LÉSIONS DE LANCINE DE POITRINE
riétal. Or (et c'est sur ce point que, dès maintenant, j'appelle votre attention);io nerf phrénique droit (pArf) passe précisément au voisinage de ces fausses membranes. Indépendamment de ces fausses membranes qui rattachent le feuillet pariétal du péri* carde à Taorte, ce feuillet présente quelques plaques laiteuses, et est plus vasculaire qu'à l'état normal.
Entre l'aorte (Ao) et l'artère pulmonaire (AP) se voient également de petites brides pseudo-membraneuses d'aspect celluleux.
Il était surtout important de voir ce qu'étaient devenus les nerfs du plexus cardiaque (pfc, fig.30)au milieu de ce travail inflammatoire périaor tique. La dissection en fut très-délicate : il fallut laborieusement les rechercher au milieu d'un tissu conjonctif adventice fortement feutré, qui très-évidemment les étranglait. C'est ce que vous verrez avec la plus grande netteté sur les préparations microscopiques.
Les parois de l'aorte ont augmenté d'épaisseur dans toute la portion ascendante du vaisseau. La paroi intenie, athéromateuse dans la plus grande partie de son étendue, est incrustée çà et 1î\ de plaques calcaires. Ce» plaques se voient surtout à l'éperon d'embouchure des artères coronaires et des gros troncs brachiocéphalique, carotidien et BOU»-clavier.
Les artères coronaires sont athéromato-calcairos surtout au niveau de leurs points de courbure.
Le cœur, fortement chargé de graisse, est en voie de dégénérescence granuleuse. Son endocarde présente des plaques athéromateuses dont quelques-unes sont inûltrées de sels calcaires, principalement sur les lames de la valvule mitrale et au niveau du sinus mitro-sigmoïdien.
Les poumons sont emphysémateux, comme il est habituel dans la vieillesse, sans l'être d'une façon démesurée. Il y a quelques points d'atélectasie vers les bases.
En résumé, il n'est pas douteux qu'il y avait ici une péricardite chronique, les fausses membranes (/m) le démontrent en toute évidence. Il n'est pas douteux davantage, et par les mômes raisons matérielles, que cette péricardite avait surtout pris naissance au contact de l'aorte malade. Les lésions do celle-ci étaient une cndarlérite chronique, avec prof)agation ultérieure du travail
morbide de l'endartère à la totalité des parois de Taorte. Mais la transmission de l'inflammation de Taortc au péricarde aortique n'avait pu s'efTectuer sans intéresser sur son passage les nerfs du plexus cardia^e {pic), de sorte que ceux-ci avaient dû être embrasés dans ce foyer de phlegmasie. Eh bien, c'est ce qui était, ainsi que vous l'allez voir.
Des filets nerveux de ce plexus, préparés avec le plus grand soin par M. Choyau, vous offrent au microscope l'aspect suivant (fig. 31) : les tubes nerveux sont comme enfouis dans une gangue
FiG. 31. Nérrile cardiaque.
Tubes nerrcuz siluésau milieu d'une gengue de tfs^u de proliférollon.
des plus épaisses de tissu conjonctif. Dans le feutrage serré de celui-ci se voit une quantité considérable de noyaux de prolifération. Ce tissu conjonctif exubérant, qui avait écarté les tubes nerveux les uns des autres, les a étranglés de place en place, de façon qu'en certains points la gaînc du nerf est vide de tissu nerveux. Enfin, celui-ci est considérablement altéré, et la myéline y C3t tranformce presque partout en une masL-e granuleuse amorphe.