‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 26 sur 123 · I. — 2* ÉDIT. 1 I · texte numérisé non relu

I. — 2* ÉDIT. 1 I

162 CUNIQUB UÊDICALE.

suitdans les livres de médecine, soitdans les traités do toxicologie (1). » Ne perdn pas de vue, je vous prie, que ce n'est pas moi qui parte, muis que c'est le docleui* Barrelt (de Middietun, Conneciîcut).

« Le 23 lévrier 1823, je fus appelé auprès de H. Wright Harris (dans l'État de New-York). Il avait avalé, dans l'intention de se tuer, une forte dose de laudanum, et cela, hors de cliei lui, de sorte qu'il s'écoula un temps assez long, trois heures à peu près, avant que des secours efficaces pussent lui être administrés. A mon arrivée auprès de lui, le malade paraissait perdu. Déjà on avait donné de l'émétique et diverses boissons, on avait eu recours à des frictions vigoureuses, et l'on avait fait de nombreuses et inutiles tentatives pour irriter l'œsophage avec les barbes d'une plume. Tous ces moyens étaient demeurés sans eflet, et le patient était dans un coma si profond, que la chaleur du corps indiquait seule la persistance d'un reste de vie. On affirmait que la quantité de laudanum absorbée s'élevait à une once et demie ; le cas étant ainsi désespéré, je me vis aulorisé à mettre en œuvre le seul moyen de traitement que les circonstances permissent encore.

u Tous les médicamenU internes avaient fait défaut, les excitants externes nous laissaient seuls quelques chances. Je résolus donc de m'en servir vigoureusement. Jo cummciiçai par tiiii'e des flagellations sur la paume des mains el la plante des pieds avec des branches fraîches, longues et flexibles. J'y employai une force assez vive, et au bout de peu de temps, il yculdes signes de malaiseetde douleur. Je continuai tmpiluyablemenl jusqu'au moment oii le malade se mit à parler ut a se plaindre; je cessai alors l'emploi de ce moyen héroïque ; mais le patient retomba aussildt dans une profonde torpeur, dont il ne put fttre tiré que par de sévères fustigations. Il fallut augmenter le nombre des aides, afin qu'ils pussent se suppléer, soutenir le malade et le faire lever; car dés qu'on suspendait l'usage des verges, le coma reparaissait. Après six ou huit heures, la léthargie ctkia, et l'on put ae relftcher delà sévérité du traitement ; mais comme une forte excitation était encore nécessaire, on y revint par momunls, jusqu'à ce ([Ue l'exercice et la marche eussent définitivement éveillr' le malade, cequi eut lieu enviruii douze heures après le commencement de l'opération, il n'y eut aucun accident particu lier aux mains et aux pieds, et la giiérison fut complète

TBAlTtMENT DU TYPHUS FLVLR. 16o

les personnes présentes s*y opposèrenl d'abord, sous prétexte qu'il y

avait une cruauté réelle à traiter ainsi un corps déjà inanimé ; et elles

ne me vinrent en aide que lorsque j*eus moi-même fait usage des

verges. Mais aussitôt que le malade commença à se mouvoir, puisa

parler, dles se mirent à l'œuvre avec empressement, peut-être même

avec plaisir, et, se partageant les diverses régions du corps, elles conli-

noèrent \igoareusement la l'ustigatiou, aussi longtemps que letat du

patient le demanda. Celui-ci ne paraissait pas du tout prendre goût à

ce procédé, qu'il trouvait sans doute un peu dur, et il ne se faisait pas

faate de rendre autant de coups qu'il le pouvait, à ses tourmenteurs.

Si, tandis qu'il levait le bras pour frapper, la flagellation était entière*

ment suspendue, le membre retombait aussitôt impuissant : telle avait

été l'influence du narcotique sur le système nerveux, que la douleur

causée par les verges pouvait seule exciter le malade. Un peu plus tard,

on dit que sa femme se montra très satisfaite de ce traitement médical

d'un nouveau genre, parce qu'il avait eu un heureux effet sur la con->

duitedesonmari. » (Boston médical and surg. Journal^ n° 13.)

Je vous ai déjà parlé, messieurs, de l'abus des eaux de soude ou de Seltz, et de toutes les boissons gazeuses. On est habitué, aussi bien dans lesbôpitauxquedanslapratique privée, à les regarder comme desliquides inoffensifs, dont l'emploi n'a d'autres limites que le désir du malade, ou la réserve de sa garde. Il est certain que c'est là, pour beaucoup de personnes, un moyen très agréable d'apaiser leur soif ; mais le niédecin prudent n'en autorisera jamais l'usage immodéré, car il sait qu'il aniènerait ainsi la distension de l'estomac, une disposition à la tympanite et des douleurs intestinales. Je crois en outre que l'administration d'une grande quantité d'acide carbonique libre est une pratique hasardeuse, si ce n'est dangereuse, car elle augmente notablement cette tendance au narcotisrae, ces perturbations fonctionnelles de l'appareil nerveux et respiratoire, qu'on observe dans tous les cas de typhus légitime. En outre, la présence d'une grande proportion de ce i;az dans l'estomac produit une sensation très pénible de distension et de sulîocation, et exerce une fâcheuse iniluence sur la membrane muqueuse

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