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Lifjnidc obtenu par la fillralioii des dejeciions alci'tCd d\in cholcrifuie. 21>,I1() I '1,1 72 7,0;)8
De ^en^embIc de ces expérifnc«'>. Zimmrrinaiiii conclut a\ec juste raisun qu'il ne ^•j l'ail ])i\> une sim[)lc Irarissudalioii flu sérum en na/wredans rintcstiii.
/irnrnrrniann, /tir palholngiHhcn l'hysiologic dcr Choiera (Deutsche Klinil{, 185()
toire subit des perles considérables, et la proportion du aang doH s*abaisser quelque part. Or, il parait que ce n*est pas seulement le sang nécessaire à la sécrétion de la bile qui est en défaut, c'est enoore-cetui qui devrait fournir à la production de l'urine; dès lors, je le répète, les diurétiques sont aussi nettement indiqués que le calomel. Ces deux modes de traitement sont assurément aussi originaux l'un que l'autre, et ils seraient suivis d'un égal succès. Je n'hénte donc pas à dire que la médication par le calomel n'a pas môme le mérite d'être bien fondée en théorie, et, autant que j'ai pu en juger dans ce pays, elle n'a aucune espèce de valeur pratique dans le choléra.
Quelques mots maintenant sur les doses et le mode d'administration de l'acétate de plomb. Lorsque je l'employai pour la première fois, je le donnai à hautes doses; j'avais pour moi l'autorité du docteur Bardsley et ma propre expérience dans certaines formes de diarrhée. Hais il paraît que déjà, avant l'époque où j'ai recommandé ce médicament, il avait été employé à Thôpital des cholériquefs, dans Grangegorman-lane. Je n'eus aucune connaissance de ce fait jusqu'au moment où le docteur Cranfield publia son livre, dont j'ai rendu compte dans le sixième volume du Dublin Journal of médical science : je crois lui avoir rendu bonne et entière justice; mais auparavant j'ignorais complètement que le sel plombique eût été mis en usage à l'hôpital de Grangegormanlane, et j'étais bien en droit de l'ignorer, puisque M. M'Coy, dans son remarquable rapport sur le choléra qui a régné dans cet établissement, avance que la maladie a été traitée par les mercuriaux, et ne dit pas un mot de l'acétate de plomb. Il avait cependant été employé par un des médecins ; mais donné à trop petites doses, il n'avait pas produit d'effets bien évidents, et les autres médecins de l'hôpital ne lui avaient accordé aucune coiiliance. Quoi qu'il en soit, l'usage de ce médicament dans le choléra était inconnu des médecins et des pharmaciens de Dublin, jusqu'au jour où je l'ai conseillé. Plusieurs d'entre eux l'avaient employé en lavement, mais aucun ne l'avait fait prendre à hautes doses par la Ijouche, aucun ne l'avait signalé au monde médical. Je crois donc pouvoir revendiquer le mérite d'avoir le premier administré l'acétate de plomb à doses efficaces.
Voici quel était mon procédé. Je faisais faire douze pilules avec un scrupule (l'^',30) d'acétate de plomb et un grain d'opium (0^'',06); on donnait une de ces pilules toutes les demi-heures, jusqu'à ce que les évacuations et les vomissements de matières riziformes commençassent à diminuer. Dans tous tes cas où il restait ({uelque chance de succès à
la thérapeutique, ce remède fut suivi d'excellents etTets. Il diminuait peu à peu les selles séreuses, et arrêtait les vomissements. Or c'est là, vous le concevez, un résultat d'une extrême importance : aussi longtemps que ces évacuations épuisantes persistent, aussi longtemps que le sérum du sang est enlevé par les vaisseaux exhalants de l'intestin, quelle espérance pouvez-vous concevoir? Que pouvez- vous attendre du calomel et des stimulants, lorsque toutes les fonctions de la mu- ({ueuse digestive semblent supprimées au profit de la fonction d'exhalation ; lorsque des évacuations abondantes, qui se répètent toutes les cinq ou toutes les dix minutes, ont fait tomber le malade dans une prostration alarmante? Connaissant l'issue fatalement mortelle de tous les cas dans lesquels ces évacuations ne pouvaient être arrêtées, j'étais heureux d'avoir trouvé un remède qui paraissait plus puissant à cet égard que tous ceux qu'on avait essayés jusque-là; mon expérience ultérieure a pleinement justifié cette satisfaction.
La supériorité de l'acétate de plomb sur tous les autres astringents a été prouvée d'une façon éclatante dans la maladie de M. Parr, un des élèves de cet hôpital. Ayant été pris d'une diarrhée menaçante, à l'époque où le choléra régnait à Dublin, ce jeune homme avait eu recours à divers astringents, et il avait pris des opiacés en si grande quantité, qu'il avait été complètement narcotisé; mais les phénomènes ne s'étaient point amendés. Lorsque je le vis, il était aussi souffrant que jamais, et présentait déjà quelques signes de collapsus : je lui fis prendre les pilules d'acétate de plomb et d'opium à la dose que je vous ai indiquée, et avant la nuit la diarrhée avait cessé. Les pilules doivent être prises toutes les heures, tant que le flux intestinal reste le môme; mais lors- (ju'il commence à diminuer, il convient d'éloigner les doses du médicament, afin d'arriver peu à peu à le suspendre tout à fait. Il m'est arrivé souvent de faire prendre de cette façon UO grains d'acétate de plomb (2'^',^0) dans les vingt-quatre heures, et je n'ai jamais eu qu'à m'en louer.
En voilà assez, je suppose, sur ce sujet : si je voulais citer ici de^^ noms, il me serait facile de vous désigner plusieurs médecins de Dublin qui ont dû la vie à ce médicament. Du reste, ce mode de traitement est généralisé parmi nous, et il a complètement détrôné le calomel et l'opium. C'est pour moi, messieurs, une joie bien vive; et je ne suis pas moins heureux devoir que depuis la vulgarisation de celte méthode (elle date de l'invasion de la dernière épidémie), nous avons gagné en
autorité et en considération, et que le nombre des gucrisons a été proportionnellement plu3 élevé, s
Le meilleur procédé pour préparer ces pilules consiste à ajouter 5 ou 6 grains (0<^,36) de poudre de réglisse au scrupule d*acétate de plomb, et de lier le tout au moyen d'un mucilage de gomme arabique. Depuis que j*ai fait connaître Tefûcacité de ce traitement, il n'est pas d'année que je ne reçoive des médecins de l'Inde des lettres qui sont autant de témoignages de reconnaissance. Je regarde comme le plus préciçux de tous Tassenliment du docteur Parkes, qui a observé dans rindc, en 18^3 ei en 18^5, deux épidémies de choléra; il servait en qualité de chirurgien dans un des régiments de Sa Majesté. Voici ce qu'il dit à h page 207 de son Essai sur le choléra, dont je vous ai déjà parlé :
a De tous les astringents qui ont été employés dans le choléra, aucun ne m'a paru aussi efticace que l'acélale de plomb recommandé par le docteur Graves. Il n'arrête pas les selles dans tous les cas, mais il possède tout au moins un avantage important : donné en pilules avec l'opium, il n'augmente point rirritabililé de l'estomac, il l'apaise au contraire. J'avais l'habitude d'en donner 2 ou 3 grains (0'''',12 ou 0^^,18), avec un quart de grain d'opium (O'^'jOlS) toutes les demi-heures, pendant les deux ou trois premières heures; puis je continuais la môme dose toutes les heures, pendant un temps qui variait selon l'intensité de la maladie. Sous rinlluence de ce traitement, j'ai vu plusieurs fois les vonii.ssements être arrêtés, et les selles diminuaient ensuite. Les phénomènes d'algidilé n'étaient point du tout modifiés; mais, ainsi que je l'ai (li\jà dit, aucun remède actuellement connu n'a d'intluence sur eux : ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de les abandonner à eux-mêmes, et de courir la chance qu'ils n'atteignent pas leur complet développenjenl. Le seul accident (jue j'aie vu résulter do ces doses considérables d'acétate de plomb, c'est une gastrite subaiguë; mais c'est là un incotivénient de peu d'importance, auprès de 1 inïminence du danger; du reste, on combat aisément cette inflammation en taisant mettre quelques sangsues à l'épigastre, pendant la période de réaction. »
Permettez-moi encore une citation ; je l'emprunte au docteur Thoni, chirurgien du Sô'^ régiment, qui a rendu compte du choléra dont ce corps a été atteint à Kurrachee :
« L'acélate de plomlj à la dose de 1, 2 ou 3 grains (O^^Oô, 0^^,12 ou 0^,18), uni à un huitième de grain d'acétate de morphine (0«',007j,
a été employé pour arrêter les évacuations séreuses qui persistent quelquefois après que la réaction est établie; et dans ces circonstances ce médicament a été fort utile. En général, dans les cas où les vomissements et les selles étaient les premiers symptômes, el où le coUapsus paraissait être le résultat de ces déplétions abondantes , nous avions recours de bonne heure à ce moyen de traitemenl, et nous avions lieu de nous en applaudir (1\ »
(1) Médical Times, 1847, vol. XVI, p. 151.