AFFECTIONS SIMLLAJNT LE TIC DOULOUREUX. 7Û
dernière rooiaire supérieure; aussitôt après il a été pris de douleurs violentes dans toute cette région, et il s'est aperçu qu'il ne pouvait plus abaisser la mâchoire intérieure. J'ai déjà vu plusieurs cas dans lesquels une dent douloureuse ou cariée, une lésion des gencives ou de l'os maxillaire, donnait lieu, sur le trajet des nerfs de la lace, à des élancements qui simulaient le tic douloureux.
Je me souviens d'avoir été mandé, il y a quelque temps, à Middleton, près de Cork, auprès d'une jeune dame d'une constitution délicate, dont la santé avait fini par s'altérer sous l'influence de douleurs (|u'on avait rattachées au tic douloureux. Cette dame avait reçu les conseils d'un grand nombre de médecins ; elle avait pris du sulfate de (juinine et du carbonate de fer à hautes doses, et lorsque j'arrivai près d'elle, elle en était à l'arsenic. La première chose que je tis fut d'examiner les dents de la malade. En y regardant de près, je remarquai que la couronne d'une des molaires supérieures présentait une petite tache de carie, et j'appris que cette dent était souvent douloureuse, surtout lorsqu'elle était touchée par un liquide froid. Je l'arrachai séance tenante, et cette daine fut guérie. Notez que chez elle la douleur était assez violente pour enlever le sommeil et abattre les forces, et qu'elle présentait des intermissions et des paroxysmes à certaines heures de la journée.
Il y a environ douze mois, j'observais un fait k peu près semblable. Une jeune lady m'Hait amenée par un médecin de ses amis; elle était, disait-il, atteinte de tic douloureux. Ce médecin l'avait soignée avec une grande habileté, et n'avait pu réussir à calmer ses douleurs. Je lui demandai tout d'abord si sa malade avait les dents saines, si elle avait quelque affection des gencives ou de la mâchoire. Il me répondit (ju'il avait examiné à |)lusieurs reprises les dents de cette darne, et qu'il n'y avait constaté aucune altération. Je voulus néanmoins voir les choses pai' moi-même, et jf dérouviis une [('gère tache sur l'une des dents; je conseillai à la malade d'aller trouver M. M'Clean, et de se faire enlever sa dent : elle le fit, et fut ainsi délivrée de ses douleurs.
Je pourrais ainsi vous citer bien des faits dans lesquels la blessure de l'un des nerfs dentaires a donné lieu à des, symptômes identicpies avec ceux du tic douloureux. Il est à remarquer que dans ces cas-là, la douleur pi'ésente toujours à un rertain deiiré le caraelère intermittent; il en est (le même dans eette forme de céphalalgie (jui dépend de l'irritation e/*rébrale, déterminée par le développement d'épines sur la table in-
TUk CLINIQUE MÉDICALE.
terne des os du crâne. Chez un malade de cet hôpital, des saillies dont que]ques-unes avaient plus d'un quart de pouce de longueur (0",006) pressaient la surface du cerveau, et cependant la douleur de tète était parfaitement iniermittente. Cette périodicité remarquable que présentent les symptômes, alors même que leur cause déterminante agit d'une façon continue, parait appartenir en propre au système nerveux.
La blessure de Tune des branches des nerfs dentaires, dans l'extraction d'une dent par exemple, amène souvent des perturbations profondes dans l'innervation de la face. Si l'os lui-même a été lésé dans l'opération, et si une cicatrisation rapide n'est pas venue réparer cet accident» on voit survenir fréquemment des symptômes analogues à ceux du tic dou« loureux ou de la névralgie rhumatismale. Telle était précisément l'origine des douleurs chez le malade dont je vous ai parlé ; on l'avait blessé en lui arrachant une des dents de la mâchoire supérieure, et aujourd'hui même la plaie n'est pas cicatrisée : une sonde, introduite dans l'alvéole, frotte contre une surface osseuse inégale ; de plus les gencives sont très douloureuses, elles sont le siège d'un gonflement qui a gagné les muscles^ leurs gaines, et enfm l'articulation temporo-maxillaire. Il vous sera facile de constater l'existence d'une affection articulaire, si vous poussez brusquement le condyle de la mâchoire contre la cavité glénoïde, exactement comme vous le faites pour la tète du fémur, lorsque vous voulez acquérir la certitude d'une inflammation de l'article. En résumé, chez notre homme, l'immobilité de la mâchoire est le résultat d'une phlegmasie qui, localisée d'abord dans le maxillaire supérieur, a gagné rarticulation, les ligaments et les gaines musculaires voisines.
Il est encore d'autres circonstances dans lesquelles vous pouvez rencontrer cette fixité de la mâchoire inférieure. Ainsi, un homme prend un rhumatisme du cuir chevelu ; bientôt les muscles temporaux sont intéressés, et rabaissement du maxillaire devient impossible : j'ai vu des cas dans lesquels cette contraction du muscle temporal avait fait croire au trismus. Lorsque vous pressez sur l'ai liculation, vous ne faites aucun mal ; mais si vous comprimez le muscle crotaphite au-dessus de l'arcade zygomatique, le malade accuse aussitôt de la douleur. Ici donc c'est l'intlammation rhumatismale qui amène la rigidité du muscle, et qui immobilise la mâchoire. 11 y a longtemps déjà, j'ai signalé cette affection dans un niénioirc que j'ai l'ait insérer dans les Dublin hospital Reports, On la guérit lacilcment avec des sangsues sur la région tcm-