‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 24 sur 123 · DO RÉGIME DANS LE TYPHUS FEVEK · texte numérisé non relu

DO RÉGIME DANS LE TYPHUS FEVEK

sympldines qui sont très pénibles au commencement du typhus, et qui sont très souvent le prélude de phénomènes plus fâcheux et plus redoQtables. Pendant la dernière partie de la première période, et au conuneooenient de la seconde, j*ai Thabitude de faire donner matin et soir une petite panade très claire que Ton prépare ainsi : on fait griller légèrement on petit morceau de pain, on Témiette, et sur une grande cuillerée de ces miettes on jette assez d'eau bouillante pour faire une panade légère, dont le malade prend une cuillerée, deux ou trois fois par joar. S'il n'y a pas de diarrhée, on peut ajouter un peu de jus de citron et du sucre ; dans le cas contraire, ou bien si i*on prescrit des préparatkms mercurielles, il faut être très réservé dans l'emploi des acides. Quoique des médecins contemporains ne voient pas dans rasage des mercuriaux une contre-indication pour les acides, je persiste à croire que cette pratique n'est pas sans danger, et que nos prédécesseurs avaient raison de les interdire dans de telles circonstances.

Vous commencerez donc au troisième, quatrième ou cinquième jour, suivant les cas, par accorder un peu de gruau; deux ou trois jours plus tard, vous pourrez y joindre la panade : on prendra, comme je vous Tai dit, une grande cuillerée de l'une ou de l'autre de ces préparations toutes les trois heures. Lorsque la maladie sera plus avancée, TOUS aurez recours à une légère gelée de viande, ou à du bouillon. Dans Tétat et dans le décours de la fièvre, un des meilleurs aliments est le bouillon de poulet ; je ne veux pas dire l'eau de poulet, mais du bouillon convenablement préparé. Prescrivez-le, mais surveillez attentivement l'effet des premières cuillerées; elles seront peut-être mal supportées, et vous devez vous arrêter aussitôt que vous en constatez les mauvais effets. Si cet aliment amène, par exemple, du malaise ou de la pesanteur à l'estomac, de la rougeur à la face, de rélévation dans le pouls et une augmentation du mouvement fébrile, revenez pour quelque temps au gruau et à la panarle. Un jour ou deux après, vous pourrez renouveler l'épreuve; car ce bouillon, qui n'est pas supporté aujourd'hui, sera" peut-être parfaitement toléré demain ou après-demain; et cette tolérance est une circonstance très heureuse, car c'est le njeilleur mode d'alimentation que vous puissiez mettre en usage à cette époque de la maladie.

Vous rappelant l'extrême facilité avec laquelle surviennent dans le typhus les symptômes d'irritation intestinale et la diarrhée, vous serez très sévères à l'égard des fruits. On a riiabilude, je le sais, de permettre aux malades les raisins et les oranges; mais c'est là, selon moi, une

pratiqua hasardeuse et peu sage. J'ai vu bien des persounesqui s'en sont très mal trouvées. Les pommes bouillies ou rôties sont encore plus dangereuses; elles produisent des coliques tormineuses, de la flatulence, de la diarrhée et de la phlegmasie intestinale. Du reste, elles partagent ces fâcheuses propriétés avec tgus les fruits acides ou peu mûrs ; ils doivent donc être tous interdits, ou tout au moins ne doit-on les permettre que dans une mesure très restreinte.

Dans cet hôpital nous prescrivons rarement des boissons gazeuses ; en tous cas, nous ne les donnons jamais ad libitum, comme quelques médecins l'ont recommandé. On arrive très bien à apaiser la soif des malades en leur donnant par petites quantités, et à des intervalles déterminés, du petit-lait, ou de l'eau commune acidulée avec du suc de groseille, ou du vinaigre framboise. Vous réussirez quelquefois merveilleusement à éteindre la soif fébrile au moyen d'une très légère infusion de camomille, acidulée avec une petite quantité d'acide chlorhydrique. J'ai vu M. Kirby employer ce moyen avec succès, et je l'ai souvent prescrit moi-même avec les plus heureux résultats. Bien souvent une petite quantité de bière faible et un peu acide fera disparaître la soif plus complètement, et pour un temps plus long que de l'eau, ou tout autre liquide pris en abondance. Vous ne devez jamais oublier que la soif fébrile ne dépend pas exclusivement de la sécheresse de la bouche ou de la gorge; la cause en est profondément cachée dans Téconomie, et consiste en une perturbation toute spéciale des nerfs, notamment de ceux qui appartiennent au système ganglionnaire. Entrez dans une salle de flévreux, et vous pourrez vous assurer de la vérité de cette assertion : l'un, avec la langue et la gorge humides, est tourmenté d'une soif insatiable ; l'autre, avec une bouche et une langue rôties, ne désire aucune espèce de boisson, et ne s'inquiète même pas de la température de celle qu'on lui donne. Du reste vous avez pu voir, la semaine dernière, dans notre service, deux exemples de ce genre: un malade avec une langue humide demandait incessamment à boire ; un autre dont la langue était absolument sèche restait, à l'égard des boissons, dans l'indifférence la plus parfaite.

Tous les aliments, quelle qu'en soit la nature, doivent être donnés pendant le jour, et le malade doit être aussi réservé qu'il le peut sur l'usage des liquides , pendant la nuit. D'après les lois de la nature , la nourriture doit être prise le jour, et non pas la nuit; or, dans l'état de maladie aussi bien que dans l'état de santé, nous devons nous confor-

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