CONSÉQUENCES SUR LA NUTRITION
les Vaisseaux se confondant à ce niveau avec la masse pWegmoneuse ramollie. J^'artère pédieuse jie peut être recpnpqe. Les veines sous-cut^nées du membre inférieur droit sont var^gneiises, et la saphène interne, puverte dans la plus grande partie dp §pn étendue, est épaissie, dilatée, et présente çà et là des ampoiiles du volume d'une petite noisette. l»es veines sous-cutanées et profondes n'pffraient aucune apparence de phlébite, et ne rpnfermaiept point de pus dans leur cavité. »
Yoici mîfintenant les raisons de mon diagnostic aventurpu^ : pet Ifon^fpe de quarante-six ans avait un cercle sénile aussi prononcé que je l'aie jamais vu chez un homme de soixante-dJ:|c jfi)s. Spp y\^SP était d'ailleurs sénile au môme degré qqe ses cornées; il avait la peau jaunâtre, les traits am^jgris et ridés, la chevel^rp entièrement grise. Les men^brps étaient maigres comme la figure, pt cette caducité prématurée ne datait que de deux années environ. Elle était survenue sous la double influence du chagriii et de l'ivrognerie : le chagrin dérivait de la perte de la fortune (cet hoipipe avait été mapuf^cturier en province, et la mauvaise conduite de sa femme avait entraîné sa ruii)p) ; l'jvrognerie dérivait di| chagrin. Je ne doutais point qup nous ne fussions en présence d'une misère organique dont l'alcoolisn^e élajt la cause. Celle-ci étant connue, la lésion vasculaire prématurée s'en déduisait, et plus particulièrement peut-être celle des petites artères. Je percutai l'aorte avec soin : elle ne donnait pas tout à fait 5 centimètres de matité, et n'était par conséquent pas dilatée ; néanmoins à Tauscultation j'entendais, non pas un souffle, mais ce timbre sec des bruits qui, pour moi, est l'iufiice )^rès-probîjnt d'une altération dans le poli de l'end^rtère, devienu ^théromateux ou calcaire (la sécherpsse allant jusqu'à la dureté indiquait plus spécialement la calcification). Et vous voyez par les pièces anatopiiques qu'il y avait, ep effet, dies plaques d'alhéronae dans l'aorte. Le tracé sphygmographique ne présentait qu'un faible plateau athéromateux ; et cependant, bien que ces signes ne fussent pas des plus démonstratifs, m'autorisant d'une part de l'alcoolisme, avoué parle malade comme il était révélé par son état général ; m'autorisant d'autre part et tout particulièrement de l'aspect de sa jambe phlegmoneuse, où se voyaient d'énormes veines
variqueuses recouvertes d'une peau noirâtre, je ne doutais pas que tout le système vasculaire de la région, artères et veines, ne fût malade, et que les artères ne fussent atteintes de la dégénérescence athéromateuse, sinon calcaire, d'origine alcoolique, altération plus avancée surtout dans les petits vaisseaux artériels. Ce qui était. Vous comprenez de reste que la nutrition fût absolument languissante dans un membre aussi mal pourvu, et que la moindre cause, pour insignifiante qu'elle fût, un choc léger, voire môme la fatigue, y devînt le prétexte d'un phlegmon, lequel, en l'état, ne pouvait être que diffus, c'est-à-dire sphacélisant. Au lieu d'une gangrène sénile, cet homme avait eu une phlegmasie gangreneuse : au fond, le fait est le même ; la forme nosologique est seulement différente.
Maintenant, si ce malade n'avait pas succombé (quoi que nous ayons fait pour lui) à son phlegmon diffus d'ivrogne, il serait mort de la cirrhose des buveurs, lésion dont son foie présentait les signes déjà très-manifestes : prolifération du tissu conjonctif interlobulaire, injection, dureté et diminution de volume très-appréciable.
Ainsi ce n'est pas par hasard que j'avais diagnostiqué l'état des vaisseaux artériels de cette jambe phlegmoneuse, et que j'avais rattaché ce phlegmon diffus à l'état de ces vaisseaux : j'y avais été conduit par une induction très-légitime ; j'avais déjà vu des cas semblables, et je suis persuadé qu'on en trouverait plus souvent d'analogues si l'on examinait attentivement les artères nourricières d'un membre atteint de phlegmon diffus, surtout si le propriétaire de ce membre est un ivrogne.
Mais les lésions profondes des artérioles nourricières déterminent encore des troubles nutritifs et par suite des perturbations fonctionnelles d'une telle importance, qu'ils méritent d'être traités à part, et c'est ce qui sera fait dans la prochaine leçon.
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