YÉSICATOIRBS DANS LE TYPHUS FEVER
des frîdioiis sur le tronc et sur les membres. Je fis placer des vésicatoires volants à la nuque, sur la poitrine et sur le ventre. Je dois noter ici que la poitrine était agitée, et se soulevait péniblement. Nous entendions dans toute son étendue des râles sibilants ; nous observions en même temps cette lividité de la face, cette couleur sombre de la peau qui indique une hématose insuffisante. Pour exciter les nerfs respirateurs, je fis appliquer un vésicatoire de chaque côté du cou, au-dessus de la clavicule; deux heures après je les fis enlever, et l'on en appliqua deux autres sur les régions mammaires, puis sur le cœur et le côté droit de la poitrine, enfin sur la région épigastrique. J'ordonnai en outre du vin, du bouillon de pfmlet, et une potion stimulante qui devait être donnée régulièrement toutes les deux heures, jusqu'à l'apparition des l^iénomènes réactionnels.
En employant ici la vésication, mon but était d'exciter puissamment el dans un court délai les téguments du cou, de la poitrine et de l'abdomen. Cette pratique a souvent amené les plus heureux résultats, et nous avons pu nous convaincre, dans le cas présent, de son efficacité. Du reste, celle-ci ne parait dépendre ni de la soustraction du sérum, ni de i'efiet révulsif des vésicatolres, mais de l'excitation qu'ils produisent sur une vaste étendue de la surface cutanée.
Ce n'est pas seulement dans le typhus fever que l'application des vésicatoires sur la tête rasée peut rendre des services; ce traitement est également fort utile dans d'autres maladies, et cela dans des cas qui ne laissaient plus guère de place à l'espérance. On peut obtenir les mêmes résultats en frictionnant le cuir chevelu avec une pommade stibiée; mais la douleur et l'inflammation consécutives sont si violentes, que ce procédé est rarement employé. J'y ai cependant eu recours dans quelques occasions, et deux fois entre autres avec le plus grand succès. Un de mes amis avait perdu deux enfants d'hydrocéphalie. Cinq semaines après, un autre de ses enfants, charmante et frêle créature, présenta les symptômes de la même maladie. Il avait de la lièvre depuis quinze jours, de l'insomnie, des vomissements et de la diarrhée; il poussait fréquemment ce faible cri qui est un des principaux signes de l'hydrocéphalie, et il roulait sans cesse sa tête d'un côté à l'autre. Bientôt après, il eut des mouvements continuels dans les membres du côté droit, puis une paralysie du côté opposé. Je fus consulté avant l'apparition de la paralysie, et je conseillai au père de cet enfant de faire frictionner le cuir chevelu, sur lequel on avait déjà appliqué un vésicatoire, avec la pommade slihiée. La guérison lut complète.