitué au sel de quinine le camphre, l'esprit aromatique d'ammoniaque, etc. (1). Une autre dame soutfrait depuis plusieurs semaines d'accès intermittents qui avaient d'abord présenté le type tierce et qui étaient ensiiile devenus doubles tierces; déjà la malade était très alfaiblie, et Ton avait successivement essayé sans résultat le sulfate de quinine, l'arsenic et l'opium. Les accidents cédèrent sous l'influence des stimulants diiïusibles et des anti-acides.

Sauf l'impuissance du sulfate de quinine, je ne connais pas de caractère qui permette de distinguer ces accès de la fièvre intermittente

ACCIDENTS iJNTERMlTTlilNTS. 7^1

légitime; en revanche, il est généralement facile de les différencier des accidents qu'amènent les inflammations locides et les suppurations internes. Chez un gentleman que je voyais avec sir Henry Marsh, la présence de très petits abcès disséminés dans le foie avait donné lieu à des accès intermittents très violents; le sulfate de quinine donné en lavements avait iait disparaître les frissons, mais il n'avait aucunement modifié les autres symptômes fébriles : si Ton eût continué l'emploi de ce médicament, la fièvre aurait été bien certainement convertie en continue.

L'efficacité de la quinine contre les frissons, môme lorsqu'elle ne peut détruire la cause de l'irritation générale, est amplement démontrée par les effets qu'elle produit dans la fièvre urétrale ; il est essentiel que le praticien en soit prévenu, afin qu'il ne se laisse pas entraîner, par cette amélioration partielle, à une administration intempestive du médicament. Lorsqu'on donne le sulfate de quinine comme tonique, on ne doit jamais, selon moi, dépasser 3 grains (0«',18) par jour, et même le plus ordinairement on n'a pas besoin d'en arriver là. Lorsqu'on veut unir aux toni(|ues les agents purgatifs, on ne saurait mieux faire que de donner le sulfate de quinine à dose modérée avec l'extrait composé de coloquinte, ou avec les pilules d'aloès et de myrrhe (l).

La névralgie du testicule est une affection rare, elle mérite néanmoins d'être signalée parce qu'elle donne lieu à d'épouvantables douleurs, et qu'elle plonge le patient dans une véritable agonie. J'en ai vu deux cas l'année dernière. Dans l'un, il s'agissait d'un jeune homme excessivement nerveux, usé à la fois par l'étude et par la débauche. Chez lui, les paroxysmes n'avaient pas une périodicité bien marquée; ils revenaient tous les jours à intervalles irréguliers ; mais ils finirent par se rapprocher tellement, ((ue le malade n'eut plus un instant de répit ni le jour ni la nuit. Du reste, il n'y avait pas de fièvre, pas le moindre

(1) Pilules d'aloès avec la myrrhe.

I aa 1 once = 32

!^ Aloès 2 onces = G^i grammes.

Safran

Myrrhe

Sirop q. s.

Pulvérisez séparément l'aloès et la myrrhe ; puis hroyez le tout ensemble jusqu'à incorporalion. (Pharmacopée de Londres.) (Noie du Tkau.)

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signe de congestion ou d'inflammation locale. Au moment où il était pris de son accès, ce jeune homme, baigné d'une sueur froide, se roulait par terre en proie à d'horribles tortures. Le carbonate de fer récemment préparé et donné à hautes doses, les onctions belladonées sur le testicule et sur le cordon triomphèrent de cette affection. Dans le second cas, la névralgie testiculaire survint chez un homme d^à atteint de douleurs névralgiques d'un caractère évidemment goutteux. Les douleurs apparaissaient tous les jours vers quatre heures de l'aprèsmidi, et persistaient pendant plusieurs heures. Quoique très violentes, elles étaient bien loin d'être aussi cruelles que chez le premier malade, parfois cependant elles étaient assez vives pour arracher des cris au patient. Celte névralgie céda au bout de quelques jours, et fut remplacée par une douleur goutteuse dans les lombes et dans l'hypocliondre droit; des topiques appropriés, le colchique à l'intérieur, ne tardèrent pas à faire disparaître cette dernière.

Il y a peu de jours, nous recevions dans noire service des chroniques un homme qui ne pouvait écarter les deux mâchoires de plus de deux lignes (O'",00/i). Cette fixité de la mâchoire inférieure se rencontre surtout dans le tétanos ; mais nous ne pouvions y songer ici, car ce malade ne présentait aucun des signes de celte maladie, il n'avait pas de rigidité dans les muscles du cou, sa physionomie était toute différente de celle des tétaniques ; enfin il n'avait été exposé à aucune des causesordinaires de celte redoutable affection. Mais laissons de côté la question de nature, et voyons un peu ce qui peut empêcher cet homme de mouvoir sa mâchoire. Il n'y a que deux interprétations possibles : ou bien les muscles sont rigides et incapables de se contracter ; ou bien il existe quelque lésion articulaire (jui s'oppose aux mouvements. Cette double proposition est applicable à toutes les jointures ; lorsqu'elles deviennent immobiles, c'est toujours par suite d'une condition anomale des muscles, ou en raison d'unfi lésion des os ou des ligaments.

Mais cette immobilité de la mâchoire inférieure n'est pas le seul phénomène que nous observions chez notre malade ; il éprouve une douleur vive (jui, partant de l'angle de la mâchoire, s'étend à la tempe, à l'oreille et h tout le coté correspondant du cou. Cette douleur, extrêmenient violente, rappelle le tic douloureux, et son caractère intermittent augmente encore la ressemblance. Mais il y a (|uelque temps notre homme a beaucoup souffert des dents, et il s'est fait arracher l'avant-

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