DES RAPPORT» QUI UNISSENT ENTRE EIXES I.ES AFFECTIONS
DES DIWERS ORGANES.
Arthrite, hépatite et urticaire. — Les rapports de ces trois affections démontrés par les effets qui suivent Tingeslion de certains poissons. — Périostite syphilitique et hypertrophie du foie. — Observations.
Intermittence de la sécrétion biliaire. — Affections secondaires du foie dans le morbus coxœ, — Curabilité de ces affections hépatiques. — Affections du foie produites par l'abus du mercure. — Scarlatine et affection du foie. — Rapports entre les afTectioiis du cœur tt l'hypertrophie du foie.— Fièvre intermittente et affection du foie.
Rapports entre les affections de la rate et les maladies générales. — Citations de Voight et
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ses divers membres , nous élever à la conception synthétique de la phase pathologique.
J^appellerai tout d'abord votre attention sur la réunion de certains phénomènes morbides qui coïncident quelquefois avec l'inflammation des articulations. Dans le cours d'une phlegmasie articulaire, un individu est pris d'une hépatite avec ictère, et celte hépatite est suivie d'urticaire; j'ai observé déjà huit ou neuf exemples de cette série d'affections. La première fois que je l'ai rencontrée, c'était chez un gentleman deLower Mount-street ; je lui donnais des soins avec le docteur Cheyne. Après s'être exposé au froid, il avait été atteint d'une inflammation articulaire avec réaction fébrile assez marquée. Au bout de dix jours, ce malade devint subitement jaune, et un ou deux jours plus tard, une abondante éruption d'urticaire apparaissait sur le corps et sur les membres.
Quelque temps après, en 1832, je voyais les mêmes phénomènes se succéder dans le même ordre, chez un malade de Mealh Hospilal ; instruit par le cas précédent et par un fait analogue dont un de mes confrères de Baggot-street avait été lui-même le sujet, j'avertis les élèves, aussitôt que j'eus constaté l'ictère, que nous allions, selon toute probabilité, voir survenir de l'urticaire. Cette prédiction ne tarda pas à se réaliser; et je la répétai tout dernièrement avec le même succès, à propos d'un dus malades de notre service. Or, il est bien évident cju'il ne s'agit pas ici d'une coïncidence fortuite, et que ces diverses affections doivent être unies entre elles par quelque rapport de causalité. Je vous exhorte à graver ces faits dans voire esprit, parce qu'ils sont extrêmement inléressanls, même au point de vue pratique; ils permettent au médecin d'annoncer à l'avance la production et la forme de ces affections diverses, et la confiance du malade en est singulièrement accrue.
Depuis que mon attention est éveillée sur l'association de ces trois affections, j'en ai observé plusieurs autres exemples, et l'on m'en a communiqué quelques-uns. Le fait mérite cerlaii>ement d'être étudié de très près, et nous devons rechercher tout d'abord .si la physiologie et la pathologie nous tburnissent quelques données capables d'éclairer cette question, qui a été laissée dans l'ombre jusqu'ici. Or, il va bien longtemps déjà (jue les médecins connaissent l'élioile sympathie qui unit les organes digcstils et le syslèrn(î té^^umentaire, aubsi bien dans l'elat de <anlé que dans l'état de maladie. D'un autre côté, riiépalite aiguë exerce toujours une influence perturbatrice plus ou nioin^
profonde sur Testomac et l'intestin, de sorte que nous pouvons considérer l'association de cette maladie avec Turticaire comme un ensemble
de manifestations morbides, fort analogues à celles que nous observons si souvent après Tingestion dé la chair de certains poissons : id, en effet, nous avons d'abord des phénomènes graves dindigestiou, pois une éruption ortiée. Ce rapprochement est d'autant plus exact que nous voyons souvent,dans ce dernier cas, des inflammations articulaires et des douleurs rhumatismales venir s'ajouter aux troubles digestifs. Si je réussis à établir ces -prémisses, vous conviendrez sans doute avec moi que l'union de l'arthrite, des phénomènes gastro-intestinaux et de l'urticaire ne doit plus désormais être regardée oomroe une coïncidence purement fortuite, ou comme le résultat de causes indépendantes, et vous admettrez que cette série morbide dépend d'une loi déterminée et constante, laquelle préside à l'évolution uniforme et régulière de ces diverses affections.
La chair de l'anguille d'Otahiti {puhhe pirre rowte) produit après son ingestion une éruption scarlatiniforme très abondante, — probablement de l'urticaire, — suivie d'une tuméfaction suinte de tabdomen^ et d'un gonflement des mains et des pieds ; les malades éprouvent, en outre, dans les membres, de si vives douleurs, qu'ils deviennent pour ainsi dire furieux. L'usage de ce poisson comme aliment amène très rapidement la paralysie des extrémités; ce qui est également le fait de plusieurs autres espèces qui agissent sur l'économie comme de véritables poisons. Vous trouverez dans VEdinburgh médical and surgical Journal (vol. IV, p. 396), un compte rendu de l'ouvrage du docteur Cliisliolm sur les propriétés toxiques des poissons, et à propos du Murœno contjer vous pourrez lire le passage suivant : t Dans la nuit, tous ceux qui avaient mangé de ce poisson furent pris de coliques violentes et de symptômes cholériformes ; ils éprouvaient en même temps des sensations extraordinaires dans les membres inférieurs, des tressaillements convulsifs, et ils avaient des syncopes. Tous se plaignaient d'avoir dans la bouche un goût de cuivre, et de ressentir dans l'œsophage une espèce de raclement, comme si ce canal eût été excorié. Ces nègres présentèrent pendant une quinzaine de jours ces mêmes phénomènes, puis ils furent pris de paralysie des extrémités inférieures. Après quelques mois ils finirent par guérir, non sans de grandes difficultés. »
Werlhoffa vu un cas dans lequel l'usage du Gadus crglefinus ascllu!^ H produit des symptômes j^astio-intestinaux très sévères, et une érup-
RAPPORTS ENTRE LES AFFtCïlO.NS DE DIVERS ORGANES. 5^79
tioii d'urticaire. Ce fait a été cité par mon ami le docteur Autenrieth, dans un ouvrage excessivement remarquable (1). Il ajoute que l'urticaire, la diarrhée, la dysenterie et la paraplégie sont très souvent la conséquence de l'ingestion du (jray snapper. Forster a vu le Sparus pagrus amener les mêmes accidents. Je pourrais multiplier ici les citations de ce genre, mais en voilà assez, ce me semble, pour établir la réalité de mon assertion.
Vous ayant montré que les troubles digestifs sont souvent intimement unis à l'urticaire, il me reste à vous faire voir qu'une connexion seojblable existe entre l'arthrite et Thépatite, cette dernière aH'eclion constituant, dans les cas qui nous occupent, la cause des perturbations gastro-intestinales. Il n'est personne qui n'ait maintes fois constaté la fréciuence.des inflammations viscérales, pendant le coui-s des plilegmasies articulaires; en général, ce sont les tissus similaires qui sont successivement compromis ; de là la fréquence des accidents du côté du cœur et du |)éricar<le dans le cours des fièvres rhumatismales. Il l>eut aiTiver néanmoins que le viscère intéressé ne présente avec les jointures qu'une très faible analogie histologique. C'est ainsi que dans le rhumatisme et dans la goutte, l'estomac, les intestins, les poumons ou le foie, sont le siège de déterminations fréquentes ; mais aucun de ces organes n'y est plus exposé que le foie. Il n'y a rien là qui doive nous surprendre, si nous considérons les rapports intimes qui unisst»nt l'inflammation des articulations et les fonctions digestives, et si nous tenons compte de ce fait , que , dans l'immense majorité des cas , l'arthrite est précédée ou accompagnée de symptômes hépatiques et de douleurs gastriques. En fait, la plupart des médicaments dont nous reconnaissons l'efficacité dans les phlegmasies articulaires sont remar- ({uables par l'influence qu ils exercent sur les sécrétions deTinleslin et du foie. Le colchique, par exemple, agit rarement sur les jointures, avant d'avoir amené des évacuations bilieuses abondantes.
Il est une autre série d'affections qu'on observe assez fré(|uenHnent, mais dont la solidarité n'a encore été signalée, que je sache, |)ar aucun auteur. Il y a deux ans environ, j'étais consulté par un Anglais de haute naissance, qui était malade depuis fort longtemps. Tiois ans auparavant il avait contracté la syphilis ; il avait usé et abusé du mercure, s'était exposé au froid, etlinalement avait pris une périostite. Sa constitution commençait déjà à s'affaiblir; néainnoins il se remit au
mercure, et en obtint quelque soulagement ; mais bientôt il eut une rechute. Bref, après avoir subi à trois ou quatre reprises le traitemeot mercurlel, il tomba dans un état cachectique, perdit ses forces, et arriva à un amaigrissement considérable; la périostite s*était compliquée d*ostéite ; celle-ci avait abouti à une carie superficielle, et avait produit des nodus d'un mauvais caractère; ce malheureux avait eu outre uoe exfoliation des os du cràné, et il était couvert de rupia. Grâce au traite* ment que je mis en usage, ces accidents s'amendèrent graduellement; au bout d'un certain temps mon malade était revenu à la santé, il avait même repris un \ye\i d'embojipoint. Par malheur il prit froid et eut une nouvelle rechute. Pour le coup, le foie fut touché à son tour, et il s*hypertrophia ; bientôt survinrent de l'ictère et de l'ascite, et la mort fut le résultat de ces nouveaux accidents.
En somme, nous voyons ici trois périodes successives : maladie vénérienne, abus de mercure, inflammation du périoste; — exacerbation de la périostite sous l'influence du traitenient, établissement de la cachexie mercurielle ; — hypertrophie du foie. C était alors la première fois que je rencontrais cet enchaînement de phénomènes ; depuis lors j'ai observé trois faits semblables, deux dans ma pratique particulière et un à l'hôpital. Or je ne pense pas qu'il s'agisse ici d'une succession purement fortuite; je crois que ces diverses aflections sont unies par des liens de causalité, et que chacune d'elles est le résultat direct de celle qui l'a précédée. -
Mais je dois avant tout revenir sur (juelques détails du fait (|ue je vous ai rapporté. Pendant que son foie s'hyperlrophiait, le malade ne ressentait aucune douleur dans rhypochoudre droit, même sous l'influence de la -pression ; et cependant l'organe était tellement développé, que son bord inférieur descendait presque jusque dans le bassin. De plus il n'y avait pas de flèvre, et la langue resta constamment nette et humide. Je vous faisais remarquer, du reste, il y a quelques jours, qu'il ne faut point attacher trop d'importance à l'état de la langue comme signe des aflections gastro-intestinales. En même temps, les digestions continuaient à être parfaitement naturelles, autant du moins qu'on eu pouvait juger par la nature des matières alvines et leur expulsion régulière. Elles présentaient cependant une particularité sur laquelle mon attention fut appelée par le malade lui-même, qui était un homme intelligcntet observateur : le cylindre fécal était com[)os<î de plusieurs parties, dirt'éranl au point de vue de la coloration et de l'aspect; sur une longueur de deux ou trois pouces, c'était une substance pâle d'une couleur
argileuse; puis venait une portion de nriême longueur à peu près, qui présentait la coloration bilieuse ou brune des selles normales; et enfin une nouvelle masse argileuse sans aucune trace de bile. Depuis cette époque, j'ai observé plusieurs t'ois ce caractère des matières fécales, et voici la conclusion qu'il faut en tirer : dans certaines affections, le foie fonctionne, pour ainsi dire, d'une façon intermittente; pendant une certaine période de la digestion il sécrète de la bile, puis la sécrétion s'arrête pendant quelque temps, pour reparaître un peu plus tard.
Vous rencontrerez ce phénomène dans plusieurs affections hépatiques, mais c'est dans Vafjfection scrofuleuse du foie qu'il présente son maximum de fréquence. J'entends par affection scrofuleuse du foie cet état morbide dans lequel il y a augmentation du volume de l'organe, induration, sécrétion imparfaite, sans douleurs bien appréciables. Chez les enfants on observe eu même temps de la maussaderie, de l'insomuie, de l'amaigrissement et une irritabilité excessive des organes digestifs. Ces petits malades prennent, comme on dit, un gros ventre, ils se plaignent d'une soif vive, ils ont de la lièvre et ils s'affaiblissent. On donne souvent à cet état le nom de fièvre rémittente; on y voit une maladie des glandes mésentériques; mais, selon moi, c'est à tort. Il n'y a là qu'une forme particulière de cette cachexie qu'amène la diathèse scrofuleuse; tout on affectant d'une façon générale la nutrition et les sécrétions, elle intéresse plus spécialement ici les fonctions digestives et l'appareil biliaire. Il serait complètement inexact de croire que le foie est le point de départ de tous les phénomènes morbides; il r.'st affecté en commun avec d'autres organes, et cette détermination constitue simplement un des-éléments particuliers du groupe symptomatologi{|ue(l ;.
Dans celte tbrme de cachexie scrofuleuse, les fonctions du foie présentent souvent les caractères dont je vous ai parlé; et si vous examinez les selles luiuides de ces entants, vous trouverez qu'une portion est colorée par de la bile, tandis qu'une autre a la teinte de l'argile; ou bien les matières alvines seront jaunes un jour et décolorées le lendemain, selon que la sécrétion hépatique sera active ou suspendue. Mais je vous le répète, messieurs, le foie n'est qu'un des organes affectés par une même cachexie générale; si nous pouvions apprécier aussi fiicileinent les modifications des autres sécrétions, il est très probable que
(1) Il n'est pa^ besoin, je ponso, do f.nre remarquer la dislinctioii très nette qur (iravns pose iri fnlre la maladie et VafJ'eclinn : le lecteur a (l»'jà pu apprécier eu maint»' occasion la «aj^esse, la rectitude des idées de l'auteur en matière de pathologie ^t'-wrajp. (Notf» du Trad.)
nous y trouverions aussi des preuves évidentes de l'influence morbide qui se fait sentir sur toute l'économie.
Les choses étant ainsi, il est bien clair que vous ne réussirez pas à guérir cette affection du foie par le -calome! , ou par les autres prépa* rations merctirielles. Beaucoup de ces médecins dont la pratique ii*e8l autre chose qu'une routine inintelligente, commencent par examiner en pareil cas les caractères des évacuations alvines, puis, sans s'occuper d'autre chose que de la décoloration, ils prescrivent aussitôt le caloroel, et ordonnent d'en continuer l'usage jusqu'à ce que la sécrétion du foie soit rétablie; ils oublient malheureusement quo ces troubles de la sécrétion biliaire sonf sous la dé[)endance de l'état généraf, et que l'absence de la bile est la conséquence et' non point la cause de la maladie. Que fera le calomel , puisque la plupart des organes sont compromis? En admettant même qu'il rétablisse momentanément les fonctions du foie, pourra-t-il le raniener à son état normal? pourra-t-il guérir la maladie? C'est dans un tout autre ordre d'idées qu'il faut puiser les indications du traitement : cherchez à rétoblir les sécrétions (celle du foie comme celle des autres glandes) par le changement d'air, par un régime convenable, par l'exercice, par les bains tièdes ou froids; mais, avant tout, instituez une médication capable de modifier l'état général, qui est le point de départ de tous les autres phénomènes.
L'observation de ces faits a éveillé mon attention sur les phénomènes analogues, que présentent les individus dont la constitution a été modifiée par le mercure. Un grand nombre de malades syphilitiques, usant du mercure sans aucune réserve, tombent bientôt dans un état particulier qu'on désigne sous le nom de cachexie mercurielle, et qui offre les plus grands rapports avec la cachexie scrofuleuse : amaigrissement, perversion de la nutrition, irritabilité, mouvements fét>riles, affections de la peau, des glandes et du périoste. Dans les deux cas, ce sont les mêmes organes, les mêmes tissus qui sont touchés. Par là nous pouvons nous rendre compte des horribles ravages (jue produit la vérole compliquée de cachexie mercurielle (1).
Vous rencontrerez fréquemment cette affection secondaire du foie, dans des cas de coxalgie, chez les sujets qui souffrent depuis des années d'une suppuration de la jointure. Tandis que le foie augmente rapidement de volume, le développement du reste du corps est arrêté, et l'amaigrissement atteint bientôt ses dernières limites.
(i) Cette importante quesliori est traitée inexlenan dans le deuxième volume. Graves ■A roiisacn'î quatre leçons à l'étude de la syphilis. (Note du Trad.)
Ui) mot, messieurs, sur lacurabilUé de ces niïections hépatiques. Je les regarde comme étant toujours graves; cependant les individus d'une bonne constitution et d'une trentaine d'années guérissent le plus souvent, s'ils sont soumis à un traitement judicieux et bien dirigé. Il y a quelques mois, j'étais mandé avec sir Henry Harsh auprès d'un jeune homme que l'abus du mercure avait rendu malade. Il était fort amaigri, et présentait une hypertrophie considérable du foie avec un commencement d'ascite. Il avait en outre une congestion sanguine vers l'intestin, de la diarrhée et des hémorrhoïdes. Sous l'influence d'une vie parfaitement régulière et du changement d'air, grâce à L'emploi du taraxacum, de la ciguë et de l'iodure de potassium, il finit par guérir; mais ce ne fut qu'au bout de deux ans de souffrances, et le foie avait fini par acquérir des proportions énormes. Ce jeune homme, qui est âgé de vingt-quatre ans, est aujourd'hui en bonne santé, et le foie est revenu presque complètement à ses dimensions normales.
Chez ce malade j'aiobservé une particularitéquimérited'ètre signalée. 11 fut pris tout à coup d'un purpura à forme papuleuse, qui lui causait beaucoup de picotements et de démangeaisons; c'était en un mot le purpura urticans. Cette éruption devenait très douloureuse pendant la nuit, et comme il y eut plusieurs poussées successives, elle dura pendant un mois entier. Elle occupait les membres, mais elle était plus abondante sur les membres inférieurs. Ce jeune homme portait à la jambe gauche un bandage destiné à contenir des vaj'ices : or l'éruption respecta les parties soumises à la pression du bandage, quoiqu'elle fût très cx)nflucnte dans tout le voisinage.
Selon moi, cette hypertrophie du foie est entièrement sous la dépendance de l'état cachectique de l'économie; cette manière de voir que je crois parfaitement fondée est la base de mon argumentation. Or, il est bien singulier que ce même état cachectique, qui amène l'rmaciation et le dépérissement de tout le corps, produise au contmire une augmentation (le volume dans certains organes. Nous observons donc ici une consomption générale, accompagnée d'une nutrition exagérée sur quelques points: c'est là le fait général. Dans l'interprétation (jue je vous ai fait connaître, je vous ai présenté Thypertropliie du foie comme le résultat d'une cachexie générale, et vous ne devez pas oublier que relie ci peut être amenée par l'administration inopportune ou exagérée du mercure. A ce point de vue, il faut bien reconnaître que nous fournissons des armes contre nous aux fauteurs de l'homu^opathie, puisque l'usage immodéré des mercuriaux peut «levenii' la cause de lésions
liépatiques. Ce fait a déjà été signalé par Hewsoi) aux élèves qui suivaient son service dans Lock Hospital. C'était alors la coutume de donner toujours le mercure jusqu'à salivation, et de maintenir l'économie dans cet état anomal pendant un mois ou deux ; or, il arrivait souvent qu'à la fin. du traitement mercuriel, le patient présentait les premiers signes d'une affection du foie. Si j'aimais à faire des théories, je pourrais imaginer ici quelque hypothèse plus ou moins fantasque, vous parier de l'action excitante que"" le mercure exerce sur le foie, et rapporter à cette excitation Thypertrophie consécutive; mais je préfère me contenter aujourd'hui de constater le fait, et j'en abandomie volontiers l'explication à mes jeunes confrères; car, en fait de théorie, ils me semblent beaucoup plus habiles que leurs aînés (1).
« Mais il est d'autres états morbides qui ont aussi pour conséquence
une affection du foie. Je vous signalerai d'abord la scarlatirie : ceux de
vous qui ont suivi notre service pendant le mois passé, ont pu voir
plusieurs exemples de ce fait. La semaine dernière encore, nous avons
observé deux malades qui, dans le cours d'une scarlatine, ont été pris
d'ictère et de symptômes hépatiques. L'un de ces malades était un
jeune garçon dont la scarlatine avait été très sévère; la fièvre avait été
ardente, et l'éruption avait présenté des caractères très remarquables :
peu d'heures après la première apparition de Texanthème, toute la
surface cutanée présentait une couleur d'un rouge brillant; la peau
semblait avoir été uniformément peinte, et il n'y avait pas une seule
tache isolée. Dans les cas de ce genre, la violence de l'inflammation
cutanée suffit pour tuer, sans autre complication fâcheuse, et il est
rare que le malade vive plus de trois ou quatre jours. Dans le fait actuel
vous avez vu que 1 epiderme s'est détaché tout entier; deux jours après,
et c'est là le point sur le(|uel j'appelle en ce moment votre attention,
ce garçon présentait des symptômes évidents d'une atfection du foie
(1) Le docteur Overbeck, dans ses remarquables expériences sur les animaux, a observé constamment l'hypérémie du foie parmi les altérations consécutives à Thydrargyrose : « Dans ces cas, dit -il, le microscope ne révélait aucune modification du parenchyme hépatique, dont les cellules étaient normales ; l'accumulation du sangf, et Taugmentation de la sécrétion biliaire qui en est la conséquence, constituent les seuls changements appréciables dans la disposition et dans le fonctionnement de l'organe. » D'un autre côté, les recherches d'Hermann nous ont appris que les ouvriers d'Idria sont très sujets aux affections du fuie.
Overbeck, Merctir und Syphilis. Berlin, 1801. — Hermann , Viener médis. Wochen'ichr,, 4858. ^Nolo du Tr *!>.')
avec hypertrophie. Dans la môme salle, un jeune homme avait eu une scarlatine plus légère; au troisième jour il fut pris d'hépatite, mais il guérit sous Tinfluence d'un traitement antiphlogistique général et local.
Dans une de nos leçons précédentes, je vous ai dit que la fièvre scarlatine est une des maladies qui laissent le plus souvent après elles des suites fâcheuses. 11 arrive souvent que des malades complètement guéris de leur pyrexie exanthémateusejestent néanmoins plongés dans un état de souffrance; ils ne dorment pas, ils ont un petit mouvement de fièvre vers le soir, leur pouls est bondissant et saccadé, leur peau reste chaude; puis surviennent des troubles digestifs, la sécrétion urinaire diminue, et finalement l'hydropisie apparaît. Frappé de ce que j'avais vu, soit à l'hôpital, soit dans ma clientèle, j'avais mon attention portée du côté du foie, et je ne négligeais jamais d'examiner complètement cet organe, lorsque j'avais affaire à ce groupe de symptômes qui sont désignés sous le nom de suites de la scarlatine [sequelœ of scarlatina) . Or, dans un grand nombre de cas, j'ai constaté que le foie était atteint d'une inflammation d'un caractère chronique, laquelle ne se révélait point par cette douleur excessive qui appartient à l'hépatite aiguë. L'organe n'en était pas moins réellement enflammé, ce que prouvait assez l'efficacité des moyens antiphlogistiques locaux. Cet état du foie paraissait relarder la convalescence.
H n'y a pas bien longtemps, un de mes amis, médecin très distingué,
est mauvais, la soif est vive, Turine devient rare. Examinez ces individus, et vous trouverez une hépatite chronique qui entretient la fièvre et empêche la guérison. Ce fait est, à mes yeux, d'une extrême impor* tance, et je désire vivement que vous ne le perdiez pas de vue; car les auteurs qui ont écrit sur la scarlatine, et je parle des plus modernes, l'ont entièrement passé sous silence, ou ne lui ont accordé qu'une men* tion tout à fait insuffisante.
II est un autre organe dont les affections retentissent fort souvent sur le foie : cet organe, c'est le c^ur. Ici la lésion du foie n'a plus son point de départ comme précédemment dans un état de cachexie géi^éraie, elle a son origine dans l'état anomal du cœur. Vous pouvez voir actuellement, dans notre salle des chroniques, un exemple très frappant de cet enchaînement de phénomènes : c'est un pauvre homme tourmenté par une ancienne bronchite, et qui ^)résente aujourd'hui^ avec une affection cardiaque, une hypertrophié du foie et une hydropisie. II est souvent difficile, dans ce groupe pathologique, de déterminer quel est l'organe qui a été le premier anneau de la chaîne morbide; lorsqu'en effet plusieurs affections coexistent, ce n'est pas chose aisée que de démêler la modalité de leurs rapports. Il m'est arrivé plusieurs fois cependant de suivre la marche de la maladie dès son début, et d'être témoin de l'évolution successive des diverses manifestations organiques.
Il y a quelque temps, j'ai observé cette forme d'affection hépatique chez un jeune garçon de ma famille : cet enfant, âgé de quatorze ans, s'était exposé au froid, et il avait été pris d'un rhumatisme articulaire très violent. N'ayant pas été attaquée dès le début, la maladie marcha tout à son aise, et une métastase eut lieu sur le péricarde (1). Par malheur j'étais absent à ce moment-là, et je ne pus voir ce garçon que vingt-quatre heures plus tard. 11 avait une péricardite très grave avec épancheraent; il présentait en outre tous les symptômes et tous les signes physiques de la cardite; il ne dut la vie qu'à un traitement extrêmement énergique. Après la disparition des phénomènes a|gus, je constatais les signes de l'adhérence du péricarde, de l'hypertrophie du cœur et d'une lésion valvulaire; pendant fort longtemps l'action du cœur fut invariablement accompagnée d'un bruit de soufflet éclatant ; il y avait en outre des palpitations et de la dyspnée. Mais ce n'est pas
(1) Voyez la note de la page 554.
tout. Ce jeune garçon était pris un peu plus tard d'une inflammation (lu testicule, et fmalement il eut une hépatite chronique avec hyper* trophie. Le foie augmenta de volume pendant près de sept mois, et rhépatite persista plus d'une année. Le traitement tinit par triompher de tous ces accidents, et le malade guérit complètement.
C'était là, sans contredit, une terminaison inespérée ; mais chez les jeunes gens, la nature est toute-puissante pour combattre les maladies, et chez eux on obtient souvent des guérisons qu'il serait parfaitement absurde d'attendre chez les personnes avancées en âge. Et de fait, après avoir supporté une longue série d'affections graves, après être resté malade pendant près de cinq ^innées, ce garçon, grâce à sa jeunesse et à sa bonne constitution, a traversé victorieusement tous ces périls, et il est aujourd'hui aussi fort, aussi bien portant que qui ce soit au monde. Chez lui, Thépatite chronique était le résultat de la péricardite qui avait été le premier anneau de la chaîne, et celle affection du foie, conséquence d'une détermination morbide qui avait débuté par le cœur, dura plus d'une année. 11 faut que vous le sachiez, messieurs, vous observerez très fréquemment la série ainsi constituée : péricardite avec inflammation de la jnembrane interne, altération partielle des valvules, hypertrophie de la substance musculaire du cœur, et consécutivement hypertrophie et induration du foie.
Ce sujet mérite toute votre attention. Lorsque vous voyez un de ces individus dont l'aspect extérieur sutht à lui seul pour révéler au médecin observateur l'existence d'une affection du cœur, un de ces malades qui ont la figure enttée,^ les lèvres livides, la respiration difficile et les vaisseaux superficiels très développés, vous ne devez jamais omettre d'examiner l'état du foie, et bien souvent vous constaterez qu'il est le siège d'une phlegmasie chronique. Il n'y a pas longtemps, je signalais cette coïncidence aux médecins qui donnaient des >oins à M. iM..., un chirurgien dont nous déplorons Ja perte; aucun d'eux n'avait soupçonné l'existence d'urje affection du foie. Souvenez-vous donc que dans la plupart de cas de maladies du cœur, vous trouverez le foie alt^M'é, et autant que j'en puis juger, l'altération du foie est toujours consécutive; je n'ai du moins observé aucun cas dans lequel l'ordre dfs phénomènes fût renversé. Chez M. M.., par exemple, et dans plusieurs autres faits que j'ai pu suivre dès leur début, je suis certain que la lésion du foie était secondaire, et que la
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convaincu quele Foie peutdevenir la cause de perturbations cardiaques; car tout ce qui modifie les sécrétions, tout ce qui trouble la digestion, donne lieu à des palpitations, à des lipothymies, et à d'autres désordres fonctionnels de Torgane centraF de la circulation, ; mais je n'ai pas rencontré un seul exemple d'affecfion organique d u. cœur a^ant succédé à une altération du foie. -
Vous comprenez, je pense, Timportance de ces données. Dans le traitement de raiïection cardiaque, vous devez aussi prendre en considération la lésion du foie, parce qu'elle aggrave et entretient la première. Vous ne devez pas vous attendre ù trouver une hépatite aiguë, ni môme une inflammation subaigué. A peine existe-t-il un peu de douleur, un peu de sensibilité dans Thypochondre, et Tictère n'est pas constant: c'est une simple congestion qui aboutit lentement au développement anomal et à l'hypertrophie de l'organe. Du reste je ne puis m'expliquer sur ce point d'une façon très positive, car la différence entre l'hypertrophie et l'inflammation lente n'est pas facilement saisissable (i). Je suis heureux de penser (|ue ce sujet a été étudié par un observateur des plus habiles , par le docteur Bright , qui a publié un excellent travail sur la corrélation des affections du cœur et de la congestion du foie.
Il est une autre maladie qui réagit très ordinairement sur le foie, c'est la fièvre intermittente; si je vous en parle ici, c'est simplement pour ne pas laisser de lacune, car cette affection consécutive est bien connue des médecins, et vous la trouverez signalée dans tous vos livres. La fièvre palustre produit une détermination violente vers les organes internes, surtout vers le foie et vers la rate, et si elle n'est pas promptement et heureusement combattue, elle est très susceptible de donner lieu à une lésion du foie. L'organe reste habituellement congestionné, il s'hypertrophie et s'indure, et présente alors un état fort analogue à
(1) Cette différence est encore moins saisissable aujourd'hui, du moins au point de vue pathogénique. Si l'on tient compte en effet des travaux les plus récents sur l'inflammation, on sera nécessairement amené à se poser cette autre question : Existe-t-il une différence réelle entre le processus nulritif anomal qui conduit à rhypertrophie, et le processus inflammatoire? l-e premier n'est-il pas plutôt l'une des formes du second ?
Voyez Paget, Lectures on nutrition, hypertrophy avd alrophy. London, 1847.— Virdiow, Path. und Thérapie, 1, 18r»4, et Pathol cellulaire, Paris, 1861.— Rokilansky,
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celui qui succède aux affections du cœur, et à la cachexie scrofuleuse ou mercurielle (1).
Je dois maintenaul vous dire quelques mots des altéi*ations organiques lie la rate. 11^ est très avantageuse de rapprocher les affections connexes afin de pouvoir les comparer entre elles, car on arrive souvejit ainsi à saisir des analogies fort utiles. De plus, nous avions dans notre service un exemple remarquable d'hypertrophie splénique, au moment même où nous observions les affections du foie dont je viens de vous entretenir.
Les circonstances au milieu desquelles nous voyons survenir Tauginentalion de volume de la rate diffèrent sous plusieurs rapports de celles qui déterminent l'hypertrophie du foie. Les exemples d'inflammation splénique franche sont fort rares, tandis que nous, observons souvent la conj^estion et l'accroissement de Torgane. En raison même de sa structure anatomique, la rate est tout particulièrement exposée à augmenter soudainement de volume. Comme le foie , elle peut, sous l'influence de la fièvre intermittente ou de quelque autre maladie générale, s'hypertrophier et s'indurer, et devenir ainsi le point de départ de phénomènes morbides secondaires, dont le plus remarquable est l'hydropisie (2). Mais Thypertrophie splénique présente en outre un symptôme tout spécial sur lequel j'ai déjà plusieurs fois appelé Votre attention, et que l'on rencontre au moins dans les deux tiers (les cas. Le malade qui est actuellement dans nos salles vous en otfre un excellent spécimen.
L'histoire de ce symptôme est d'autant plus h)téressante qu'elle vient nous démontrer la parfaite uniformité des phénomènes morbides, à des
(1) Hermann (Wien, med. \\ ûchenschrifl, 1858) a signale la dégénérescence ainyloïde du foie {die Speckleber) parmi les lésions que détermine la cachexie mercurielle ; mais Overbeck {loc. cit.) ne l'a jamais rencontrée chez les animaux qu'il mettait vu expérience; il fait remarquer en outre (juc la transformation amyloïde suppisc un travail formateur, ou du moins un exsudât 5usce/;/j6/e (/e coagulation^ et que ces conditions sont incompatibles avec les propriétés anliplasUques des mercuriaux. L'argument n'est peut-êlre pas sans réplique ; car en admettiuU même qu'il s'agisse i«i d'un exsudai, rien ne prouve que ce produit, qui e>t une déviation évidente du type normal iecotinai>^(: pour cause un Irav.iil formateur. Si donc rinilucnce de riivtirargyiose j^ur la dcgénrresccnce amyloïde du foie n'est pas démontrée, la question tout au njoins ne peut pas encore être résolue [»ar la néj;ative ; ce qu'il y a de certain, c'est que celle lésion, qu'elle portât sur le foie, sur les reins on sur la rate, n'a été rencontrée jusqu'ici que sur dos individus prolongement cachectiques. (Note du Trad.)
époques excessivement éloignées. Etudiez dans le Britùh and fareign médical Revieto l'analyse de l'excellent ouvrage de Voight 8ur la rate; comparez les descriptions les plus récentes de la splénitc indienne avec celles que nous a laissées Arétée, et vous pourresi juger de rexactitude de mon assertion. Certes, les anciens ne doivent pas. être considérés comme des oracles en pathologie et en pratique, car ils ignoraient une Foule de faits importants qui se rattachent à Tétude de la san^ et de la maladie; ils n'avaient aucunes notions anatomiques exactes, de sorte qu'ils ne pouvaient apprécier et décrire les lésions doot la connaissance constitue l'anatomie pathologique ; néanmoins îears écrits sont d'une valeur inestimable, parce qu'ils contiennent d'admirables tableaux des maladies qui frappent encore aujourd'hui l'espèce humaine, parce qu'ils nous font connaître la solidarité de certains phénomènes, dont nous constatons à notre tour l'association. Il est aussi curieux qu'instructif de comparer les descriptions des anciens avec celles des auteurs modernes ; si nous arrivons à constater par là que dans toute la série des siècles, certaines maladies ont entraîné des déterminations secondaires vers les organes plus ou moins éloignés^ nous serons pleinement autorisés à ))e pas regarder cette connexion comme fortuite, et nous pourrons ainsi découvrir des rapports intéressants entre des organes que l'on regarde généralement comme tout à fait indépendants. ,
Il y a trois ans, j'avais dans mon service trois malades atteints d'une hypertrophie chronique de la rate ; tous les trois étaient dans le même état cachectique, tous les trois présentaient la même affection cutanée, à savoir, des ulcérations superficielles sur Ic^ jambes. Cette coïncidence devait forcément attirer mon attention, et je restai frappé d'étonnement en voyant qu'Arétée l'avait signalée dans son admirable description de la splénite.
Ecoutez ce qu'il dit à ce sujet : a Si la rate ne suppure pas, et devient le siège d'une augmentation de volume permanente, alors les malades perdent l'appétit, ils devieiment cachectiques, ils sont enflés; leur teint n'est plus naturel ; enfin ils présentent une disposition remarquable à l'ulcération, disposition qui est surtout appréciable sur les jambes; ces ulcères sont déprimés, ronds, livides, sanieux et d'une guérison très difficile (1). » Ce tableau se rapporte exactement aux malades dont je vous parlais tout à l'heure, et il présente une similitude parfaite avec
(I) Qu'on ajoute à ce tableau raliération spéciale du sang; ne reirouvera-t-on pas alors dans cette description d'Arclée l'affection leucocythémique? (Note du ThaD.)
la description que nous a donnée le docteur Voight de la splénite chronique qu'on observe dans Tlnde. 11 nous dit en effet que la splénalgie du Bengale se révèle souvent par une tendance à Tufcération, et que cette disposition est parfois si marquée, que les piqûres de sangsues et les vésicatoires deviennent le point de départ d'ulcères sordides ou phagédéniques ; dans certains cas, surtout si le malade a pris du mercure ou s*il habite un district marécageux, ces ulcères finissent par causer la mort. De plus, et ce n'est pas là le trait le moins remarquable, les causes indiquées par Voight comme prédisposant à l'hypertrophie chronique de la rate sont précisément celles qu'avait tait connaître Arétée; les deux écrivains sont parfaitement d'accord, soit quant à l'influence de l'âge et du régime, soit quant aux conditions de localités et de saisons. Une telle concordance entré deux auteurs qui sont séparés par une longue suite de siècles, qui ont observa la maladie dans des contrées toutes dilTérentes et sur des races dissemblables, est un fait extrêmement curieux ; il nous démontre i'identilé, dans tous les temps et dans tous les lieux, des phénomènes morbides produits par une même cause.
D'après tous les faits dont je viens de vous entretenir, vous devez comprendre, messieurs, combien il est utile au médecin de connaître exactement les rapports qui existent entre les affections des différents organes ; celte connaissance, qui est pour la thérapeutique une source d'indications précises, rend en outre le pronostic beaucoup plus facile. Terrain nouveau à explorer, ce sujet exige encore bien des recherches ^ mais pour être utiles, il faut que ces recherches soient fondées sur un grand nombre de faits bien observés^ et c'est ce qui fait la difficulté de cette étude.