INFLUENCE DU DRAINAGE
dantea moîsioiis. Drainage, remblais, machines, murs de clôture, tout a été mis en œuvre; on a réussi à donner au sol, qui est aussi riche que celui do delta d'Egypte, la stabilité nécessaire, à rendre à Tatmosphare la pureté qui lui manquait. Ces changements si considérables ont cauaé de grandes dépenses, mais ils ont été doublement proGtables ; car ils ont rendu à la culture bien du terrain perdu, tout en améliorant le reste, et ils ont heureusement modifié la santé de la population. L'importation des produits de la civilisation moderne a complètement transformé ce pays, autrefois abandonné. Beaucoup a été fait déjà, et pourtant beaucoup reste à faire à la génération actuelle. Nou^ ne pouvons calculer exactement ce qu'a rapporté ici le drainage ; mais en voyant des champs d'avoine et de blé là où ne poussaient naguère que les carei et les joncs, nous sommes bien certain qu'il a été l'origine d'une richesse considérable.
9 En examinant le chiffre des baptêmes, des mariages et des morts qui ont eu lieu à Wisbeach de 1796 à 1826, je trouve que, dans les trois périodes décennales, dont 1801, 1811 et 1821 ont été les années moyennes, les baptêmes et les morts ont présenté les proportions suivantes:
Baptêmes.
Morts.
Population.
De 1796 à 1805.
De 1806 à 1815.
De 1316 à 1825.
. » Ainsi dans la première période, la mortalité a été de 1 sur 31 ; elle est descendue dans la seconde au chiffre de 1 sur ^0, et s*est abaissée dans la troisième à la proportion de 1 sur kl. Ce dernier rapport est au-dessous de la moyenne qu'a donnée pendant les deux dernières années la mortalité du royaume entier (voyez le Second rapport du Registre générai, p. U, édit. in-folio). Ces résultats montrent claircmiMit que la mortalité a notablement diminué depuis un demi-siècle, et Ton ne peut douter que l'assainissement produit par le drainage ne soit la cause principale de cette amélioration. »
Bien des parties de l'Angleterre pourraient fournir des preuves du même genre. Les rapports statistiques dressés en Ecosse par les officiers communaux permettent de constater que le drainage a eu dans presque tous les comtés des effets très heureux sur la santé générale; ces résultats sont signalés dans des notes spéciales. Siitherland, commune de Rogart : « Saine, drainage très répandu. » Far : « Pas de maladie prédominante, emploi du drainage. » Ross et Cromarty-
Àlness : u Santé bonne, terrain sec, climat amélioré par le drainage, d Vous voyez par là que de tous les progrès faits en agriculture, le drainage est celui qui parait le plus intimement lié à l'amélioration de l'état sanitaire. A propos d'une autre commune de la même contrée, Kilrnuir, Wester et Suddy, les notes donnent ces indications : a Saine, grandes améliorations, c'est à peine si un arpent est resté dans son état primitif. » Rosmarkie : « Saine, agriculture très perfectionnée : » Elgin. — New-Spynic : « Santé satisfaisante, beaucoup de terrain gagné, beaucoup de drainage. » Alves : o Bonne santé, terrain sec; on sesert quelquefois de bois pour faire les drains. » Bauff. — Deckford : a Population bien portante, qui vit longtemps ; drainage très usité. » Kincardine-Fordoun : « Drainage si abondant, qu'il n'y a plus de marais ; fièvres intermittentes autrefois communes, inconnues aujourd'hui.» Angus Carmylie : « Etat sanitaire amélioré par le drainage. » Kinross- Kinross : « Fièvres d'accès très fréquentes il y a soixante ans, à cause de la présence de marais. Il n'y en a plus maintenant. » Oswell : « La fièvre intermittente a disparu depuis que les terrains sont drainés. » i^erth-Metliven : « Le nord a été fort amélioré par le drainage. » Redgorton : « Saine, pas de maladie prédominante; le drainage et la culture ont fait disparaître la tièvre de marais. » Moneydic : (( Santé bonne, grandes améliorations par le drainage. » Abernyte : « Depuis que le pays a été drainé, la scrofule est rare et la lièvre d'accès inconnue. i>
Monzie : « Etat sanitaire satisfaisant, beaucoup de terrain rendu à la culture. » Auchterarder : « Beaucoup de drainage, beaucoup de terrain reconquis, climat sain. » Muckliart : u Grands progrès en agriculture, plus de fièvres intermittentes. rMuthill : « Bonne santé, extension du drainage et de la culture, w Et des renseignements analogues sont donnés sur tous les districts ruraux du pays.
De toutes les maladies que produisent les contrées marécageuses, la fièvre intermittente est la plus importante, et son extinction est la plus saisissante, la plus éloquente de toutes les modifications causées par le drainage; aussi la voyons-nous souvent mentionnée dans les notes précédentes. Mais là ne se bornent certainement pas les heureux résultats du drainage ; il peut améliorer la santé publique en faisant disparaître d'autres maladies propres aux pays de marais, et la remarque laite à propos de la commune d'Abernyte, « depuis que le pays a été drainé, la scrofule est rare », était sans doute fondée sur une exacte
l-NfLLENCt UL UKAJ.NAliE. 113
|>fi)t>auU; mais quelque disposé que Je ^ois à reconiiHilre l'ariiélioriitioii ïunenue dans la sanlé publique iuins l'influeDce du drainage, deb habitudes de prupreté et d'un coiifurtable mieux enlundu, ju ne puis cepeadaitt admettre que nous dcviuus attendre de l'action de ces causes une diminution marquée de la fièvre continue eu Irlande.
Eii vous parlant ainsi, je vous semble peut-être me contredire moimême; il n'en est rieu. Uéjà je v^jus ai l'ait connaître ea partie les motifs de ce dissentiment : selon moi, la propagation de la fièvre dans ce pays dépend de queli]ue inlluence générale alniusphérique, ou, si l'on aime mieux, climolériyue, qui nous est complètement inconnue, et qui est entièrement indépendante de toute considération de localité; en conséquence, les villes les plus civilisées, les campagnes les mieux drainées ne sont pas moins exposées aux atteintes du typhus épidémique que les régions les plus abandonnées et les plus marécageuses de notre lie. D'une autre pnrt, les causes de ces épidémies ne sont point liées aux grandes révolu lions des saisons; lu maladie exerct^ parmi nous les mêmes ravages dans les temps de sécheresse et dans les temps de pluie, et ses épidémies paraissent braver également, et les rigueurs de l'biver, et les chaleurs <le l'été, il estd'autres maladies qui dépendent évidemment des moditicalions physiques de l'atmosphère, et j'ai Tait cette remaniue curieuse : toutes les fois <\n'à Dublin le temps ilevieut see et calme, la population est maladive. Ce fait, si singulier au premier abord, peut cependant s'expliquer. Les Irlandais sont accoutumés à de rapides changements de température, â des périodes alternatives de vent et de pluie ; aussi lorsque le temps est sec et t'iable, ils se trouventdansdescondilionspourainsi dire anomales et extraordinaires.
Quoi qu'il en soit, il est un fait bien avéré, c'est (]Ue la fièvre l'ait plus (le victimes en Irlande que dans aucune des contrées occidentales de l'Europe. Les médecins le savent depuis longtemps, et cette assertion est amplement justifiée par le relevé suivant que j'emprunte au lablean de décès donné par le chirurgien Wild. Ce tableau a êlé publie dans le rapport des commissaires du recensement <le l'Irlande, en 1 S'il. " Dans la période de dix ans, qui s'étend du mois de juin 1831 au mois de juin JMt, il )■ a eu, d'après le recensement, 112 072 décès causés par le typhus Tever, et cela dans la proportion de 100 hommes contre 86,16 femmes ; le rapport entre la mortalité du typhus et celle qui est rÉEultée de toutes les autres causes réunies est comme 1 est à l[i,59 ; entre le typhus seul et toutes les autres maladies épidémiques, le rnp- IMtt est de 1 à 3,A.
tlLlNIQUE MÉDICALE.
lO
^rt
Oi
SBB
ifi
Oi
co
en
lO
eo
lA
co
co
eo
eo
co
eo
lA
co
Oi
co
co
en
co
fc«
^rt
es
CO
co
fl
Ed
ei
tZ3
CO
lA
lA
eo
tA
co
iTS
lA
co
lO
co
«rH
OQ
tf
CO
es
«Cf
CO
CO
PB
co
•et
iO
CO
flS ,/)
ai
lO
co
es
eo
Ol
co
tf
IN
to
co
co
co
mm