VOMISSEMENTS AU DÉBUT DU TYPHUS FEVER
les selles et les vomissements cérébraux. Malgré tous nos efforts, nous n'avons pu réussir à maîtriser ces accidents; la malade est allée de mal en pis» et elle a fini par succomber à un ensemble d^affeclions que vous trouverez fréquemment réunies soit dans le typhus, soit dans d'autres maladies. C'est précisément sur ce point que je désire appeler votre attention.
A une certaine période des fièvres, qu'elles soient inflammatoires, bilieuses, nerveuses ou typhoïdes, au moment même où vous pouvez croire à bon droit au commencement de la convalescence, une nouvelle espèce de fièvre survient, qui saisit le malade et l'emporte en dépit de tous vos efforts. Vous retrouverez le même fait dans d'autres maladies qui dépendent, soit d'un état général de l'économie, soit de l'inflammation de quelque organe important. Je voudrais donner à cette fièvre secondaire le nom de fièvre scrofuleuse, parce qu'elle rappelle exactement, dans ses manifestations principales, la fièvre opiniâtre des individus qui sont naturellement scrofuleux, ou qui le sont devenus sous l'influence du mercure, ou d'autres causes débilitantes.
Ce sujet n'a pas été jusqu'ici convenablement étudié, et je ne connais aucun auteur qui lui ait accordé l'attention qu'il mérite, en raison même de son importance. Le malade qui est sous le coup de cet état morbide présente une disposition extrême à contracter des affections inflammatoires. Celles-ci ont la plus grande analogie avec les affections scrofuleuses ; comme ces dernières, elles sont très difficiles à traiter, elles passent aisément d'un organe à un autre, enfin elles ont très souvent une terminaison funeste. Pendant le cours d'un typhus fever, le malade présentera une série remarquable de déterminations phlegmasiques.
Or, on ne serait point fondé à voir dans ces vomissements l'expression de la souffrance de IVncéphale ; ils résultent bien plutôt des troubles digestifs auxquels le malade était sujet, depuis un temps plus ou moins long ; peut-être même ne sont-ib que l'indice d'une indigestion qui a été le point de départ de tous les phénomènes ; en tous cas, ils révèlent la véritable origine de l'apoplexie : on a affaire ici à Vapoplexie gastrique des anciens. Ainsi donc, quoiqu'ils apparaissent de très bonne heure, ces vomissements n'en reconnaissent pas moins pour cause une affection gastrique, et leur valeur est considérable, tant pour le diagnostic que pour le traitement. Mais que ce même malade, après avoir cessé de vomir à la fin du premier ou du second jour, soit repris de vomissements six ou huit jours plus tard, la signification du symptOme change complètement ; malgré sa venue tardive, il est cette fois-ci d'origine purement cérébrale, et il traduit à nos yeux le début du travail inflammatoire qui se fait à la périphérie du foyer hèmorrhagique. Cette distinction me senible très importante ; elle nous montre tout au moins qu'il ne faut pas attacher une valeur sémiotique absolue à Vépoquc de la production du vomissement. (Note du Trad.)