‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 110 sur 254 · CONSÉQUENCES SUR U NUTRITION · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES SUR U NUTRITION

et de Tendocarde, de sorte que l'hypertrophié du cœur avait une double origine.

Mais quand ce sont les petites artères ou artères nourricières qui sont altérées, il en peut résulter pour la région qu'elles desservent — ou plutôt qu'elles ne desservent plus — des troubles de nutrition dont la gangrène, Vuîcération ou le ramollissement sont la conséquence.

Les auteurs ont attribué la gangrène spontanée ou sénile à l'ossification artérielle, et tel peut être, en effet, le résultat de cette lésion, mais surtout si l'altération a envahi les petites divisions arlérielles, qui sont par excellence les vaisseaux nourriciers. CruveUhier a fait observer avec raison que, a si l'ossification ou pétrification n'a en général aucune conséquence fâcheuse quant à la circulation des grosses et des moyennes artères, elle peut devenir une cause directe et complète d'obturation pour les petites. » Quand il y a oblitération artérielle, la gangrène va de soi ; mais, dit judicieusement Raynaud, « il paraît difficile de révoquer en doute les observations de gangrène spontanée où l'ossification est signalée comme unique lésion, » c'est-à-dire sans oblitération artérielle par coagulation. Dans ces cas il faut admettre que le trouble de la nutrition a eu lieu par perturbation fonctionnelle des petits vaisseaux lésés, lesquels sont les vaisseaux répartiteurs intelligents du liquide nutritif, dont les grosses artères ne sont que les canaux vecteurs indifférents. Maintenant pourquoi tous ceux qui ont des altérations calcaires des artères périphériques n'ont-ils pas de gangrène spontanée ou sénile ? C'est vraisemblablement qu'il faut encore à un pareil accident quelque cause déterminante intrinsèque ou extrinsèque, telle qu'une émotion déprimante, une alimentation insuffisante ou l'action du froid extérieur.

C'est également à un trouble de la nutrition par lésion artérielle que Péan a attribué le mal perforant du pied, mal progressivement destructeur, dont la cause provocatrice a bien pu être la pression, mais qui n'en continue pas moins ses ravages locaux, une fois le branle morbide donné, et alors que toute pression a été supprimée ; ce qui tend à démontrer la persistance de la cause première, qui est un trouble de la nutrition.

399 ENDARTÉBÏTB ET DÉGÉNÉBESCpNCp? APT^HIELLES.

C'eçt encore par suite d'un trouble flprn^anent dp la nutrition, dérivant de l'altération athéroraateuse des vaisseaux de la région, que se développent et persistent indéfiniment ces eczémas de la partie inférieure de la jambe ou du cou-de-pied chez les vieillards; pczémas absolument rebelles, qui deviennent parfois comme cal- Jeux ^\i cou-de-pied, suintent tfès-peu abondamment, et sont le siège d'une cruelle démangeaison. J'ai vu, che*z une fepinae de qiiatfe-vipgt-deux ans, la môme lésjon vasculaire, la dégénérescence athéroma^o-calcaife des artères de la jarpbe, ^près avoir produit ppi)daT)t de longues années l'eczéma rebelle dqnt JQ P^rje^ terminer l'existence par )4 gangrène spontanée du membre,

A côté de CQs faits de gapgrène et d'ulcération. Je placerai le f^it ieph(egmon diffus que nous a présenté le ma}^fle du n"* 4 de J^ §alle Saipt-Clj^rles. Dans ce cas, par une inductipp qui n'était pas sans audace, je n'ai pas ^ésité à attribuer le développement du phlegmon à upe altération atbéromateuse des artères du njem- J)re. Le malade succomba comme il avait été prévu, et voici ce gu'pn trouva à l'autopsie :

f( Au ppint d'union de la valvule mitrale avec le contour flbrpux de l'aorte, dit M. Ghoyau, qui avait bien voulu faire ces rpcbepches, on trouvait un épaississement dur, jaunâtre, d'une ^tend^e de 1 centimètre carré environ. Dans l'aorte, quelqups plaques d'alhérorae au nombre de cinq ou six seulement, depuis son origine jusqu'à sa terminaison, l^ais, à parj^ir de ce point, depuis nii^que primitive droite jusqu'aux tibiales antérieqre et postérieure, les lésions de l'endartérite existaient au plus baift degré, et elles étaient d'autant plus manifestes que l'on approcl^ait du siège du phlegmon de la jambe. La poplitée et la partie supérieure des deux tibiales ne possèdent plus pour unique ipteme et moyenne qu'une plaque calcaire continue et directement Qi) rapport avec le sang ; aussi ces vaisseaux sont-ils convertis en de véritables tuyaux rigides. La tunique externe de ces mômes vaisseaux n'offre ni rougeur ni épaississement qui puisse faire soupçonner une périarlérite, môme au milieu des parties molles de la jambe, qui sont converties en un détritus sanieux, fétide et noirâtre. Il est de toute impossibilité de pom^uivre au-delà du tiers supérieur de la jambe les branches de division de la poplitée.

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