VINGTIÈME LEÇON
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CUNCLUSimiS.
La fièrre nerveuse. — Jours critiques daus les fièvres. — Le pronostic doit être toujours réservé.— Observation.
Des prescriptions dans le typhus fever. — Nécessité des simples palliatifs. — Formules.
Inflammation des glandes mammaires.— Causes et traitement de cette affection.— Importance de la thérapeutique dans le typhus fever — Conclusions.
Messieurs,
Permettez-moi de revenir sur un malade dont je vous ai parlé déjà et qui a succombé, comme je le craignais. Un homme, du nom de Lynam, couché dans noire jurande salle des fiévreux, était malade depuis longtemps ; je fis écrire sur sa pancarte « Fièvre nerveuse », et je fis remarquer aux personnes qui m'entouraient que c'était là un exemple de fièvre nerveuse pure, sans aucun phénomène d 'affection locale déterminée. Vous vous rappelez, sans doute, les principaux symptômes que présentait ce malade: chaleur à la peau, pouls fréquent, faible et (lépressible; soif, insomnie, suhdelirium et mussitation; du reste, aucun signe appréciable de lésion viscérale ou de putridité. Ce n'était ni une fièvre congestive, ni une fièvre putride; ce n'était pas davantage une fièvre gastro-entérique ou uncî fièvre péléchialc ; on ne pouvait y voir non plus une fièvre cérébrale. Ce n'était qu'en procédant par exclusion, en éhminant successivement chacune de ces espèces morbides, en tenant grand compte des caractères négatifs de la maladie actuelle, que vouspouviez arrivez à concevoir une idée nette de cette pyrexie. C'était donc, comme je vous l'ai dit, une fièvre nerveuse, modifiée par les habitudes intempérantes du sujet. Lorscpi'un homme accoutumé aux excès alcooliques est pris de fièvre à la suite d'un refroidissement.
d'une grande fatigue, ou après s'être exposé à la contagion, vousoonataterei le plus ordinairement que la maladie revêt un caractère complexe ou mixte ; aux phénomènes ordinaires de la fièvre se joignent ceux du delirium tremens. C'est précisément ce qui avait lieu chez notre homme ; il avait du tremblement, une insomnie persistante, et il délirait en marmottant.
En instituant le traitement, je me proposai avant tout de calmer le système nerveux, et je veillai sans cesse à l'état des principaux viscères. Une semaine plus tard, c'est-à-dire cinq semaines après le début de la fièvre (cet homme était malade depuis un mois lorsqu'il nous était arrivé), survint un érysipèlede la face et de la tête. Débutant par la face, Texanthème fit de rapides progrès, el envahit bientôt la totalité du cuir chevelu et la nuque; il y eut en même temps une aggravation considérable de tous les symptômes. Je vous dis alors que je n'avais aucune inquiétude au sujet d'une métastase érysipélateuse, et qu'il n'y avait pas lieu de craindre le développement d'une inflammation du cerveau avec toutes ses déplorables conséquences ; j'ajoutai que cependant cette phlegmasie cutanée n'annonçait rien de bon, et qu'on ne pouvait en attendre aucun soulagement pour les organes internes, puisque, à partir du moment où l'érysipèle s'était montré, tous les phénomènes morbides avaient empiré. Je vous faisais remarquer en même temps Timpossibihté d'un traitement antiphlogistique chez un homme épuisé, qui souffrait depuis longtemps d'une maladie complexe, tenant à la fois du delirium tremens et de la lièvre lente ; je vous exprimais mes craintes , et je vous disais que les moyens qui agissent d'ordinaire avec le plus d'efficacité dans les cas analogues, à savoir le sulfate de quinine et l'opium, pourraient bien être impuissants à arrêter les progrès du mal. L'événement n'a que trop conlirnié mes appréhensions : cet homme est mort hier, épuisé par ses longues souffrances. Di.i-huit heures après sa mort nous avons examiné avec U; plus grand soin les viscères des trois grandes cavités : aucun organe ne nous a présenté \v njoindre signe d'inflammation; bien plus, il nous a été impossible de trouver la plus légère trace de congestion locale. Les vi^céres étaient dans un t'tat d'intégrité parfaite; notre malade avait succombé à une fièvre nerveuse pure.
Quelques médecins regardent comme entièrement imaginaire la fièvn; indépendante d'affections locales; ceux (pii en rapportent «les exemples passent à leurs yeux pour des ignorants, ou pour des [)aresseux qui n'ont pas fait toutes les investigations (•adav('ri(iues nécessaires. Je ne puis entrer aujourd'hui ilans tous les détails de cette question, mais
%kU CLINIQUE MfCDICALE.
il n*cst pas chez moi de conviction plus arrêtée que celle-ci : Il existe une fièvre sans lésion locale appréciable; cette fièvre peut sévir également sur tous les organes, sur tous les tissus du corps, et cependant, à ce moment même, je défie le symptomatologiste le plus exercé de découvrir un seul point qui soit le siège d*une inflammation locale bien nettement accusée. J'ai vu dans ma pratique nosocomiale bien des cas à l'appui de cette opinion; je me rappelle entre autres un fait qui s'est passé dans cet hôpital, et qui fut aussi i*emarquable par la durée extraordinaire de la maladie que par l'absence complète de toute lésion viscérale.
Un homme atteint d'une fièvre nerveuse entra dans notre service ; il avait une soif vive, la peau chaude, le pouls entre 110 et 120; il ne dormait pas, et délirait par instants; les semaines succédèrent aux semaines, les mois succédèrent aux mois, et ces symptômes persistèrent identiques, sans aucun signe d'inflammation locale. La médication fut purement expectante; nous n'avions aucune aflTection à combattre ni du côté du cerveau, ni dans le ventre, ni dans la poitrine, nous n(; pouvions saisir en aucun point une détermination morbide plus spécialement accusée ; aucune lésion menaçante ne nous contraignait à mettre en œuvre un traitement prompt et énergique. Enfin au bout de trois mois, cet homme continuait à présenter les mêmes symptômes: soif, chaleur à la peau, insomnie, douleur de tête, et un peu de délire, lorsque la maladie fut jugée par une crise évidente qui se fit par les sueurs. Le malade s'endormit et commença alors à transpirer ; lorsqu'il se réveilla, le pouls était presque revenu à sa frécjuence normale : la guérison fut complète. Je dois dire que je n'ai jamais vu de fièvre durer aussi longtemps que celle-là, et ([ue je n'ai janiais observé de crise parfaite passé le (juarante-deuxièine jour. Il y a quelque temps je donnais des soins au frèni derun d'entrt^ vous, ([ui avait été pris d'une fièvre grave à marche lente ; (luoiqu'il n'y eut eu aucune rémission dans le cours de sa niahulie, et que le danger fut imminent, il eut au quarante-deuxième jour une crise parfaite avec sueurs profuses : sa santé est excel I en t e au j < > n rd ' h u i .
Je revi(;ns au cas de Lynain , (jui mérite bien de fixer votre attention. Chez c^t homm(\ la fièvre parcourut toutes ses périodes sans présenter aucun signe d'inflammation viscérale, et les résultats négatifs (le l'autopsie, (jui fut faite avec le plus grand soin, apportent au médecin un enseignement utile. Ce fait n'est pas moins intéressant à un autre point (le vue ; il montre à (juel point les habitudes hygiéniques peuvent