‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 32 sur 123 · INDICATIONS DES PURGATIFS DANS LE TYPHUS FEVER · texte numérisé non relu

INDICATIONS DES PURGATIFS DANS LE TYPHUS FEVER

gftrde» dans un cas où le patient doit faire les frais d'une maladie longue el épuisante. Si vous êtes appelés trop tard pour recourir aux vomitifs, U existe deux ou trois autres agents thérapeutiques que vous pouvez employer, dans le but de modérer la réaction fébrile et d'adoucir la sévérité de la maladie. Je vous signalerai d'abord la poudre de James (1), que vous pouvez unir aux pilules bleues ou au mercure éteint; vous donnerez deux ou trois grains (12 ou 18 centigrammes) de chacun de ces médicaments, toutes les trois ou quatre heures suivant les cas. Lorsque vous observez les symptômes d'une réaction inflammatoire, TOUS pouvez prescrire, à l'exemple de beaucoup de médecins, une solution faible de tartre stibié. Deux grains d'émétique seront dissous dans une pinte d'eau d'orge, et le malade prendra toutes les deux heures une cuillerée à bouche de ce liquide, (^es moyens sont très utiles dans les premiers jours de la maladie; ils diminuent le mouvement fébrile; ils ont une action efficace sur les intestins, et produisent uoe dkphorèse plus ou moins abondante.

U arrive très souvent que le médecin n'est appelé que deux, trois et même quatre jours après l'invasion. Dans ce pays, les refroidissements fébriles sont extrêmement fréquents; et comme leurs symptômes ressemblent beaucoup aux phénomènes d'un typhus au début, comme peu de personnes sont en état de faire de prime abord cette importante distinction» il en résulte que le malade suppose ordinairement qu'il souffre d'un simple refroidissement, et que quelques pédiluves, des boissons chaudes pendant la nuit, et un léger laxatif suffiront à le remettre sur pied. Puis le jour arrive où celle indisposition légère devait céder, et cependant il ne s'opère aucun amendement; loin de là, le malade va de mal en pis; il se sent affaiblir; il commence à soupçonner que sa maladie pourrait bien être quelque chose de plus grave, et il demande un médecin le troisième ou le quatrième jour. Or, à ce

(1) Celte poudre est préparée avec un mélange de parties égales de sulfure d'antimoine et de râpures de corne de cerf que Ton projeltc dans un bassin de fer chauffé au rouge, et que Ton calcine ensuite très fortement. Telle est du moins l'indicalion donnée dans la dernière édition du Diclionnaire de Nyslen, Mais Vircy, dans son TriUté dé pharmacie, assigne à la poudre de James une autre composition ; elle résulterait suivant lui de la calcinalion d'un mélange à parties égales de sulfure d'antimoine et de cendres d'os calcinés, de sorte que cette poudre serait un phosphate calcaréo*antimonié, avec un peu de sulfate de chaux. — D'un autre cOté la Pharmacopée de Londres donne ta formule d'une poudre d^antimo'me composée qui provient de la calcinalion d'une livre de sesquisulfure d'nntimoine pulvérisé et de deux livres de corne de cerf râpée. (Note du Trad.)

CLINIQUE MÊDICâLE. 1

lent, nous devons nous résigner à laisser la fièvre suivre son cours; sfe est désormais trop profondément ancrée dans l'économie pour en iti expulsée /)ar un coup de main; et cependant beaucoup de raéde- i^^ s'imaginent qu'ils peuvent réussir môme alors, au moyen de ce itw s appellent un traitement décidé et hardi. Ils s'empressent d'ad- « istrer uiî vomitif, et ne manquent pas de le faire suivre de purgatifs i^ giques et répétés. Ceci me conduit à vous dire quelques mots du ^ de ces agents dans le traitement du typhus. be

dois reconnaHre, tout contrit que j'en suis, que l'on fait encore .jg urd'hui un déplorable abus des purgatifs, surtout dans les pre- ^y es périodes de la maladie. C'est à mes yeux une véritable tache ^^ : la pratique médicale. Le calomel à hautes doses, les purgatifs vé- ;i ux sous forme de pilules ou de bols, les infusions de séné, les sels ^^ )som, réiectuaire de scammonée forment la base de la méthode apeutique de beaucoup de praticiens. Je n'ignore pas que l'emploi ;ette méthode est très généralisé; j*ai même souvent entendu ceux s'en servent, déclarer, avec une satisfaction non douteuse, que les iltats avaient été très heureux, et que les intestins avaient été coniblement nettoyés ; mais, quoique ce procédé de traitement soit

commode au début, quoiqu*on ne puisse pas faire d'objection 3use à l'administration d'un purgatif, comme mesure préventive, oui s'il y a lieu de soupçonner une accumulation de matières ,, les dans l'intestin, je dois avouer, en me fondant sur ma propre F';rience, que l'usage des purgatifs réitérés ne m'a jamais paru enrayer lème atténuer la maladie.

V, si ce traitement ne réussit pas dans le commencement , quel ntageen pouvez- vous attendre plus tard? Le vulgaire vous dira que purgatifs agissent de deux façons : en évacuant les intestins, et en rçanl une action déplétive sur tout l'organisme. Pour ce qui est des stins je pense que le môme but peut être atteint par l'emploi des ritifs doux. Il est bien rarement indiqué de donner des purgatifs rgiques, mais surtout il n'y a jamais lieu d'y revenir tous les jours, intestins, je le répète, seront suffisamment évacués par les apériel les lavements; il sera même rarement nécessaire d'en prescrire s d'un ou deux au début de la maladie, et plus tard ils ne sont îxceplionnellemunt indiqués. Quant à l'action déplétive générale, 'agit de savoir s'il est prudent et sûr d'exercer, pendant la période ivasion de la fièvre, une action antiphlogistiquesur Téconomie, par termédiaire du tube intestinal. Selon moi, il n'en est pas ainsi.

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J'aooorde que les purgatifs puissants produisent une déplétion considérable, grâce à l'abondante évacuation de liquides qu'ils déterminent. Je Tais méine plus loin, et j*accorde que cette déplétion est nécessaire; mais je n'en reste pas moins bien convaincu que ce n'est pas là le meilleor moyen de l'obtenir, et je m'adresserai toujours à d'autres agents. Ainsi je préfère la poudre de James, le tartre stibié, le nitrate de potasse, les sangsues, tous les remèdes enfin qui pourront, avec beaucoup moins d'inconvénients, conduire au résultat désiré.

J'ai observé que l'abus des purgatifs énergiques, que le simple emploi de deux ou trois catliartiques au début du typhus fever, chez les sujets dont les intestins sont impressionnables, peuvent amener Tirritatîon de la muqueuse gastro-intestinale, et à sa suite une diarrhée profuse, une tympanite indomptable, souvent même des lésions de la muqueuse digestive. Une grande sensibilité du ventre, du météorisme, une diarrhée épuisante, telles sont les conséquences ordinaires des purgatifs réitérés. Dans ma pratique privée, je puis presque toujours dire en regardant le ventre du malade, s'il a été beaucoup purgé au commencement. Je vous engage à étudier à ce point de vue les malades que vous voyez à l'hôpital ; vous constaterez dans beaucoup de cas, que ceux qui ont échappé aux purgatifs du début, ne sont que peu ou point affectés de tympanite. Le médecin qui se borne à l'usage des laxatifs doux et des lavements, n'aura point à se préoccuper, dans le eours de son traitement, d'un météorisme dangereux ou d'une diarrhée persistante; il n'aura pas le chagrin de voir survenir une affection inflammatoire du tul)e digestif, à un moment où la constitution du malade et la période de la maladie ne permettent de recourir à aucun des moyens antiphlogistiques.

Du reste, la prétention de guérir le typhus fever par les purgatifs est complètement absurde. Ici en effet toutes les sécrétions sont affectées, et il serait insensé d'espérer les modifier toutes, en agissant sur le tube intestinal. Prenons la peau pour exemple. Voyez combien elle est loin de son état normal; considérez la quantité de liquide qu'elle exhale sans cause appréciable, ou sa sécheresse également inexplicable; toutes ses propriétés sont plus ou moins modifiées; l'odeur, les sensations, l'innervation et la circulation sont altérées. Voyez maintenant ce qui se passe dans les poumons. Le plus ordinairenient l'odeur de l'haleine est changée; l'exhalation pulmonaire est modifiée dans sa quantité, la modalité et la fréquence de la respiration sont perverties, et j'ai constaté par l'expérience que chez les individus atteints de lièvre, la con-

sommation de l'oxygène et rémission de Tacide carbonique restent au-dessous delà moyenne normale. Chaque sécrétion, chaque fonction a donc été touchée, et ces modifications persisteront aussi longtemps que la maladie; qu*il s'agisse de l'estomac, des intestins ou de tout autre organe, rien ne vous autorise à croire que vous pouvez à volonté ramener les conditions naturelles. Les sécrétions des poumons, du foie, du pancréas, des reins, de l'estomac, de la peau, sont toutes perverties ou supprimées, et elles ne cesseront de Tôtre, que lorsqu'une crise sera survenue, ou que la maladie commencera à décroire.

Lorsque les intestins ont été suffisamment relâchés au début, et que le ventre reste mou et plat, je n'éprouve aucune espèce d'inquiétude, même si le malade reste deux ou trois jours sans aller à la selle. J'ai dû quelquefois, dans ma clientèle particulière, autoriser un purgatif que je ne croyais pas indiqué, et je Tai rarement fait sans avoir à m'en repentir. Voici comment les choses se passaient d'ordinaire : le malade était dans de bonnes conditions, le ventre était souple et plat, il n'y avait pas de douleur, aucun signe d'accumulation de matières fécales. Je faisais remarquer toutes ces circonstances aux médecins traitants, mais ils me répondaient: n Oh! tout cela peut être vrai; mais vous voyez que le malade n'a pas eu de selles depuis trente-six heures, et il serait très fâcheux de le laisser plus longtemps en cet état. » Vous rencontrerez même des cas dans lesquels l'emploi des lavements demande la plus grande réserve. J'en ai eu la preuve tout récemment. Les amis d'un de mes malades insistaient sur la nécessité de tenir le ventre libre, et je prescrivis le lavement purgatif ordinaire. Eh bien! ce moyen même était trop actif; il amena une irritation des intestins, qui se traduisit par une abondante sécrétion de gaz, d'où une tympanite considérable, qui ne fut heureusement que momentanée.

Vous vous laisserez donc guider dans l'adniinistration des purgatifs par les indications et les exigences de chaque cas, et non par les préceptes de ces hommes, qui pensent que deux ou trois selles par jour sont à peine suffisantes ; vous ne donnerez de purgaiions que lorsque vous aurez de bonnes raisons pour croire à une accumulation de matières fécales. De cette façon, vous évitez la tympanite, la diarrhée et l'intlammation des intestins; tous symptômes qui sont une source d'embarras pour le médecin, et qui gênent singulièrement sa pratique, dans toutes les fièvres qui ont un caractère typhoïde.

Bien loin donc de regarder les purgatifs comme un moyen curatif ou palliatif dans le typhus fever, je pense que l'indication en est plus que

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