‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 106 sur 254 · INFLUENCE DES DIATHÈSES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES DIATHÈSES

goutte ou de rhumatisme^ on rencontre prématurément aussi les lésions de l'endartérite chronique.

Tous les observateurs ont signalé la fréquence, la généralisation et Tapparition prématurée de Tathérome artériel dans la goutte et le rhumatisme. Dans la grande majorité des cas, où M. N. Guéneau de Mussy a rencontré cette lésion chez des sujets encore jeunes, ceux-ci avaient subi des attaques antérieures de goutte ou de rhumatisme, ou avaient été exposés aux causes productrices de ces maladies, ou enfin étaient de race diathésique, c'est-à-dire que leurs ascendants avaient présenté des manifestations goutteuses ou rhumatismales.

C'est toujours la môme chose : endartère de mauvaise qualité, faible résistance aux causes physiques d'altération, usure prématurée, môme sans attaque apparente de la diathèse chez ceux qui sont de race diathésique.

On a trouvé encore les lésions de l'endartérite chronique chez les syphilitiques^ les saturnins^ et en général chez tous les individus dont la constitution a subi de profondes altérations par le fait d'une maladie générale. Vous comprenez facilement, en effet, qu'au milieu de cette débilitation de l'ensemble organique, les tissus les moins richement organisés s'altéreront et le plus vite et au plus haut degré ; or parmi ces tissus se trouve l'endartèrc. Je n'insiste pas.

Et ce qui prouve bien qu'une môme cause générale peut frapper des tissus analogues, c'est le cas de la jeune malade du n» 9. Chez elle le lymphatisme s'est simultanément exprimé par ses deux modalités nosologiques habituelles : la scrofule et le rhumatisme, La scrofule s*est manifestée par une kératite ulcéreuse et le rhumatisme par un eczéma lichénoïde de la main droite, absolument rebelle. Eh bien, la kératite a débuté à l'âge de doux ans et a duré plusieurs années avec une intensité telle que la malade dit « avoir été aveugle pendant trois ans », ce qui signifie, métaphoriquement, que la photophobie était considérable. Or cctio jcMme fille, qui n'a que vitigt et un ans, présente les signes incontestables d'un rétrécisHcment aortique (et non do l'anémie pure et simple) : bruit do souffio rude, rApeux, au premier temps et sus-mamelonnaire ; petitesse et dureté du pouls.

qui présente le plateau athéromateux au sphygmographe, ainsi que le démontre ce tracé (fig. 27) ; dilatation de l'aorte, qui donne 5 centimètres et demi de matité à sa base au lieu de 4, et enfin, ce qui indique que la lésion s'est propagée de l'endartère à toutes les tuniques de l'aorte, douleur rétro-sternale spontanée et à la pression, symptomatique de la névrite du plexus cardiaque. Mais ces douleurs, qui augmentent d'année en année, la malade les a ressenties dès l'âge de cinq ans, de sorte que je ne doute

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pas que, en même temps que sa kératite, inflammation d'un tissu épithélial, elle n'ait eu une endartérite, inflammation d'un autre tissu épithélial; et la maladie de l'endartère a mis trois ans à se propager à toutes les tuniques de l'aorte, puisque les douleurs de la névrite cardiaque ne se sont manifestées qu'à l'âge de cinq ans.

Le cas de cette jeune fille est particulièrement significatif, en ce sens, d'une part, qu'il vous permet de comprendre ces lésions artérielles athéromateuses prématurément observées chez de jeunes sujets (et qui sont-le fait alors d'une inflammation diathésique, scrofuleuse chez notre malade, arthritique chez tel autre); en ce sens, d'autre part, que cette jeune fille présente les signes d'une névrite incontestable du plexus cardiaque, et que vous pouvez en induire qu'elle aura plus tard les symptômes complets de l'angine de poitrine, quand la lésion se sera propagée, comme il est habituel en pareil cas, jusqu'au nerf phréniqua par l'intermédiaire du péricarde (i). Cette lésion, c'est une inflammation chronique qui, de l'endartère, s'est étendue à tout le voisinage ; après avoir été vraisemblablement aiguë à son début. Mais y a-t-il une endartérite aiguë, et quelles en sont les lésions?

Ce sera, avec d'autres questions, le sujet de la leçon prochaine.

(1) Voir, pour les développements et les preuves analomiqucs, les leçons sur V Angine de poitrine.

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