‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 79 sur 123 · I. — 2« ÉDIT · texte numérisé non relu

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» J*ai maintenant à signaler une affection particulière du cou, que je n'avais jamais rencontrée jusqu'alors comme suite de la scarlatine, et dont j'ai observé quatre exemples dans cette épidémie :

» L — Au commencement d*août 183A, je fus mandé par mon ami le docteur Davy, pour une enfaixt de dix ans, dans Upper Baggot-street. Elle était convalescente, mais cette convalescence se faisait mal, et il y avait encore un peu de fièvre, quoique six semaines se fussent écoulées depuis rinvasion de la maladie. Cette enfant se plaignait surtout d'une douleur vive qui occupait le côlé droit du cou et de la tète, et qui, au moindre mouvement, s étendait jusqu'au vertex; elle ne pouvait soulever sa tête sanâ la soutenir de chaque côté avec ses mains ; et lorsqu'elle était hors du lit, elle cherchait instinctivement un point d'appui pour le menton. La face était déviée de telle façon que son diamètre vertical était dirigé de haut eu bas et de droite à gauche. En arrière on voyait les vertèbres cervicales inférieures former une courbe, dont la convexité était un peu à gauche de la ligne médiane; à ce niveau, les parties molles étaient le siège d'un gonflement considérable. La pression en ce point était intolérable ; la plus légère tentative de rotation de la tête causait une douleur excessive. La déglutition se faisait assez bien à cette époque, mais au début elle avait été considérablement gênée. Nous avions évidemment affaire à une tumeur blanche de l'articulation atloïdo-axoïdienne, et nous ne devions pas espérer voir disparaître la courbure. La malade fut condamnée au repos le plus complet, et soumise au traitement ordinaire de ces affections ; elle a recouvré peu à peu la santé, el elle s'est parfaitement développée; mais l'incurvation persiste.

» 11. — Dans les premiers jours du mois d'août 183/i, M. Long (de Summer-Hill) m'adressa une petite iille de sept ans, Marylnglesby, qui demeurait dans Kussell-place. Ayant été prise de scarlatine, elle avait dû rester au lit pendant quinze jours. Au bout de ce temps, elle se leva, et l'on s'aperçut alors que sa tête était déviée. Il y avait cinq semaines de cela, et les choses étaient toujours dans le même état. Cette enfant avait la figure tournée de côté; elle souffrait au niveau de la concavité de la courbe et dans le côté correspondant de la tête; elle ne pouvait supporter le moindre mouvement, ni le plus léger attouchement. Je prescrivis des sangsues et j'administrai le calomel à l'intérieur, à la dose de trois grains par jour (18 centigrammes), jusqu'à production d'une légère salivation. Dès qu'elle se manifesta, la douleur disparut, et la tête re[)rit graduellement sa position naturelle. La guérison fut

soigné par M. Long d'une scarlatine. Au treizième jour, ce nnédecin reconnut une affection semblable de la t^te et du cou, et il institua le raéme traitement qui m'avait réussi dans le cas précédent. Dès que la bouche eut été touchée par le mercure, la douleur céda, et la tête revint à la position normale. Cet enfant est aujourd'hui en parfaite santé.

D IV. — Au mois de février 1835, je me rencontrais avec M. Edgar d'Arran Quày, auprès d'un jeune enfant de six ans qui avait été atteint de scarlatine, et dont la convalescence était ditlicile; la dysphagie avait persisté, quoique toute rougeur eût disparu de la gorge. En faisant lever le petit malade, nous remarquâmes qu'il ne pouvait pas tenir la têlc droite, et qu'il présentait à un degré moindre tous les symptômes observés dans les cas précédents. On appliqua quelques sangsues; et l'on pratiqua des lotions dans le but de remédier par l'évaporation à la chaleur locale. On revint une fois ou deux aux sangsues, mais comme les accidents s'amendaient rapidement, et que l'enfant avait une légère disposition à la diarrhée, lecalomel ne fut pas employé. Au bout d'une quinzaine de jours, la télé et le cou avaient repris leurs rapports nnlurels.

» Je ne puis expliquer le développement de cette affection dans le cours de la scarlatine qu'en admettant que l'inflammation de la gorge et du pharynx s'était propagée aux parties adjacentes (1). Dans tous ces faits, la gêne de la déglutition avait été considérable et persistante. J'appelle tout particulièrement l'attention sur ce symptôme t lorsqu'il existe, c'esl un indice précieux qui rappelle au médecin la nécessité

(1) L'nrlhrite aUoïdo-axoidienne n'a pas été signalée d'une manière spéciale.

Bickerel Hush, qui ont particulièrement insisté sur la douleur et la tuméfaction des articulations, n'en font aucune mention. Sim< elWithering, qui ont observé la suppuralion des jointures, n'en parlent pas davantage. 11 y a, dans le Sammlung auerlesener AbhniuUutigen fiir praktische Aerzte {l^i}* II), un exeniplc de }n€lastasede la scarlatine vers In hanche, accident qui a produit la luxation du fômur ; mais je n'ai rien trouvé qui se r.ipporte à l'altération des j»remières vertèbres. Néanmoins les observations de M. O'Fenal ne sont qu'un cas particulier d'une règle générale; et lorsque je tiens compte de la fréquence dos douleurs articulaires dans la scarlatine {rhumatisme scarlatineuT de M. Trousrieau), lorsque je sorge que cette aflVction, limitée Je plus souvent à deux ou trois arliciilations, présente une grande tendance à se terminer par supjuiration, je suis porté à voir dans les faits précédents une détermination scarlatineuse directe, bien plutôt que l'extension de la phlegmasie pharyngienne aux parties adjacentes.

Bicker, Beschryving eener doorgaande Scharlaken-KoortSf 1778 (in Verhande^

d*eiamificr avec soin, pendant la convalescence, l'état de la colonne vertébrale. Si, en outre, l'enfant se couche plus volontiers sur un côté que sur Taptre, s'il témoigne de Tennui lorsqu'on le dérange, c'est une raison de plus pour soupçonner l'affection que j'ai signalée. »

lingen van der balaafch genootschap van Roterdam ; extrait dans Samml. aused. Abhandl. fur pràkt, Aerite, Bd. IX).

Rush, Médical inquiries and observations, Philadelphja and London, 1789.

Sims, Ôf the scarlatina anginosa as it appeared at London in the year 1786 {Mem, oflhemed. Society of London^ I).

Withering, An account of the scarlel fever anisorc'^throalj or scarlatina anginosa^

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