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CONVULSIONS DES ENFANTS

porale, et des frictions d'onguent mercuriel belladone. Vous pouvez encore observer cette contraction du crotaphite à la suite de certaines plaies du cuir chevelu.

Pour en revenir au malade de notre service, le pronostic de son affection est entièrement subordonné à l'évolution de la plaie osseuse. Si Vos donne naissance à des granulations de bonne nature, si l'inflammation s'éteint, les nerfs et les muscles reviendront rapidement à leur état normal. Nous pouvons bien, à la rigueur, faire appliquer des sangsues au niveau de l'articulation malade, prescrire des onctions mercurielles ; mais tout dépend, en réalité, de la cicatrisation du maxillaire.

Occupons-nous maintenant des convulsions des enfants; j'ai surtout en vue celles qui surviennent de deux à six mois, et je désire vous renseigner sur l'efficacité de l'essence de térébenthine dans le traitement de cette affection.

Les convulsions de la première enfance se développent sous l'influence d'un assez grand nombre de causes ; mais nous rencontrons au premier rang l'évolution des dents. Quelques médecins paraissent douter de la réalité de ce rapport étiologique, et pourtant rien n'est plus véritable ; la dentition est une cause puissante d'irritation générale. Il est également vrai que l'irritation du cerveau, avec tendance à l'hydrocéphalie, peut se traduire par des convulsions; mais chez les enfants du premier âge, celles-ci provieinient avant tout de l'irritation des intestins. Je ne vous parlerai point ici des convulsions qui reconnaissent pour cause l'évolution dentaire Qt l'excitation cérébrale, car ce sujet est traité in extenso dans tous les livres qui sont entre vos mains. Je nie bornerai à vous dire quelques mots des accidents convulsit's qui dépendent de l'irritation intestinale.

Les troubles digestifs et les changements qui survieiment dans le processus nutritiC, sont les causes les plus ordinaires de ces convulsions; il résulte de là qu'elles apparaissent très peu de temps après la naissance. Le nouveau-né, qui naguère encore était nourri par le placenta, est alimenté maintenant par des ingcsta , il y a donc là un changement complet et soudain, et s'il existe, soit dans la coiistitulion de renfanl, soit dans son alimentation, (pieUjue cause (rirritation, les intestins arrivent rapidement à un ('tat maladif, ('/est à cette afl'eetion (jue les nourrices ont donné le nom de convulsions de neuf Jours, IMus

tard, lorsque la lactation est terminée, la nutrition subit une seconde métamorphose, et les accidents convulsifs reparaissent ; ce sont alors les convulsions du sevrage. En somme, pendant la première année de leur vie, les enfants sont constamment exposés aux convulsions : si la nourrice a une mauvaise nourriture, si elle fait des excès de boisson, si elle est maladive^ si elle éprouve de fortes émotions morales, la qualité du lait change incontinent (1 ) ; toutes ces circonstances troublent les fonctions digestives du nouveau-né, l'intestin est anormalement irrité, et les convulsions surviennent. Il en est de même si Ton fait prendre à Tenfant trop de nourriture, faute qui est bien souvent commise.

Lorsque vous serez appelés à traiter ces accidents convulsifs, rappelez-vous toujours qu'ils se développent le plus souvent, surtout pendant les six 'premiers mois, sous l'influence des causes que je viens d'énumérer, et dirigez de ce côté toute votre attention.

Je me souviens encore du temps où l'on traitait toutes les convulsions comme si elles eussent dépendu d'une hydrocéphalie; on employait alors, dans tous les cas et sans aucun discernement, les antiphlogistiques, le calomel et les révulsifs cutanés. Un enfant prenait des convulsions, on le déclarait atteint d'inflammation ou tout au moins de congestion du cerveau, et vite on applitjuait des sangsues, on donnait du calomel à hautes doses, les coquilles d'œufs, les yeux d'écrevisse, la magnésie, et l'on torturait l'infortuné patient avec des vésicatoires sur 1(3 cuir chevelu. J'ai vu des cas où l'on avait tellement abusé de ce moyen, que l'enfant n'avait plus une place pour reposer sa télé.

C'est au docteur Gooch f\uii nous devons les notions plus exactes que nous possédons aujourd'hui. 11 a montré que les enfiints sont sujets à un état morbide caractérisé par la pesanteur de tête, de la torpeur et une disposition aux convulsions ; (|ue les moyens déplétifs ne sont d'aucune utilité dans cette aflection, et que les narcotiques, les stimulants même donnent au contraire de très bons résultats. Le docteur Locock affirme que les convulsions de celte espèce peuvent être reconnues à la dépression des fontanelles, mais je n'ai pu jusqu'ici vérifier cette assertion. Pour ce qui est des sangsues, j'ai remarqué

(1) Quelques médecins conseillent d'allaiter les enfants pendant un an ou même dixhuit mois ; c'est une praliijuc nuisible et contre nature. Tous les enfants doivent être sevrés à l'âge de neuf mois. (L'AUTEOR.)

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