‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 21 sur 123 · VI. — Fièvre continue avec des péléchies · texte numérisé non relu

VI. — Fièvre continue avec des péléchies

Chacune de ces variétés de fièvre peut constituer une épidémie à plus ou moins longues périodes; mais celle qui domine chez nous est la forme tachetée. C'est elle qui apporte aux malades l'immunité uUé-

CLASSIFICATION DES FltVBBS D'IaLA^D£. 139

1m ^aseontitntèi et par là, aussi bien que par son éruption, qui €rt tièi mmrqaèe^ elle se rappruche des exanthèmes ; elle est plus con- Hgiiamp'aaGiiiieaatreespèce de fièvre, nouveau trait de ressemblance liée ks pfteues exanihématiques.

LeeMérferini d'Irlande et d'Ecosse s'accordent presque tous à reconoellfe Mi tjphes des propriétés contagieuses. Les salles spéciales de XetthHospiUl nesont jaroaisencombrées; dies sont bien ventilées, d'une prapreii parbile; le bâtiment est placé lui-même dans la partie la plus alabce diMpvîroiie^ Dublin, puisqu'il est situé au-dessous du jardin fielkeeal^lMÉ, el pourtant, malgré toutes ces garanties, lorsqu'un iefifîda elMiii de quelque maladie autre que le typhus est admis dans le serrioc des fiévreux, il prend la fièvre dans l'espace de quinze jours, néaie plus l6t. Ce résultat est encore plus certain, si Tarri • é plaoé iinaiédîatement à côté d'un malade, souffrant de la forme Un peu plus tôt, un peu plus tard, la plu]>art des élèves qui fré- Il rhôpital sont louches à leur tour, il faut qu'ils payent leur tribel ; il en est de même des portiers, des filles de buanderie et des infir-

Dene le dernière épidémie qui a frappé notre pays, le caractère conde le fièvre ne fut que frop évident, car la mortalité fut consipenû les membres de profession médicale (1).

Je eaie beereux de vous recommander à ce propos les observations deChrâliBOn; du reste, je veux vous faire connaître brièvement quelqees-tuKde ses arguments à l'appui de la doctrine de la contagion. Il Ut reflBerqaer d'abord que dans les cantons peu habités, la maladie est ee géoêrel très rare, tandis que dans les grandes villes, où la population esl agglooDérée, le typhus n'est jamais complètement absent; de plus, lorsqu'il derient épidémi<|ue, il n éclate jamais avec cette impétuosité, qei cerecténse les maladies dont l' origine est certainement miasmatique : loin de là, il se propage graduellement, avec une lenteur proportionaelle à retendue de la ville, de sorte que plusieurs mois peuvent se passer, avant qu'il ait atteint son summum d'intensité. 11 coniineiice alors à décliner, se retire i>eu à peu, et revient enfin a son étal ordi- ■eire, elt^uant çà et là quelques individus a de rares intervalles.

An commencement de 1 épidémie, on voit la (ièvre se développer, non

I) pgf fèmàe détaib sur ce sujet, je renvoie au travail consciencieux et remarét Ctfsaefc et de Stokes ; il e^t inf^-ré dans le cinquième volume du Dub'.in JêmrmÊi êf mtékml tcvnce nouvelle séries iL'AtTCCi.i

} CUNIQUB MÉDICALE.

i en frappant des individus isolés et distants les uns des autres, tis en s'éloignent peu à peu de quelques localités, qui sont pour elle nme autant de foyers d'irradiation; elle attaque d'abord successivetnt les membres d'une môme famille, puis elle passe d'une famille à e autre, toujours subordonnée, dans sa route, aux circonstances de isinage, de parenté ou de relations, jusqu'à ce qu'enfin elle étende ses rages à toute la population indistinctement Dn autre argument d'un grand poids se tire des exceptions mêmes de te règle générale. Quelquefois, en etTet, le typhus se développe souinement dans les parties de la ville où il n'existait pas jusque-là; lis constamment alors, cette apparition coïncide avec llmportation la maladie d'une localité antérieurement atteinte. [)n peut invoquer un nouvel argument plus puissant encore, en faveur la communicabilité du typhus (Christison préfère cette expression à les de contagion ou iV infection). Cet argument le voici : dans les loités bien circonscrites où vivent un grand nombre d'individus, la iladie se développe invariablement parmi les gens bien portants, lorselle a été importée du dehors ; mais en toute autre circonstance, rien pareil n'est observé. Voici, du reste, un exemple qui indique exacfient comment les choses se passent dans les grands établissements, » que les infîrmeries et les hôpitaux consacrés aux fiévreux. Durant vingt années qui viennent de s'écouler, l'infirmerie d'Edimbourg a :u, pendant trois épidémies successives, un nombre considérable de ilades ; chacune de ces épidémies a duré de trois à quatre ans ; les jx intervalles qui les ont séparées ont varié entre trois et cinq ans. bien! lors de ces époques intermédiaires, si les malades venant du tiors étaient en petit nombre, les cas de fièvre développés dans i'hôal, parmi les gens de service, étaient extrêmement rares. Mais pennt le règne de chacune de ces épidémies, le typhus sévit avec inten- S sur toutes les classes d'individus attachés à l'hôpital : médecins, ernes, surveillants, infirmiers, blanchisseuses, garçons de pharicie, tous furent plus ou moins atteints, quelques-uns même très ieusement.

Les mêmes faits furent observés plus nettement encore dans un blissement dont on fit, à chaque retour de l'épidémie, un hôpiUd kïial. Dans l'intervalle, il eut successivement plusieurs destinations; lis il fut toujours encombré d'habitants. Occupé d'abord par des dats i\\x\ y étaient casernes, ce fut ensuite un asile pour plusieurs itaines de malheureux qu'un vaste incendie avait privés d'abri pen-

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CO>TAG]ON DU TYPHtlS fEVER. Itll

diDt l'hiver; peu après, on en fit une maison de quaranlaiiie pondant le clioléra. 11 y a quelques années, enfiii, pendant la cruelle épidémie de typhus qui ravageait alors cette cité, ce Mtitnent fut occupé par plus de 300 personnes de la plus basse classe, à savoir, par des vagabonds et d'autres individus dans le dénûmenl le plus absolu. Or, chaque fuis qu'il tut transibrmé en hôpital pour les fiévreus, les gens de service lareot atteints dans des propurtions vraiment extraordinaires; c'est k peiaesi un seul resia indemne, parmi ceux du moins qui tirent un séjour lu peu long dans cet établissement Pour donner à ces deux ordres de fiils toute leur valeur, il est bon de noter que pendant ces diverses épidémies, le typhus fit très peu de ravages, soit aulour de l'inlirmerie, soit aux environs de l'hôpital (1). »

Il serait superflu de rappeler ici les nombreux cas de typhus <|ui surviennent parmi les internes, les infirmiers et les gardiens des hôpitaux ipèciaus; ces faits ne sont que trop connus, el ils sont bien propres h démontrer le caractère éminemment contagieux de lu maladie (2).

Ce premier point admis, une iiutre question no[i moins intéressante

(I I JArary of médiane, vol. t, p. 1513.

|!l ie crois devuir coniigner ici c)ueli]ues diilails lur le lypliui qui i'eal déclaré tout rèccaimenl k Liverpool. il ; a dans celle relation des rËnieigiieiiienls tort inléressanls Hpaiot de vue itu déveluppement et de la prapagalioti de la malailie :

It 22 féïrier ISCI, un brick de guerre égyptien, le Scheah-Gtbald, arriva d Litopaol. Tenant d'Ale:iandrie. La Iraveraée avail élé longue ; les passagers, au nombre de 30D, avaient clé mal nourris, ils étaient plus mal vêtus encore ; bref, HO d'entre eux itaieat malades quand le navire entra dans le port. Le bâtiment fut amené dans le dKk de Londres. Au bout d'une semaine, ii^ maleloli étaient morts do la dyienlerie; d h'j aiail pas do lyplius à bord. Pendant les jaurni'ea dy '10 et du Ï7 féviier, on transporta dans le Soulhern Hospîlal 32 malades, preir|ue loua Arabes ou Abjsaint. Ce* hominei étaient, pour la plupart, atteints de dysenterie eu de diarrliée d'un ■aouaii caractère; les autres soulTraient d'aireclions thoraciques. Tous étaient dans aa élat de Mieté imposaible à décrire; ils exhalaient une odeur infeiite ; on n'avait Ticoru de pareil depuis Vige des Pharaons. 11 n'y avait pas alors un seul cas de typhus dan* le Soulhern Hospilal; mais, peu de temps après l'arrivée de ces humnies. l'interoe en chef a élé trappe de cette maladie; l'interne en second, qui était absent pour nuKin tle sanlè, revint à la bAtc pour Boi|;ner sou collègue, el presque ausdilAt il lut pris de tjpbus; il en fut de même d'unpfilrequivintà ce moment-là visiter l'hJpilal; ttJliD l'èlcve en médecine qui avait élé chargé des functions d'interne, deux inllrmieri, étux portiers et neuf malades furent atteints coup Eur coup.

Le jour même ail l'on avait transtùré les passagers malades de la rrégaloâ l'Iiâpilal, M prit des mesures pour faire laver ceuA qui étaient en bonne santé. Du i6 février aa 1" man, plus de deux cents individus furent envoyés dans les bains de Paule- Ureel. Là aussi on fui prniondément étonné de la saleté de ces hommes, qui élaienl »in«rt* de fBniiine, et là aussi le Ijphus fut la trace de leur passage. Le 2 mars, un

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se présente, qoi a été récemment étudiée. A quelle période les propriétés contagieuses sont-elles le plus à craindre?

C'est le docteur Perry (de Glasgow) qui, le premier, je crois, émit cette opinion que l'époque de la convalescence était la plus redoutable. Il regarde le typhus comme un véritable exanthème, et expose ainsi sa manière de voir : « Depuis plusieurs années déjà je suis convaincu, et cette opinion est basée sur un grand nombre d'observations, que le typhus contagieux est une maladie exanihématiqtie^ et qu'il est soumis aux mômes lois que les autres pyrexies de ce genre; en général il ne récidive pas, ou du moins les récidives ne sont pas plus fréquentes que celles de la variole, et si j'en juge par ma propre expérience, elles sont moins communes que celles de la rougeole ou de la scarlatine.

» Des observations et des expériences nombreuses m'ont tait voir que le typhus n'est pas contagieux auant le neuvième jour, et peut-être môme ne le devienl-il que plus tard. Entre autres circonstances qui justifient cette conclusion, je puis rapporter une expérience que j*ai frtile sur une vaste échelle. A l'infirmerie royale de Glasgow, les salles

des employés des bains était atteint, et, la semaine suivante, le mattre de rétablissement et une des femmes qui y étaient attachées, étaient pris à leur tour.... Jusqu'à ce jour (2 avril) nous avons eu à Liverpool vingt-quatre cas bien évidents de typhus, dont le développement doit être attribué k l'équipage du Scheah'Gehald ; sur ces vingt-quatre malades, cinq sont morts.... Parmi ceux qui ont guéri ou qui sont encore en traitement, quelques-uns ont eu la diarrhée, mais ils n'ont pas présenté les caractères spéciflques de la fièvre typhoïde (but not the spécifie characteristics of lyphold fever), (Extrait d'une correspondance de Liverpool, inférée dans le Médical Times and Gatetle du 6 avril 1861.)

Des renseignements plus récents (17 avril) nous affirment que tous ces cas de ty« phus ont appartenu au typhus exanthématique, et qu'aucun des Anglais qui étaient à bord du brick n'a été atteint, sauf le garçon de pharmacie, f^e pilote qui a gouverné le navire pour le faire entrer dans le port de Liverpool a été frappé un des premiers (Le^rc du doceur Irvinc, Med. Times and. Gas,, 20 avril 1861). L'auteur de cette lettre conclut que les Égyptiens ont apporté avec eux le poison typliique, et qu'ils ont ainsi infesté les premières personnes qui ont été en rapport avec eux. Mais l'immu^ nité même des passagers anglais pendant la traversée me semble infirnier cette ma> nière de voir. Les misérables conditions hygiéniques dans lesquelles se trouvaient ces malheureux Égyptiens suffisent pour expliquer le développement spontané de la maladie, qui s'est ensuite transmise par contagion. Ce mode de propagation est ici très évident, et c'est à ce litre que j'ai jugé utile de faire connaître ces faits. J'appelle, en outre, l'attention sur la coïncidence de la dysenterie avec ce typhus. Il y a même là, k Trai dire, plus qu'une simple coexistence, et le rapport qu'ont présente ces deux maladies est bien propre à en démontrer la connexion intime. En fait, les Égyptiens du brick avaient la dysenterie, les Anglais de Liverpool ont pris le typhus.

TYPHUS PÉTÉCHIAL. 143

mm IjphQs peoTcnt contenir chacune vingt malades. Les lits en fiioe les uns des autres, et ils sont assez rapprochés. qoe ks malades sont dans ces salles, il leur est interdiide m eerrîr deleors vêtements, même lorsqu'ils peuvent se lever; ihaequitlenl leur lit que pour aller à la selle, et il y a en moyenne une àakê pvoée pour trois lits. On admet dans cet établissement les cas deroofKilev de scariaiine et de variole; on y amène fréquemment aMR des individus atteints de bronchite, de pneumonie, d'érysipèle et d'aalNe maladies inflammatoires. Or, lorsque ces malades entraient diBs leaaallee de convalescents, où ils étaient nécessairement mêlés à CM» qui relevaient du typhus, presque tous ceux qui n'en avaient pas été aBtërieQrenieDt attaqués, en subissaient les atteintes avant de quitter llk^tal» ou Iiien ils étaient contraints d'y rentrer peu après leur sortie; il ne s'éeoulait jamais moins de huit jours entre le moment de lavadmiasioD dans la salle de convalescence, et celui où ils étaient toudiéi par la maladie épidémique. On prit alors la précaution de consacrer deux aaliee distinctes à ces deux classes de malades; mais comme M salles étaient contiguës, la séparation ne fut pas assez complète : on fit alors la variole, la scarlatine, etc., sévir sur les convalescents du tjphna, lequel à son tour décimait les convalescents des autres maladies. Frappé de ces résultats, je cessai d'envoyer les individus atteints de Bialadiea inflammatoires dans les salles de convalescence^ à moins qu'ils nefussent en état d'immunité par suite d'un typhus antérieur; je les conservai dans leurs salles jusqu'à ce qu'ils fussent assez complètement guéris pour retourner chez eux : cette pratique fut continuée pendant plusieurs mois, et aucun de ces malades ne contracta la maladie régnante pendant son séjour à l'hôpital. De ces faits et d'autres observations analogues j'ai conclu que le typhus, comme la rougeole et comme la variole, est contagieux, surtout au moment de la convalescence. Dans un autre mémoire j'ai signalé la desquamation cutanée que Ton observe fréquemment à celle époque; peut-être le poison eslil contenu dans les écailles furfuracées qui tombent alors ; adhérentes d'abord aux vêtements et aux cheveux du malade, elles s'en détachent bientôt sous l'influence des frottements, et se répandent dans l'air en emportant avec elles le poison morbide : que celui-ci soit absorbé par on terrain convenablement préparé, et il reproduira au bout de quelque temps la maladie spécifique (1). »

(1) Dublin medic. Journal, X, p. 38'). (I/AuTtUR.)

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