DU RÉGIME DANS L£ TYPHUS FEVER
C'est pour la même raison que vous devez conserver pour vos malades les beores ordinaires des repas. Je limite radministratioii du ixioUIoo de poulet, de la gelée, de Tarrow-root et des autres aliments de œ genre à l'espace de temps qui sépare huit heures du matin de bait heuree du soir. Faites-vous une loi de nourrir votre malade dans le cours des douze heures pendant lesquelles il prend ses repas, lorsqu'il est bien portant, et ne lui accordez pour la nuit que des boissons très étendues. Je puis vous aflirmer que j^ai souvent constaté les avantages de cette méthode.
Quant aux boissons, ce sont, en général, les plus douces que vous deves préférer; la plupart des médecins sont d'accord sur ce point, et il serait inutile de nous y arrêter. Mais je tiens à vous signaler une bote qui est fréquemment commise : on donne aux malades une quantité trop considérable de boissons. Je sais bien qu'ils ont un désir ardent des liquides, mais il n'est pas dit qu'on doive leur accorder tout ce qu'ils désirent. Ils sont dans un état permanent d'irritation nerveuse et d'agitation, et ils vous demanderont vingt choses différentes pour calmer leurs sensations du moment; mais il serait aussi mauvais de leur donner abondamment à boire toutes les fois qu'ils le réclament, que de satisfaire tous les caprices momentanés que leur inspire leur imagination mobile et troublée. L'usage continuel des liquides, même les plus innocents amènera bientôt de la pesanteur d'estomac, des nausées, de la douleur, de la flatulence, et prédisposera à la congestion et à l'irritation intestinales. Après ringestion delà boisson la plus simple, prise en grande quantité, vous verrez fréquemment survenir des symptômes très marqués d'irritation gastrique. Ce ne sont pas là des craintes chimériques ; j'ai observé nonbre de fois ces accidents dans le cours de ma pratique. H est très pénible, il est vrai, d'empêcher du boire un malade qui est tourmenté d'une soif ardente, mais au moins vous ne devez jamais permettre (|u'il boive beaucoup à la fois; vous devez lui faire connaître les inconvénients qui' pourraient en résulter , vous devez lui dire qu'une ou deux cuillerées de boisson, prises de temps en temps^ apaiseront mieux la soifqu'une pinte de li(]uide avalée en une seule fois. La sensation de la soif siège, comme vous le savez tous, dans la gorge et la partie supérieure du pharynx, et elle est soulagée par un peu de liquide absorbé lentement et graduellement, aussi bien que par une quantité considérable engloutie d'un seul trait.
Mais outre les liquides siniplcs, il est d'autres boissons (jui sont né cessaires dans le typhus fever. La bière, l'aie, le porter, le vin, le tlK-
elle café sont d'un usage fréquent, et rendent de précieux services lorsqu'ils sont employés à propos; ce sont des adjuvants d'une grande importance dans le traitement diététique de la maladie, et les règles de leur administration veulent être assez longuement exposées. J'étudierai donc ces boissons au point de vue des indications qu'elles peuvent remplir: voyons d'abord le thé et le café.
Vous savez tous que nous donnons des sédatifs et des narcotiques pour calmer, pour épuiser en quelque sorte l'agitation de l'esprit, et pour ramener le sommeil; or je ne vois pas pourquoi nous ne donnerions pas de même des substances excitantes, ou des médicaments capables de prolonger l'activité intellectuelle, et de tenir Je malade éveillé. Au premier rang des remèdes employés dans ce but, se placent le thé et le café. Vous avez vu tout récemment l'avantage que nous avons retiré d'une infusion de thé vert, dans un cas de narcotisme survenu dans la salle des fiévreux. Un homme arrivé à la dernière période du typhus était dans un état marqué d'excitation nerveuse, et avait complètement perdu le sommeil ; après avoir inutilement essayé quelques autres moyens , nous lui prescrivîmes un lavement opiacé, composé de deux onces d'amidon et de douze gouttes noires (1) ; ce lavement fut administré le soir, et peu après, le malade tomba dans un profond sommeil. Lorsque, le lendemain matin, nous arrivâmes à sou lit, on nous dit que tout s'était bien passé ; le lavement opiacé avait fait merveille, et le sommeil durait encore. Mais en examinant plus attentivement le malade, nous vîmes qu'il était dans une sorte d'état léthargique, et qu'il pouvait k peine être éveillé. Nous l'appelâmes à haute voix ; alors il se souleva pesamment et avec lenteur, ouvrit à moitié ses yeux, et après avoir ré[)ondu brièvement à nos questions, il se laissa
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dans an étal tout opposé ; U rapidité avec laquelle le coma avait rem-' placé l'insomnie, el l'immineDce d'une congestion cérébrale mortelle, me caosèrent de Tives alarmes. 11 ne s agissait pas de réfléchir et de méditer sur oe qui s'était passé ; I état du malade exigeait une dédsiou rapide el énergique, et nous résolûmes d'attaquer d'abord les sympltaies que noos avions produits nous-méme- Je fis venir du thé vert dont on fit one infusion très chargée, et le patient en prit une quantité considérable. L'effet désiré se produisit ; les symptômes de coma cédèrent pen à peu, et lorsque je revins dans Taprès-midi pour voir ce malade, il était hors de tout danger.
Le thé Tert a été introduit dans la matière médicale comme experge^ fadif, par le fils de PercÎTal (de Manchester), le docteur Edward Percival. Il y a qadqaes années, il a lu, à une séance de la Société des médecins, un mémoire dans lequel il citait plusieurs cas de coma et de prostration, où le thé vert avait eu les plus favorables effets. Sur le continent on emploie généralement, et dans le même but, une forte infusion de café. Ces boissons agissent-elles par Flntermédiaire de la circulation, ou en modifiant le système nerveux? C'est ce que je ne puis vous dire; œ qui est bien certain, c est leur efûcacité et leur valeur dans les cas semblables à celui que je vous ai rapporté; pour moi, je les emploie très fréquemment toutes les deux.
Puisque j'ai eu occasion de vous parler des agents stimulants, je veux Yous lire la relation d'un cas fort curieux, dans lequel on eut recours à un excitant beaucoup moins agréable, pour tirer un malade de la léthargie où l'avait plongé une forte dose de laudanum. Il y a bien dans ce récit quelques expressions qui en révèlent l'origine transatlantique, mais je n'ai aucune raison d'en mettre en doute l'exactitode.
L'observation est intitulée : « Efficacité de la flagellation chez un sujet qui avait pris une dose considérable de laudanum, j» Voici la relation textuelle de l'auteur, le docteur Joseph Barrelt de Midilkton, Comiecticut) :
€ La teinture d'opium est fréquemment employée comme moyen de suicide ; elle est aussi trop souvent prise par erreur, et dans tous ces cas, elle peut tuer avant que des moyens efticaces aient réussi à en annihiler l'action délétère. Aussi ai-jecru utile de rapporter en [hux de mots un cas d'empoisonnement par le laudanum, que j'ai observé il y a (juelques années. Deux raisons principales m'y onlengag»' : Theiireux résultai du moyen que j'ai mis en usage, et le silence que I on ganle à son égard