VINGT ET UNIEME LEÇON
Poînt de côté de la pleurodynie. — La pleurodynie est une pleupéaie sèche. — Point de côté de la plruhésie diaphragmatique.— Point de côté do la pém- CAUDtTB. — Emissione B40guines et intoxicatioDs.
MESSr£l3RS,
Je dois maintenant vous parler des points de c6té avec fièvre, et \sl pleurodynie va me servir de transition.
La plem'odynie, c'est littéralement le a point de côté » (tou 9cXeufoQ lèùrq^ douleur du côté)^ c'est la a fausse fluxion de poitrine*» de plus d'un praticien ; et il n'y a de faux, dans tout ceci, ai-je besoin de le dire? que le diagnostic /lu médecin.
Un type de pleurodynie vous est offert par le malade du n* 48 de la salle Saint-Paul. Deux jours avant son entrée, il a éprouvé, en môme temps qu'un léger malaise, une vive douleur dans le ^.ôté gauche de la poitrine. Cette douleur, qui gênait ses mouvements respiratoires, le décida à se faire admettre à l'hôpital. A la visite du matin, nous trouvons que la douleur siège précisément à la partie latérale gauche du thorax, un peu au-dessous de l'aisselle et au voisinage du mamelon, sur une étendue que peut recouvrir la main ; qu'elle est diffuse, en nappe, et non pas par foyers comme dans la névralgie intercostale , de sorte que le doigt, promené le long d'un espace, n'exagère en aucun point la douleur ; tandis que celle-ci est provoquée lorsqu'on saisit à pleine main les masses charnues de la paroi. C'est là le caractère spécial de la pleurodynie. D'ailleurs, il n'y a pas de matité à la percussion, ce qui n'est pas toujours le cas, ainsi que vous allez le voir. Le murmure vésiculaire, rendu plus faible parce que, instinctivement, le malade dilate moins ce côté douloureux, n'est cependant mélangé d'aucun bruit anomal — ce qui est loin encore d'être toujours le cas, et pour des raisons que nous saurons tout
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à rheure. Telle est la pleurodynie dans sa forme la plus simple : le^ muscles seuls sont intéressés, et, dans l'espèce, ce sont les digitations du grand dentelé. Des sinapismes et un bain sulfureux ont sufû au traitement.
Au contraire, le malade du n° 20 de la môme salle vous a récemment présenté l'exemple d'une pleurodynie plus intense et où les éléments envahis ont été plus nombreux. D'abord, il y avait eu un peu de fièvre initiale, et le malaise général avait été plus prononcé. A l'entrée du malade, la fièvre n'existait plus (elle n'avait duré qu'une journée); mais le malade se plaignait d'un violent point de côté qui siégeait vers le sein et gênait sa respiration ; il ne toussait ni ne crachait, mais poussait un petit cri de souffrance lorsqu'il essayait de dilater à l'exlrùme sa poitrine dans une grande inspiration, La pression en masse de la région latérale du thorax était douloureuse, comme chez le malade du n° 48 ; mais, de plus que chez lui, il y avait de la matité à la percussion, et cette matité avait ceci de spécial et de caractéristique qu'elle était irrégulière et indéterminée dans sa forme, n'ayant Uj la régularité parabolique de la pleurésie avec exsudât fibrineux (I), ni la ligne de niveau de la pleurésie avec exsudation séro-fibrineuse abondante, li^nfin, aux points mats, on entendait, en même temps qu'un murmure vésiculaire moins intense, une sorte de crépitation fine et sèche, assez rare toutefois et très-superficielle, (ju'est-ce que tout cela voulait dire? Qu'il y avait pleurodynie et pleurésie sèche. C'est-à-dire que, chez ce malade, l'inflammation ne s'était pas limitée seulement aux muscles superficiels de la paroi thoracique, mais qu'elle avait envahi les intercostaux, leur aponévrose profonde et la plèvre pariétale, ou, en d'autres termes, que tous les éléments de la paroi, et jusqu'à la doublure pleurale inclusivement, étaient pris par le rhumatisme. Et cette doublure pleurale étant prise, il y avait exsudât fibrineux à sa surlace ; d'où la matité, irréguhère et indéterminée comme la région envahie ; d'où la fine crépitation superficielle, qui n'était autre que du frottement pleurétique se produisant dans la locomotion de la plèvre viscérale sur la pariétale
(1) Voir, plus loin, U leçon XXVI wr la Pkwréiie,
dépolie. Quant à ramoindrissemenl du murmure vésiculaire, il pouvait s'expliquer physiologiquement par le fait du déplissement incomplet des vésicules sous l'influence de la douleur thoracique, et, physiquement, par l'interposition de Texsudat fibrineux, qui forme comme une lame isolante.
Cette doctrine de la pleurésie sèche dans la pleurodynie n'est pas de moi, mais d'un de mes plus savants maîtres, M. Cruveilhier. Dès 1850, alors que j'étais son interne à l'hôpital de la Charité, il me la fit connaître ; et, depuis douze ans, j'ai eu maintes occasions de vérifier ses assertions, a Ce sont ces pleurésies sèches, si fréquentes, me disait le vénérable professeur, qui expliquent l'excessive fréquence des brides celluleuses rattachant le poumon à la plèvre pariétale, et qu'on trouve à l'autop* sie de sujets dont on sait qu'ils n'ont pas eu de pleurésie dans le cours de leur existence. » Mais ils avaient autrefois éprouvé un point de côté, avec ou le plus souvent sans fièvre bien appréciable, et la plèvre pariétale ayant été intéressée dans le travail inflammatoire, il en était résulté un exsudât fibrineux, lequel, s'organisant, avait produit la fausse membrane celluleuse.
Ainsi, en résumé, la pleurodynie est essentiellement l'inflammation rhumatismale de quelques-uns des muscles thoraciques et surtout des dentelés; mais l'inflammation, si elle est intense, peut ne pas rester bornée aux muscles et envahir tous les plans superposés de la cage thoracique jusqu'à la plèvre inclusivement. C'est le cas de notre malade du n* 20.
Ce n'est pas là, à proprement parler, la pleurésie sèche des auteurs modernes , qui est une pleurésie sans épanchement , mais avec exsudât séro-fibrineux; lequel est suffisamment fluide pour se mouler, en y adhérant, aux parties qui sont déclives dans le décubitus, sans être assez fluide ni assez abondant pour se réunir en collection liquide à la base de la poitrine, de façon que, le malade étant assis, il y a matité à courbe parabolique et non point à ligne de niveau.
Eh bien, le malade couché au n«38 de la salle Saint-Paul vous oflre un cas mixte de la pleurésie sèche des auteurs et de la pleurodynie. 11 a eu, en efl'et, de la pleurésie le frisson initial assez prolongé sans être intense ; — il a de la pleurésie sèche la ma-