‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 38 sur 123 · TÊSICATOIRES DANS LE TYPHUS FEVER. 2U · texte numérisé non relu

TÊSICATOIRES DANS LE TYPHUS FEVER. 2U

énergiques qui rendent de grands services lorsque les forces vitales aflEûUîes sont menacées d'un anéantissement complet; dans quelques cas, ces forces sont profondément atteintes : alors les battements du eœar sont à peine perceptibles; le pouls est irrégulier, la respiration faiMe, la peau firoide, et le malade est tellement abattu, qu'il ne peut se soulever ou se tourner dans son lit, sans être menacé d'une syncope. Noos devons ajouter ici au traitement ordinaire du typhus les moyens capables de remédier à de tels accidents, et aux excitants internes nous devons joindre la stimulation de la peau par les véslcatoires volants. Dn des procédés les plus avantageux est celui qui consiste à couvrir la région précordiale d'un large vésicatoire, qu'on laisse deux ou trois heures, ou, pour mieux dire, Jusqu'au moment où la circulation cotanée est suffisamment excitée. Si le malade présente en outre les signes qui indiquent l'affaiblissement de l'action nerveuse et des parois des capillaires, c'est-à-dire le refroidissement des extrémités et l'abaissenoent du pouls, il faut couvrir de vésicatoires les deux côtés de la poitrine, l'épigastre, la partie interne des jambes et des cuisses. Vous réussirez par là dans des cas qui paraissaient désespérés. Déjà, dans plus d'une occasion, j'ai pu constater l'efficacité de ces moyens; j'ai vu des malades qu'un refroidissement, une négligence, ou un traitement spoliateur avait plongés dans un état des plus graves : ils avaient les extrémités livides, le faciès hippocratique, la peau froide, le pouls nul ; et4Is étaient miraculeusement sauvés par l'emploi du carbonate d'ammoniaque, du musc et du vin , par les fomentations chaudes sur les jambes, et par l'application d'une série de vésicatoires volants.

Je ne pourrais vous citer de meilleur exemple que le cas de Christophe Nolan, que vous avez tous, je pense, suivi avec attention. Lorsqu'il entra à l'hôpital, son état ne semblait autoriser aucune espérance, et cependant il a échappé à la mort, et il est actuellement en pleine convalescence. Je ne vous rappellerai point tous les détails de cette histoire, ils sont encore présents à votre esprit; je vous ferai seulement observer que cet homme avait un typhus du plus fâcheux caractère : il avait le corps couvert de taches confluentes (1) ; il restait constamment couché

(1) L'auteur semble établir un rapport direct entre rabondancc de l'éruption et la séTérité de la maladie. Or les observateurs sont loin d'j'^lre unanimes sur ce point. Si quelqaes-uns, à l'exemple de I.anj^, de Berti, de Valcarenghi, ont vu dans une éruption confluenle le signe de la gravité du typhus, il en est d'autres, en plus grand nombre peut-être, qui ont regardé l'apparition de taches nombreuses et persistantes comme un phénomène favorable. Celte détermination cutanée était, à leurs yeux, une

sur le dos; il délirait à voix basse, tandis qu'il ne pouvait ou ne voulait répondre à nos questions; la respiration était difficile, le pouls rapide, petit et faible, les forces jvitales entièrement prostrées ; en un mot ce malheureux présentait tous les signes d'une mort imminente.

Je devais essayer, avant toutes choses, de relever les forces, et dans ce but j'instituai le traitement suivant. Le malade fut couché dans un bon lit, et pour ramener la chaleur à la peau, on fit avec delà flanelle

opération salutaire, par laquelle la nature délivrait l'économie d'une partie de la matière morbiflque. Ainsi Fracastor regardait les éruptions pétéchiales abondantes comme un symptôme de bon augure. Ramazzini a soutenu la môme opinion, mais il était surtout effrayé de la disparition subite des taches. Hasenœhrl, qui observait à Vienne, est arrivé aux mêmes conclusions. Dans la petite épidémie qu'il a étudiée à Avignon, M. Chauffard a également constaté que l'abondance de l'éruption était un signe favorable. D'un autre côté, bon nombre d'auteurs, non moins dignes de foi, ont déclaré qu'il n'existe aucune relation constante entre les caractères de l'exanthème et l'intensité de la maladie. Celte opinion a été soutenue par Strack, par Armstrong, par Cheyne, Barker et bien d'autres. II est même à remarquer qu'Omodei, qui voyait dans les pétéchies le typhus tout entier, finit par dire que l'éruption n'a pas d'influence sur la maladie pétécbiale [che il petecchiale malore non si lascia fmnto governare dalVesanlliema), En présence de telles dissidences, je crois que la seule conclusion possible est celle-ci : il n'existe pas de rapport constant entre l'éruption typhique et la gravité de la maladie; comme tous les autres symptômes, l'exanthème est subordonné au génie épidémique et à l'individualité de chaque malade. C'est même là ce qui exph'que les nombreuses divergences des auteurs sur ce point. Je dois dire toutefois que M . le professeur Trousseau a émis sur l'éruption de la fièvre typhoïde les mêmes idées que le médecin de Dublin sur Texanthème du typhus fever : a La durée totale de l'éruption, en moyenne de huit jours, varie comme termes extrêmes entre trois, dix-sept et même vingt jours. Son abondance, sa persistance coïncident généralement avec une gravité plus grande, ou, pour mieux dire, avec une durée plus longue de la maladie. »

Lang, De febre petechiali epidemica, in Opéra omnia (citation empruntée à J. Frank.) — Berti e Guggcrotti Fracastor, Notizie istoriche inlorno ai tifo carcérale di Vérone neW anno 1817. Verona, 1818. — Yalcarenghi, Med. ration. conslUulionem epidemicam annorum 1734, 1735, 1736, in Cremonensi civilate compleclens. Crémone, 1737. — Fracastor, De contagionibus et contagiosis morbiSy etc., libri très, — cum opère : De sympathiaet antipathia rerum. Lyon, 1554. — Ramazzini, De constilutione annorum 1692, 1693 et 1694, m Mutinensi civitate dissertatio.-- Hasenœhrl, Hist: med. morbi epidem. seu febris petcchiaUsy quœ ab anno 1757 fere finiente usque ad annum 1759 Viennœ grassataest. Yindob., 1760. — Chauffard, Étude clinique du typhus contagieux, Paris, 1856 (in Gaz. hebd.), — Strack, Obs. med. de morbo cum petechiis et qua ratione eidem medendum sit. Karlsruhe, 1796. — Armstrong, A practical illustration of typhus fever y ofthecommon conlinued fever , andof inflammatory diseases. London, 1819.— Cheyne et Barker, loc, cit. — Omodei, loc. cit., t. 1, m. — Trousseau, toc. cit., I, p. 156. (Note du Trad.)

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