‹ Leçons de clinique médicale v. 1Chapitre 87 sur 123 · DE LA PÉRIODICITÉ LATENTE · texte numérisé non relu

DE LA PÉRIODICITÉ LATENTE

Selle; oe jour même il pril 5 grains à midi, et 5 le lendemain 22 avant déjeuner. Le vertige fut beaucoup moins fort. Le 23, il prit encore 5 grains de quinine le matin à jeun, et il n eut pas d'étourdissement après son déjeuner; le 26. je lui donnai encore la môme quantité^ et comme il paraissait alors parfaitement bien, le médicament fut suspendu; 11 fallut y revenir le 30 août à cause d'un léger vertige, et j'en donnai 5 grains tous les jours jusqu'au 8 septembre. L'enfant était alors complètement débarrassé de sa fièvre.

A ce moment je n'avais pas encore découvert la loi qui régit les retours des accès intermittents. L'examen de mon tableau montrait clairement que le vertige du 21 août avait été le précurseur de l'accès qui eût eu lieu le 22, si l'on n'avait pas employé le sulfate de quinine, et que Tétourdissement du 31 représentait en raccourci le paroxysme de ce jour, lequel se serait montré dans tout son développement le 3 septembre, sans l'influence de la médication. La connaissance de cette loi est de la plus haute importance, puisqu'elle nous permet de nous mettre en garde contre le retour de la maladie : lorsque les accès ont disparu depuis plusieurs semaines, nous pouvons encore indiquer au malade quels sont les jours où ils sont sujets à revenir, de sorte qu'il peut, ces jours-là, prendre ses précautions contre les causes occasionnelles des paroxysmes, telles que le froid, la fatigue, etc. (1). Il peut, en outre, pressentira quelle distance il se trouve du prochain accès, d'après l'étiU de sa santé pendant les jours périodiques. Tant que ces jours-là sont aussi bons que les jours intercalaires, la rechute est encore éloignée.

Mais revenons à notre petit malade. A l'époque à laquelle nous sommes arrivés, la fièvre paraissait beaucoup moins violente qu'auparavant; pendant les deux derniers mois, les accès avaient été relativement légers et de courte durée; de plus, le traitement avait beaucoup plus de prise sur eux. Le 8 septembre, l'enfant fut envoyé en Angleterre. Comme mesure de précaution, je lui ordonnai de conti-

(1) CcUe avait dil en parlant du traitement de la fièvre quarte : »Si febris qutevit (iiu meminis.se ejus diei convenit ; e(xjue vitare frigus^ caloretn, cvuditatem, lassitudinem. Facile enim revertitur, nisi n sano quoquc aliquandiu, titnetur. » (De medic, lib. ni, cap, %vi.) — Van Swieten a insisté sur la nécessité de distinguer avec soin la cause prédisposante de la fièvre intermittente, ti\:i cause occasionnelle des paroxysmes (loc, cit.. Il, p. 483). Je crois que cette distinction est surtout importante dans les cas semblables à celui dont parle Graves, c'est-à-dire dans ces lièvres intermittentes de longue durée, dont les accès manquent pendant un temps plus ou moins long. Alors, en effet, les causes occasionnf;lles ont une influence toute-puissante sur le retour

nuer l'usage du sulfute de quinine de la maiiièi^ suivante : prendre 5 grains quotidiennement pendant quatre jours de suite, cesser le médicament pendant les six jours 'suivants, puis recommencer de la même façon ; total, 20 grains (l'%20) tous les dix jours. Cetteméthode de traitement a produit d'abord les meilleurs résultats. Pendant plus de deux mois le malade n'a pas eu un seul accès ; il a pris de l'embonpoint et s'est parraitement développé au physique et au moral Mais juste au moment où nous croyions toucher au but, et voir se réaliser nos plus chères espérances, la fièvre est revenue, le 15 octobre au soir, après une intermission complète de soixante-quatre jours à partir du 10 août. Si vous consultez la table, vous verrez que le 15 octobre était un jour d'accès, ou pour mieux dire un jour périodique, de sorte que la maladie, cachée pendant plus de neuf semaines dans les profondeurs de l'organisme, avait continué à obéir silencieusement à la loi (lésa périodicité, et reparaissait avec une étonnante régularité à son jour paroxystique. L'accès du 15 octobre fut léger et il revint le soir; il y en eut deux autres le 18 et le 21, qui furent assez marqués, et qui eui-cnt lieu d'assez bonne heure dans la journée; le 2(i, le paroxysme fut retardé jusqu'à sept heures du soir, mais ce ne fut à vrai dire qu'un semblant de lièvre. Entre le 16 et le 28 octobre^ Tenfant prit 50 grains (3 grammes) de quinine.

Les avantages du mode de traitement que j'ai exposé tout à Theure (quinine pendant quatre jours, six jours de repos, et ainsi de suite) avaient été si évidents, qu'on revint à cette médication, et qu'on la continua pendant près de cinq mois; pendant ce temps notre garçon jouit d'une santé parfaite, et n'éprouva pas le moindre symptôme de fièvre; il prit ainsi plus de deux cents grains de sel de quinine (12 grammes). Néanmoins son impitoyable ennemi lattaqua de nouveau le 9 mars. L'accès fut très-violent et se prolongea jusqu'au 10. C'était ce jour-l«, 10 mars, qu'il eût dû revenir, d'après la période ordinaire. Ce fait toutefois ne saurait ôlre considéré comme une exception à la loi générale que j'ai établie ; car lorsque la lièvre reparaît après une longue intermission, et que l'accès occupe la fin du jour et le commencement du jour suivant, l'observation ultérieure peut seule nous faire connaître lequel de ces deux jours doit servir de baseà notre supputation. Admettons cependant que ce soit là une exception, que l'évolution de notre maladie ait été troublée, et recommençons un nouveau compte à partir du 9 mars. Ce procédé de calcul se trouve être le véritable; car deux accès manquèrent, mais il y en eut un le

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