‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 67 sur 123 · SUITES DL TYPHUS FEVER · texte numérisé non relu

SUITES DL TYPHUS FEVER

dans notre service de fiévreux. C'était le 26 septembre; elle était ma« iade depuis liuit jours, et présentait surtout des symptômes gastriques et cérébraux. Des sangsues furent appliquées à Tépigastre et à la tète; je prescrivis des boissons Iroides et des pilules bleues, avec la poudre de James. Sous l'influence de ce traitement et d'autres remèdes appnipriés, la maladie iS'anienda. Le 1" octobre, les phénomènes cérébraux et gastriques avaient disparu, il ne restait qu'un léger mouvement fébrile.

Le lendemain, cette l'emme était prise de frissons et d iiorripilations, d'une douleur vive dans le sein gauche, d'engourdissement et do paralysie du bras du même côté. Des sangsues produisirent quel(|ue soulagement; mais la nuit fut sans sommeil. Le jour suivant, nous voyions une plaque rouge oblongue partie du mamelon, se diriger vers la clavicule; la douleur était vive, le moindre attouchement intolérable. Nouvelle application de sangsues sur la poitrine, fomentations continuelles. Le U octobre, l'érysipèle était complètement développé, mais la douleur était plus cruelle encore. Cette malheureuse femme poussait des cris dès qu'on la touchait, et ne pouvait supporter le poids de ses vêtements ou de sa couverture. A l'examen du thorax, nous ne constations ni tumeur ni dureté, la chaleur et la tension n'étaient même pas très marquées; à l'exception d'une légère rougeur érysipélateuse et d'une douleur qui ne le cédait en rien à celle du tic douloureux, il n'existait aucun signe de lésion locale. Le bras gauche était toujours engourdi et impuissant.

Mais le mouvement fébrile s'était exaspéré, la langue était sale, le pouls fréquent, le sommeil était perdu. La malade accusait en même temps une douleur sourde dans le mollet droit ; cette douleur augmentait par la pression et par les mouvements; il n'y avait cependant ni chaleur, ni gonflement, ni induration appréciables. Le 5, on nous dit que cette femme n'a pas dormi de la nuit, bien (ju'ellc ait pris la veille de l'extrait aqueux d'opium a hautes doses ; la rougeur érysipt'lateu.^e atteint presque la clavicule; les parties aiîeclées sont le siège d'un gonflement considércible. Le 6 octobre, il y a eu un peu de sonnneil; r<M'ysipèle a encore marché; il prosente çà et là quelcjnes vé>icules. La malade se plaint de nouveau de crampes dans la jand>e droite; une pression profonde y développe en eflet une vive douleur, inais il n'y a aucun symptôme extérieur. L'alfaiblissement va croissant, il y a un peu de diarrhée; je prescris, pour combattre ces accidents, des lavements de sulfate de quinine et de laudanum. Dans la nuit suivante cette femme

3S/i climquë médicale.

était prise d'une douleur violente dans la jambe, la sensibilité au tou* cher était extrêmement rive; mais, comme auparavant, il n'y avait ni chaleur, ni roUgeut, ni tumeur. L'érysipèle de la poitrine avait pâli et ne s'étendait plus. Les lavements furent continués; on fit des frictions sur les parties douloureuses avec l'onguent mercuriel et l'eltrait de belladone; on mit la malade à l'usage du vin.

Elle passa une nuit très mauvaise à cause de la douleur qu'elle ressentait dans la jambe ; elle se plaignait aussi d'avoir à de courts intervalles des frissons suivis de sueurs. Elle nous dit alors qu'elle avait éprouvé depuis deux ou trois jours des tremblements fréquents dans le membre affecté; l'un de ces accès de tremblement eut lieu dans la nuit du 8 octobre, et après avoir duré trois ou quatre heures , il fut suivi d'une transpiration générale fort abondante. Tous ces phénomènes étaient plus prononcés encore le jour suivant ; il en était de même du mouvement fébrile, de la soif et de la faiblesse; la douleur persistait dans la jambe avec une inaltérable violence. Du reste, notez le fait, il n'y avait môme alors ni rougeur érysipélateuse, ni pâleur du membre, à peine pouvait-on constater un léger gonflement.

Le 9 au matin, nous apprenions que la malade, en proie à une vive agitation, n'avait cessé de crier pendant toute la nuit; elle avait vomi trois ou quatre fois, s'était plainte d'une grande douleur dans l'abdomen, et avait été prise d'un frisson violent qui avait duré depuis une heure jusqu'à six heures du malin ; il y avait eu à la suite une sueur profuse. La jambe droite était aussi douloureuse que par le passé, elle était quelque peu enflée; les veines en étaient plus visibles qu'à l'étal normal, mais les téguments n'étaient point décolorés. Les mouvements étaient devenus douloureux dans les deux bias, la jambe gauche était sensible à la pression. Sous le coup de ces phénomènes bizarres, la malade s'éteignit rapidement, et mourut à trois heures de l'aprèsmidi.

A l'autopsie, nous avons trouvé du pus sous les tégunients du sein gauche, mais la glande elle-même était sah)e. 11 n'y avait aucune trace de péritonite, aucune altération des viscères abdominaux. La jainbe droite était inflllrée; les veines en étaient perméables et élasticjues, mais leur tunique interne présentait une teinte rosée (1).

(L) Les détails nécroscopiques sont évidemment insuffisants. La jambe droite [était infiltrée, de quoi? demanderai-jc à mon tour. Les veines étaient perméable» et élastiques : jusqu'à quelle hauteur ont-elles été examinées? ne pouvait-il pas y avoir une oblitération de l'iliaque? En sonmie, je ne puis voir dans cette observation autre chose

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