INDICATIONS DES PURGATIFS DANS LE TYPHUS FEVER
douteuse, et en cela je suis en désaccord avec Hamillon et beaucoup d'autres auteurs. Il peut cependant survenir, dans le cours d'un typhus, telle ou telle circonstance qui exige l'emploi de la médication purgative; nous y avons recours alors, non pas dans Tespoir de guérir la maladie elle-même, mais dans le but de combattre ses épiphénomènes.
Voici quelques-uns des symptômes auxquels je fais allusion. L'un des plus ordinaires est une détermination sanguine, qui se fait vers la tête et qui amène du délire, de la céphalagie, etc. Dans ces circonstances, surtout à une période peu avancée de la maladie, les purgatifs énergiques sont au nombre des remèdes les plus efficaces; plus lard même, le tartre stibié ne réussit à diminuer le délire et la congestion cérébrale, que s'il amène des selles liquides, jaunes et copieuses. Dans les derniers stades de la lièvre, beaucoup de malades sont agités et sans sommeil, par suite d'évacuations insuffisantes; toutes les fois que ces phénomènes d'agitation et d'insomnie se produisent, et qu'il y a en même temps de la constipation, il faut recourir aux laxatifs, même si le ventre n'est pas très tendu. La réplétion du ventre et la tympanite exigent souvent des purgations très puissantes, et cela à toute époque de la maladie.
Lorsqu'une diarrhée persistante a nécessité l'emploi îles astringents, il survient souvent une constipation opiniâtre et prolongée, qui se rattache probablement à l'impuissance des muscles de l'intestin. Au premier moment, cet état n'inquiùte pas le médecin, parce qu'il n'y a ni gonflement, ni tension de l'abdomen, et (]ue le malade parait d'ailleurs dans un état satisfaisant. Au bout de quelques jours cependant on juge prudent d'exciter les évacuations alvines, mais on procède avec précaution, car on n'a pas oublié la violence de la diarrhée antérieure. Le médecin choisit d'abord les laxatifs doux; les voyant sans résiUtats, il se hasarde le lendemain à prescrire un médicament plus actif, et des lavements répétés. Il ne réussit pas davanlajjje, et quelques jours plus tard la constipation est exactement la même. Voilà une situation fort difficile. Il faut tMre très réservé sur l'emploi des purgatifs éncr^M(ines, et prendre soin de débarrasser le malade des matières dures (|ui peuvent se trouver dans le rectum, ou dans IS iliaque. Ou peut y arriv(;r soit avec les doigts, soit avec une grande cuiller ou une spatule, soit avec des injections d'eau de savon. Lorsqu'il n'y a pas d'obstacle de ce genre qui puisse rendre compte de rinurficacité des puryaiifs, il faut agir avec prudence et ne pas accumuler coup sur coup les médicaments dans l'estomac, et dans les intestins du malade.
INDICATIONS DE LA SAIGNÉli DANS LE TYPHUS FEVER. 189
Je n'ai que peu de chose à vous dire sur remploi des émissions sanguines dans la fièvre. Et d'abord ii est certain que les saignées générales peuvent couper court à la maladie, lorsqu'elles sont faites à propos, et qu'on en seconde l'effet par une thérapeutique convenable. J'ai en vue dans ce moment ces cas où la saignée est pratiquée dans des conditions favorables, et immédiatement après l'apparition des premiers phénomènes morbides, comme cela a lieu par exemple chez les médecins, les étudiants, les résidents des hôpitaux, les soldats et les marins.
Chez les individus de ces diverses classes, ainsi que chez tous ceux qui présentent des conditions également bonnes, l'ouverture de la veine a souvent prévenu le développement du typhus, et je n'hésiterai jamais à y recourir, lorsque je serai appelé dix ou douze heures après l'invasion des premiers symptômes; je ferai suivre la saignée d'un vomilif, et je puis en appeler à ma propre expérience, pour vous affirmer que mon malade aura alors de grandes chances d'échapper à la maladie. J'ai réussi dans mainte occasion, et les rapports des médecins de l'armée et de la marine renferment bien des preuves à l'appui de cette proposition. J'ai également pour moi l'autorité du docteur Cheyne, dont l'expérience est immense sur toutes les questions qui touchent à l'histoire du typhus. Mais ne vous y trompez point; ce n'est qu'au début, pendant le stade de frisson, que vous pouvez attendre de la saignée un aussi heureux résultat. Je ne veux pas dire qu'il y ait dans le typhus, comme dans la fièvre intermittente, des frissons bien distincts, dont chacun dure une demi-heure et même plus; par le stade de frisson du typhus fever,
Tinnervation musculaire, qui se révèle par de la douleur et des mouvements spasmodiques ; à cet état succède une paralysie plus ou moins complète. Il en est encore de même, lorsque l'inflammation siège primitivement, soit duns les muscles, soit dans la portion des centres nerveux qui les anime. »
Cette loi, féconde en applications pratiques, n''a peut-être pas été acceptée en France avec toute l'attention qu'elle méritait. C'est elle pourtant qui nous fournit la meilleure explication du météorisme, dans la péritonite et dans la fièvre typhoïde, par exemple ; c'est elle qui nous rend compte de certains cas de constipation opiniâtre sans obstacle au cours des matières ; c'est elle qui fait comprendre la gravité de la pleurésie diapliragmatique ; c'est celte loi enfin que nous retrouvons avec toute sa puissance, dans l'inflammation des séreuses du cœur, car c'est la paralysie des muscles cardiaques qui constitue, à vrai dire, le danger le plus immédiat de l'endocardite et de la péricardite aiguës.
W. Stokes, Observations on paralysés of the inlcrcostal muscles and diaphragin considered as a new source of diagnosis {Dublin Journal of médical science ^ 1\). — Also, Transactions of the brilish association, v. — Conlribulions to thoracic palholojy {Dublin médical journal, lîl). (Note du Trad.)
j'enlcnds désigner cette période initiale, pendant laquelle le mal plaint de frissonnements répétés, quoique sa peau donne aux pers qui la touchent, une sensation évidente de chaleur. Ce stade durée ordinaire de douze à vingt-quatre heures; dans quelque rares il se prolonge jusqu'à trente-six heures, et c'est alors seul qu'il est possible de dompter la maladie par les émissions sang
Vous pourrez encore user de ce moyen le premier ou le second non plus dans le but d'arrêter d'un seul coup la marche du tj mais pour diminuer les désordres vasculaires chez les individi bustes, qui ont une céphalalgie violente, la peau chaude, un résistant et bondissant. Du reste, nous voyons rarement aujou des cas de ce genre, et nous ne sommes j)as appelés assez tôt, pouvoir employer la saignée avec quelque avantage. C'est vers l sièmc 011 le quatrième jour de la maladie que le médecin est 1 souvent mandé, et déjà alors il est trop tard pour songer à une < tion générale par la lancette. Ceci vous, explique pourquoi nou gnons si rarement nos fiévreux dans les hôpitaux.
Lorsque vous commencez le traitement d'un malade atteint de I vous ne devez jamais péril re de vue le caractère de Tépidémie régi et voifs devez apporter la plus grande circonspection dans Teinplo saignée; si vous jugez convenable d'y avoir recours, n'en usez j avec autant de liberté, que s'il s'agissait d'un typhus sporadiq d'une fièvre (ranchement inflammatoire. Beaucoup de médecin tendent qu'on peut saigner à toutes les époques de la maladie s'inquiéter de la faiblesse du patient, parce que, d après eux, ceti blesse n'est qu'apparente, et dépend de la congestion vasculaire l'oppression des forces qui président à la circulation. Je ne suis ji quel point cette doctrine était applicable dans les épidémies anci( mais je sais bien que dans les épidémies récentes, elle n'a rien ( de bon; aucun homme dans son bon sens ne voudrait en fa guide de sa pratique. J'ai vu des fièvres longues et dangereuses dt sans augmentation appréciable de l'action des vaisseaux; les nu avaient le pouls faible et mou, la peau fraîche, ils ne présen aucun signe de congestion viscérale, aucun phénomène enfni q autoriser à ouvrir la veine, même chez les sujets les plus jeuneîf plus robustes.