VÊSICATOIRES DANS LE TYPHUS FEVER
bronches sont intéressées, cet état conduit facilement à la congestion et à l'engorgement des poumons. La pneumonie proprement dite est beaucoup moins fréquente; mais lorsqu'elle survient, il faut diriger contre elle des moyens rapides et puissants. Dans rinflammation du parenchyme pulmonaire, aussi; bien que dans la congestion qui accompagne la bronchite capillaire, les vésicatoires constituent un adjuvant précieux des autres agents thérapeutiques dont nous disposons; ils sont même notre unique ressource, dans certains cas où l'état du malade nous interdit toute autre espèce de déplétion.
Les affections pulmonaires du typhus tever sont d'une importance considérable, et l'auscultation a rendu k la pratique médicale un service immense, en permettant non-seulement d'en constater l'existence, mais encore d'en préciser le siège, l'étendue et la véritable nature. Ce procédé d'investigation nous fait connaître dans quelle région de la poitrine les canaux bronchiques sont principalement atteints, et il nous révèle avec certitude l'engorgement pulmonaire qui succède à l'affection des petites bronches. Le médecin familiarisé avec ce genre de recherches arrivera à la connaissance parfaite du siège et de la nature de la lésion, tandis que le praticien qui se horne à étudier les manifestations symptomaliqnes, ne pourra pas s'élever au delà d'une notion vague et indéfinie. Ce dernier emploie à l'aventure et comme au hasard les moyens déplétifs, il soustrait souvent à son malade une grande quantité de sang, et cela fort inutilement; le premier, qui connaît la situation précise et l'étendue de la lésion, fait appliquer ses sangsues et ses ventouses directement sur la partie du poumon qui est engorgée ou enflammée, et la guèrison n'est achetée qu'au prix d'une perle de sang, relativement peu considérable. Ces observations conservent toute leur valeur, en ce qui touche l'application des vésicatoires.
Une connaissance exacte et approfondie des divers phénomènes stéthoscopiques est d'autant plus importante, qu'à certaines époques de Tannée, il n'est pour ainsi dire pas un cas de fièvre qui ne présente quelque complication pulmonaire; il peut même arriver que durant une épidémie tout entière, les organes respiratoires soient le siège des principales déterminations morbides. De ce que nous observons surtout aujourd'hui des affections cérébrales, n'allez pas conclure qu'il en soit toujours ainsi. Le génie épidèmique peut être modifié; les phénomènes cérébraux, si fn^quents en co moment, peuvent devenir plus rares, disparaître même, et faire place à des complications exclusivement thoraciques. J'ai vu celles-ci devenir dans bien des cas la sourco principale
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du danger, et l'habitude du siélhoscope est alors indispensable à quiconque veut inatîtner uq traiteiDent convenable et avantageux.
Lorsque vous avez recours aux vésicatoires dans les affections des poumons, que celles-d soient simples, ou qu'elles soient une complication du typhus, n'oubliez pas que vous pouvez obtenir de très bons résultats sans laisser l'emplAtre longtemps en place, sans attendre la vésication complète, et lorsque vous l'enlevez, il n'est pas nécessaire de donner issue au sérum épanché. Dans le traitement de la bronchite des enfants et des affections bronchiques de la fièvre, j'ai bien souvent laissé l'ampoule intacte, et je m'en suis très bien trouvé. Ce sérum qui baigne le derme constitue le meilleur de tous les pansements, et vous évitez ainsi la formation d'ulcérations douloureuses. Cette pratique trouve surtout son application chez les enfants et chez les personnes très impressionnables, dont la peau possède une grande sensibilité, et une grande richesse vasculaire. Chez elles, en effet, les vésicatoires donnent lieu d'abord à une abondante effusion de sérosité, et bientôt après à une sécrétion séro-purulonle, qui devient une cause de douleurs vives, d'insomnie et d'irritation générale. J'ai vu cet écoulement persister pendant cinq ou six jours, et cela avec assez d'abondance pour mouiller dans l'espace d'une journée plusieurs serviettes; de sorte que le malade, couvert de linges humides, obligé par conséquent d'en clianger très fréquemment, courait le risque de voir s'aggraver, sous l'influence de ce trnileinent, l'affection pulmonaire riont il était atteint (1).
Toutes les fois donc que vous avez affaire à des enfants ou à des sujets irritables, je vous recommande de laisser les ampoules entières, surtout lorsque les vésicatoires auront été appliqués sur le devant de la poitrine, on sur toute autre région qui se trouve à l'abri de ta compression et lies frottements. Aussitôt que l'épiderme e^t soulevé, appliquez sur lui une compresse imbibée d'onguent spermaceti. changez-la lorsqu'il en est besoin, et abandonnez le reste à la nature.
11 y a quelque temps j'ai été appelé dans Camden-slreel, auprès d'un jeune homme qui avait été pris d'une bronchite sévère dans le décours d'un typlius,etj'ni pu apprécier exactement les avantages de ce procédé. Ce malade avait eu le matin un vésicatoire sur la ooitrlne. et on lui en