‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 6 sur 123 · TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TROISIÈME LEÇON

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fiTLIlii DE 1.1 PHVSIOKJGIK. il

lèmes ; depuis longtemps, il est vrai, on a renonce à In priilique t'ondéG sur les Ihéorics mécanique, mnlliémalique. diimi(iue et Immorale ; mais il n'y h pas si longtemps qnele système meurtrier de Brown était encoreen vigueur, et ii a été remplitcé d'ailleurs, sur le rontinent, par les doctrines de Broussais et de Basori, en Angleterre, par la tliéorie qui l'ait dériver toutes les maladies d'un trouble des fonctions digestives

distincte k des distances dilTérentes; il comparç l'œil de rbomim VUt celui des animaux les plus divers, Tétudiant tour ^ tour d^^iceiiiL qui vivent dans Veau, chez ceux qui s'élèvent dans les plus baut^^ ^iigîOilll de Tatmospliëre, enfin chez ceux-là même qui demeurent enfoui souft la terre. 11 examine Toeil de la taupe, lequel est suffisant, ip^lgré sa faiblesse, pour protéger Tanimal dans ses travaux souterrains ; celui 4^ Taigle, qui permet à cet oiseau de choisir du haut des airs, et à une distance considérable, la proie dont il va faire sa pâture ; celui de la mouche, qui distingue les objets les plus petits, quoique la portée de la vision dépasse à peine le^ limites du contact, et, dans toutes ses recherches, il observe dans les dispositions de l'appareil optique des variétés aussi utiles que curieuses. Mais s'il tente d'aller plus loin, s'il prétend expliquer comment une image, peinte sur la rétine, donne la sensatioa de l'objet qu'elle représente, quelle que soit la théorie qu'il invoque»^ celle des ondulations lumineuses se propageant le long des nerfs opti-, ques jusqu'au cerveau, ou celle qui fait de la rétine une expansion nerveuse si parfaitement organisée, qu'elle perçoit elle-même l'image colorée, alors il est arrêté sur-le-champ par la barrière infranchissable qui est à jamais interposée entre les actions physi(|ues et les actions vitales.

doit point s'attendre à voir renaître de ses cendres la gastro-entérite et sa suprême autocratie ; mais la doctrine en ce qu'elle a de fondamental, c'est-à-dire en tantqu'eUe applique la notion d'irritation ou d'inflammation à la genèse des lésions pathologiques, la doctrine tend à revivre, fortiflée de tout l'appui que peuvent lui prêter les travaui^ physiologiques contemporains. Et la raison en est simple : il n'existe plus aujourd'hui de relation nécessaire entre l'idée d'inflammution et celle d'un traitement spoliateur ; délivrés de cette crainte, les médecins commencent à reconnaître que bon nombre de lésions auxquelles on avait refusé pendant un certain temps tout caractère phlegmasique, ne sont pourtant que les traces d'un processus infl imniatoire actuel uu antérieur. Cette tendance se révèle en France dans les travaui^ les plus récents. Bennctt {The Prin'^iples andpractice of inedicine^ Ediuburgh, 18r»9), en Angleterre, a lait de cetlp manière de voir la ba>e de sa doctrine. Enfm Vircliow, fait bien remarquable en raison de la divergence des points de dépait, a généralisé la théorie de l'irritaiion autant et plus que Broussais lui-même, puisque, d'après lui, l'activité propre des cellules ne peut être mie enjeu que par un agent irritant, quel qu'il soit [De rellular Pathologie in ihrer Begriindung aufpkysiologische und pathologische GeweOeleUve, Berlin, 1859). Nous devons nous applaudir, ce me semble, de ce revirement soudain ; peut-être nous annonce-t-il en effet que le moment n'est pas éloigné où l'on ne verra plus dans l'inflammation que ce qui y est réellement, à savoir, un état purement anatomique consistant en une altération de la nutrition, altération qui peut se produire dans les maladies les plus opposées, et sous l'influence des causes les plus diverses.

(Note du Trad.)

entre le mécanisme des organes des sens et lu production des idées, entre le corps et Tàme.

Ces travaux du physiologiste sont^ils susceptibles de quelque application pratique ? ou bien n'est-ce là qu'une étude intéressante, mais ::)térile? La réponse est facile. Une fois en possession, par exemple, du mécanisme et de la disposition de l'appareil optique, il peut en corriger les dérangements accidentels; avec des verres concaves il remédie à la concentration prématurée des rayons lumineux ; par le moyen de verres convexes il supplée à leur convergence tardive. La lentille crjstaUinienne devient -ella opaque, la connaissance exacte de ses rapports, de sa structure et de sa position lui permet, ou de l'enlever définitivement, ou de la placer en dehors de l'axe visuel, ou d'en provoquer l'absorption. S'il s'arrête à ce dernier parti, il irrite mécaniquement le cristallin, sachant par expérience qu'après une irritation, le travail d'absorption commence; mais il ignore absolument, remarquez-le bien, le lien qui unit ce processus purement vital à l'irritation mécanique. Celui qui s'occupe de la physiologie du cerveau et de la moelle épiniève ne découvrira jamais la nature intime de l'influence nerveuse, jamais il ne connaîtra l'action vitale en vertu de laquelle la compression ou l'irritation de ces organes trouble les fonctions des muscles volontaires ; et cependant tout le traitement des affections cérébrales et spinales, sponta-^ nées ou traumatique^, est fondé sur la connaissance du fait physique : lui seul nous permet d'apprécier l'influence des modifications pathologiques du cerveau et de la moelle ; lui seul nous fournit une indication rationnelle dans toutes les maladies convulsives, paralytiques et apoplectiques.

Bien que nous ne connaissions point en elle-même l'influence mystérieuse par laquelle les pneumogastriques commandent aux fonctions respiratoires; bien que nuus ne sachions pas mieux comment les nerfs phréniques produisent les mouvements du diaphragme, cependant la eoimaissance pure et simple du fait nous donne les moyens de soulager l'asthme spasmodique, et de rappeler à la vie, au moyen d'un courant galvanique dirigé sur le trajet de ces nerfs, des personnes en état d'asphyxie. Sachant que parmi les (ilets nerveux qui se distribuent à la face, les uns sont destinés à la sensibilité, et les autres aux mouvements musculaires, nous sectionnons dans les cas de tic douloureux les nerfs sensilifs, et nous ne touchons point aux nerfs moteurs. Dans tous ces cas, dans mille autres encore que je pourrais citer, la physiologie nous donne des renseignements d'une grande utilité pratique : il serait plus

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facile encore de monlrer, par Texemple de Brown et de Bronssak, qi là physiologie vitale, embrassant des sujets qui dépassent les bom (le notre raison, a pour résultat constant Tégarement de ses adeptes elle les entraîne à travers un labyrinthe, dans les détours duquel ib s meuvent sans cesse sans avancer; et ils perdent ainsi en vaines spéeo lations le temps et les efforts qu'il eussent dû consacrer à l'acquisitioi de connaissances vraiment utiles. Mais j'espère que le moment est ve&ii où Ton va renoncer à de tels errements ; il en est grandement temps, car, il faut le reconnaître, la physiologie, mal enseignée et détournée de son véritable objet, a bien souvent retardé les progrès de la médecine pratique.

Etudions maintenant le rôle et la valeur de l'anatomie pathologique. Bien des hommes se sont mépris sur le but qu'elle doit atteindre; aussi en est-il qui lui dénient toute utilité, tandis ((ue d'autres, brûlant d'ardeur pour son avancement, s'efforcent d'agrandir assez son domaine pour que tous les phénomènes morbides puissent y rentrer et y être contenus. Il serait difficile de dire lequel de ces deux partis extrêmes a causé le plus de préjudice à la médecine. L'anatomie pathologique doit revendiquer non-seulement les altérations de structure complètes et permanentes, mais aussi toutes les modifications physiques, môme passagères, des organes internes, autant du moins qu'elles peuvent être appréciées. Or, pour estimer à sa juste valeur l'importance de cette science, nousdevons nous souvenir que le premier changement dans la texture d'une partie n'est point la cause, mais bien la conséquence de la maladie; car dans tout organe sain la texture est normale, et comme toute altération de celte dernière est la conséquence d'une déviation dans l'action vitale du système vascuiaire, il est évident qu'une modification de structure doit toujours être précédée et produite par une perturbation fonctionnelle. Ainsi les altérations physiques qui acccompagnent l'inflammation externe, la tumeur, la chaleur, la rougeur, ne sont pas les causes, mais les effets de la maladie. Est-ce à dire qu'en réduisant ces phénomènes au rang de symptômes, nous voulions en diminuer l'importance? Non pas certes; car, étant sous la dépendance immédiate de la cause première, ils deviennent pour

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tirer ses indications des symptômes généraux, en négligeant totalement les caractères extérieurs de la région affectée? C'est pourtant là ce que font les hommes qui refusent, dans le traitement des maladies internes, les secours de Tanatomie pathologique.

Dans les maladies chirurgicales, la plupart des modifications physiques de la partie affectée peuvent être immédiatement reconnues; aussi le diagnostic est-il comparativement facile, et le traitement nettement indiqué. H n'en est pas de même dans les maladies internes, dont les lésions ne tombent pas sous Tappréciation directe de nos sens; pour en déterminer la nature et le siège, nous devons comparer attentivement les caractères anatomiques révélés par la dissection avec les symptômes observés durant la vie.

Nous savons que Taltéralion de structure n'est que le résultat d'un trouble survenu dans l'action vitale d'un organe; mais cette altération peut devenir à son tour une nouvelle cause de mal. Et par exemple, le système vasculaire des poumons, soumis ù quelque influence inconnue, subit un trouble fonctionnel à la suite duquel des produits liquides et solides se déposent dans le tissu pulmonaire; une fois formés, ces produits empêchent le libre accès de l'air dans les vésicules, et la fonction respiratoire, l'une des plus importantes de l'organisme, se trouve ainsi considérablement entravée. De même, quelle que soit la perturbation vitale primitive qui donne lieu au squirrlie du pylore, celte obstruction devient le point de départ de symptômes nouveaux d'une grande importance.

Une autre considération vient encore rehausser la valeur de l'anatomie pathologique. Lorsqu'une délenninalion morbide se fait sur quelque partie, soit externe, soit interne, et y produit des altérations physiques, l'expérience nous apprend que nous pouvons souvent, en attaquant celles-ci, arrêter les progrès de la maladie elle même. Ainsi, pour reprendre notre exemple de l'intlammalion externe, la rougeur, la tumeur, la chaleur «le la partie enflammée ne sont que des symptômes , et cependant nous retirons de grands avantages de l'emploi des moyens capables de les combattre : de là les sangsues et les lotions froides.

Il résulte de ces observations que dans toute maladie, il est indispensable, au point de vue pratique, de reconnaître les caractères et l'étendue de la lésion, qu'elle soit (railleurs passagère ou permanente; et les progrès de la médecine sont entièrement subordonnés h la perfection plus ou moins complète de ce genre de recherches.

h% CUNtQUE MÉDICALE.

Chacun sait combiert' Tauscultation et la percussion ont fait avancer la thérapeutique des maladies de la poitrine; et cependant ces moyens d'exploration ne servent qu*à nous faire connaître les altérations physiques produites par la maladie, ou, en d'autres termes, l'anatomie pathologique de l'organe affecté. Comment détermine^ et suivre^ sans leur Secours, la marche de l'inflammation pulmonaire? — Comment démontrer l'existence des épanchements dans la pleurésie ou l'hydropisie? — Comment découvrir la pneumonie latente? — Comment distinguer avec certitude la pleurodynie de la phlegmasie de la plèvre? Et ce n'est pas tout encore : privés de ces procédés d'investigation, nous serions bien souvent dans l'impossibililé de séparer l'une de l'autre la phthisie bronchique et la phthisie tuberculeuse. Voyez l'emphysème pulmonaire chronique, lésion de la plus haute importance : il demeura inconnu jusqu'à l'époque de Laennec, qui le décrivit le premier avec exactitude, d'après l'examen cadavérique ; mais sans la découverte de l'auscultalion et de la percussion, ce n'est pas la connaissance parfaite de ses caractères analomiques qui eût pu nous en permettre le diagnostic sur le vivant. Songez à la dilatation des bronches, une autre lésion complètement incoimue avant Laennec, et qui n'était pas plus accessible aux moyens ordinaires d'observation. Je pourrais vous signaler en outre Textréme importance (|ue présente le diagnostic des lésions ihoraciques dans la rougeole et la fièvre scarlatine; mais les avantages qui résultent, dans les affections de la poitrine, d'une connaissance exacte de l'anatomie pathologique, sont si généralement reconnus aujourd'hui, que je préfère emprunter mes exemples à d'autres classes de maladies.

Jusqu'en ces derniers temps, les iiosologistes se sont accordés à regarder comme des causes très fréquentes d'apoplexie et de paralysie. lesefFusions séreuj^es dans le cerveau, ou la simple inertie fonctionnelle de cet organe ou de quelque autre partie du système nerveux. Celle opinion reposait en partie sur des données purement spéculatives, en partie sur des autopsies insuffisantes et inconqDJètes ; et dans les livres classiques on exposait dogmatiquement, avec une certitude absolue, les sjmptômes prétendus caractéristiques de l'apoplexie sanguino, de la séreuse et de la nerveuse. A quoi menait une telle doctrine? Au plus déplorable résultat, que j'ai pu constater sur certains points du continent, où les praticiens âgés obéissent encore aux exigences de cette théorie. Quoi de plus tnsle que de voir le médecin p«.Tdro son temps à prescrire des diurétiques, pour provoquer l'absorption <le la

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sérosité épanchée dans Tencéphale, ou à donner des refnèdes excitants, comme l'arnica et le camphre, pour suppléer à la débilité nerveuse, et cela dans des cas qui réclament évidemment de copieuses déplétions, soit parla lancette, soit parles purgatifs^ Je ne nie point que dans quelques cas rares, un épadchement séreux ne puisse anlener la mort par apoplexie (i] : j*ai observé moi- môme cette terminaison chez un malade atteint d'une hydropisie chronique ; mais la niort survint très

(t) Si Graves entend parler ici des épanchements séreux qui surviennent en dehors de toute lésion antérieure de l'encéphale et de ses enveloppes ; si, surtout, il n'a en vue que les apoplexîBÈ séreuses foudroyantes, c'est-à-dire celles qui sont caractérisées par un véritable iclus apoplectique et par une mort presque instantanée, son assertion est parraitemenl exacte : les cas de ce genre sont rares. M. Andral en a cité quelques exemples dans sa Clinique médicale ; il rapporte entre autres un fait dans lequ<;l Teffusion séreuse a succédé à la disparition brusque d'une ascite. Martin-Solon (Journal heh' domadaire, IV) a fait connaître un autre exempte d'apoplexie séreuse, sans altération antérieure du cdté des centres nerveux. On pourrait san<( doute trouver quelques faits analogues, mais ils sont loin d'être fréquents; chez les sujets hydropiques qui meurent d'hydrocéphalie, l'épanchement se fait avec une lenteur progressive qui permet au médecin d'en suivre la marche, et l'évolution des phénomènes morbides exclut absolument l'idée d'apoplexie. Mais, envisagée d'une façon absolue, la proposition du profes- ^etti^ de Dublin est loin d'être juste ; il n'est point rare, en effet, de voir succomber à une apoplexie séreuse très nettement accusée les malades atteints d'une affection du cerveau ou de ses enveloppes : ce n'est point la lésion primitive qui les tue, c'est l'épanchement séreux consécutif qu'elle a déterminé. On observe alors une véritable apoplexie séreuse secondaire avec ses deux caractères essentiels, l'ictus et la mort rapide. C'est surtout dans les méningites à marche lente, dans le cours de la tuberculiSaUon de l'encéphale ou des méninges, qu'on rencontre cette terminaison brusque et soudaine ; on la voit également survenir lorsque la circulation veineuse intra-crânienne est entravée par quelque oblitération vasculaire ou par le développement rapide d'une tumeur ; enfm, j'en ai observé moi-même un très bel exemple chez un malade qui portait depuis plusieurs mois une carie du rocher. La mort a eu lieu en dix minutes. Je rapporterai plus lard dans tous ses détails ce fait intéressant. — C'est à celte variété d'apoplexie séreuse, qui mérite à tous égards la désignalion de consécutive, que se rapportent la plupart des faits qui ont été consignés dans les annales de la science , depuis l'époque où l'on a divisé les apoplexies en sanguines et en séreuses.

Comparez Wepfer, Observationes analomicœ ex cadaveribus eorum quos suslulit apoplexia cum exercitalione de ejus loco affeclo. Scliaffhouse, 1058. — Observationes medico-praclicœ de affecUhus capilis inlemis el externis. Zurich, 174r>. — F. Hoffmann, Operd omnia. Genève, 1751. — Morgagni, De sedidus et causis morborum^ passim, mais surtout lettre IV, édition de Désormcaux. Paris, 1820. — Bader, Geschichle der WeLssersuvht der Gehirnhohlen oder des Schlag/lusses der Kmder. Francfort, 1794. — Bell, Dissertalio de apoplexia hydrocéphalie a. Edimbourg, 1796. — Zuiianus, De apoplexia prœsertim nervosa commentarnis. Bri.xœ, 1789. — Abercrombic, Des maladies de Vencéphale^ traduction de M. Oendrin. Paris, 1828 (Note du Trad.)

rapidement, et la connaissance des phases antérieures de la maladie pouvait laisser aucun doute. Au contraire, dans la majorité des cas regardés jusqu'ici comme des apoplexies séreuses ou nerveuses, un examen plus attentif aurait permis de constater les signes d'une excita* tion vasculaire. ou d'une inflammation locale : ce sont là des sujets donl je m'occuperai longuement lorsque je traiterai de la pathologie cérébrale. Une erreur analomique du même genre conduit à la même faute pratique dans le traitement de Thydrocéphalie, et d'un grand nombre d'hydropisies locales ou générales. Le médecin concentre toute son attention sur Tépanchement, et laisse passer inaperçus les symptômes de la turgescence vasculaire ou de l'inflammation antérieure.

Le temps ne me permet pas d'insister davantage sur ce sujet, et de vous montrer combien l'étude rationnelle ot sage de Tanatomie pathologique a répandu de lumière sur la pathologie du cerveau. Qu'il me suffise de rappeler que la connaissance des plus importantes altérations inflammatoires de cet organe est d'une date encore toute récente; c'est de nos jours seulement que l'examen minutieux et attentif des lésions cérébrales a introduit un peu de clarté et de précision dans un sujet où tout était resté jusque-là vague et confus.

Hais, d'ailleurs, s'il était nécessaire de prouver l'utilité del'anatomie pathologique, on pourrait en citer des exemples sans nombre. La découverte d'une inflammation locale qui amène parfois des phénomènes en tout semblables à ceux de la lièvre intermittente légitime; l'usage de la saignée dans le stade de froid de celte dernière, pratique très recommandable dans les cas où le retour de chaque accès est accompagné de l'inflammation de quelque organe important, comme le poumon ou le cerveau ; les rapports (|ui existent entre la plilegmasie de la muqueuse gastrique et quelques-uns de ces sym[)tomes fébriles attribués d'abord à une pure débilité ; l'inlluence de la congestion et de l'inflammation cérébrales sur la production des phénomènes qu'on a compris sous la dénomination vague de typhus; le caractère de lenteur que revôt la fièvre lorsqu'elle est accompagnée d'une pneumonie (celle-ci reste alors souvent latente); les symptômes produits par l'ulcération des follicules intestinaux, si fréquente dans les fièvres ; le diagnostic entre la douleur qui résulte des névralgies abdominales et celle qui prend sa source dans une lésion organique de l'intestin ; une connaissance plus exacte de l'état de la muqueuse dans la diarrhée des phthisiques et dans la tympanite intestinale; des perfectionnements nombreux que les investigations anatomo-pathologiques d'Itard ont

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amenés dans le traitement des maladies de Toreille : toutes ces découvertes, et bien d*autres encore qui sont également riches en applications pratiques, sont la conséquence immédiate de l'importance qu'on attache aujourd'hui à l'étude des lésions anatomiques. Si je passais maintenant en revue les maladies chirurgicales, il me serait facile de vous citer des exemples^ sinon plus importants, peut-être plus évidents et plus saisissants ; car la conception et le succès des opérations les plus graves sont fondés sur la connaissance parfaite des modifications anomales, auxquelles il s'agit de remédier ; les preuves abondent de toutes parts, mais il n'en est pas de plus démonstrative peut-être que l'opération de l'anus artificiel créée par Dupuytren : cette hideuse et repoussante infirmité fut regardée commeincurahie jusqu'au jour oiicct habile chirurgien, faisant app<'l à sa profondu connaissance de la physiologie et de l'anatomie pathologique, réussit à concevoir et à exécuter une opération qui sulfirait à elle seule pour immortaliser son nom.

Hais l'étude de l'anatomie pathologique est entourée de grandes difficultés, et lorsqu'elle est faite avec négligence, elle peut conduire à des résultats fort erronés; elle exige beaucoup de bonne foi, beaucoup de patience, et l'expérience nécessaire pour juger sainement des altérations morbides ; celte expérience est le fruit d'une longue pratique. Ce n'est pas en un jour qu'on acquiert la faculté de découvrir sur le cadavre les traces de la maladie, et les causes d'erreurs sont si nombreuses, au moins pour les observateurs superficiels, qu'il en est résulté de fâcheuses conséquences pour la science médicale : des lésions anatomiques ont pu passer inaperçues, d'autres ont élé décrites alors qu'elles n'existaient pas. Ceux qui savent qu'il se produit souvent dans les derniers instants de la vie ou peu après la mort, une congestion du tissu pulmonaire, des muqueuses bronchiques et intestinales ; ceux qui n'ignorent pas que relie coiij^eslion ptnilaltérer les propriétés physiques de ces organes, au point (le simuler exactement rintlamnialion, ceux-là comprendrontaisénicnt comment on a pu, dans l'examen deces organes malades ou supposés tels, opposer failscontre faits, observations contre observations, jusqu'au jour où ces travaux, au lieu de la simplicité parfaite et de la classilication régulière qu'ils avaient promises, engendrèrent enfin, avec l'incertitude, la contusion la plus absolue. C'est là ce qui a fait toute la force des doctrines de Broussais; c'est là ce qui les a fait paraître fondées sur un grand nombre d'observations authentiques et irrécu.sables.

Il faut que ranalomo-palhulogiste se garde de trop voir. Il ne doil

passe tromper lui-même, en rencontrant constamment et partoutoequ'H iésire, et par-dessus tout, il ne doit jamais se Taire violence pourvoir; il est en effet beaucoup de maladies qui ont une issue funeste, sans avoir produit aucune altération anatomique appréciable.

Lorsque je vous parlerai de la pathologie du cerveau et du système nerveux, j'aurai de nombreuses occasions de vous prémunir contre les erreurs des auteurs qui nous ont précédés. Ces erreurs prenaient leur source, soit dans un désir anxieux de grouper en une classe bien nettement délimitée toutes les lésions du cerveau et de la moelle épinière, soit dans la conviction erronée que, partout où il'avait existé des troubles cérébraux ou nerveux, on devait trouver, pour en rendre compte, quelque changement de structure. Pour en citer un exemple, Tépilepsie et la manie présentent souvent, fcomme je l'établirai plus tard, une invasion aussi soudaine que violente, et cela en dehors de toute altération organique ; et en vérité, pour prouver que celle-ci n'est pas Taccompagnement obligé fie ces formidables maladies, il suffit de rappeler qu'elles disparaissent parfois soudainement. J'ai donné des soins pendant nombre d'années à un littérateur de grande réputation. Il mourut en 1831, k l'âge de soixante et dix ans. Pendant une période de trente années, de vingt-cinq à cinquante-cinq ans, il avait eu de nombreuses attaques d'épilepsie; après cette longue durée, la maladie cessa subitement, et durant les quinze dernières années de sa vie mon malade n'eut pas un seul accès. Je vous montrerai combien sont illusoires et peu fondées les prétentions de ceux qui veulent rendre compte de tous les troubles nerveux par des lésions cérébrales ; qui disent pouvoir distinguer nettement pendant la vie l'inflammation et l'irritation de l'arachnoïde ou de la dure-mère, de celles du cerveau lui-même; qui assignent des symptômes (lifférents h rinflaminalion de la substance corticale et à celle de la substance médullaire; (|ui font violence à leurs yeux et à leur véracité, pour établir (|ue les lésions de certaines parties déterminées du cerveau aniènent invariablement les njènios perturbations dans les facultés iîitellectuelles. Ce sont là les erreurs de ((uelques médecins français des plus éminents; il sera de mon devoir de vous les signaler en temps et lieu; mais je dois ajouter, non sans regret, que des erreurs plus grossières, des interprétations plus erronées encore, ont trouvé place dans des publications an^'laises et irlandaises dont je serai appelé à vous parler plus lard.

Je vous ai fait connaître les (laiif^^ers qui résultent, pour la médecine et la chirurgie, d'une mauvaise din^nion datîs l'étude de la

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