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AORTITE ET LÉSIONS DE VOISINAGE

Ainsi, dégénérescence des nerfs cardiaques au contact de l'aorte malade. Voici maintenant ce qu'étaient devenus les nerfs phréniques au contact du péricarde enflammé (flg. 32, n°« 1 et 2) :

La portion du phrénique droit, que nous avons vue côtoyer les

fausses membranes qui reliaient l'aorte au péricarde pariétal,

préparée avec le môme soin par M. Choyau, nous présente abso-

'lumenl le môme aspect que les nerfs cardiaques, c'est-à-dire

FiG. 32. Névrile phrénique.

No 1. Nerf phrénique préparé par dilacérotiou. — N^ 3. Môme nerf préparé par dilacéralion et traité par le carmin et l'acide acétique, de manière h ne laisser pcraisler que les noyaux de proliféralion.

(fig. 32), une énorme prolifération du névrilème, un étranglement des tubes nerveux, et une altération granuleuse de ceux-ci.

J'espère que vous saisissez maintenant sans effort l'ensemble de ce travail morbide complexe dont la lésion de l'aorte a été l'origine, et que vous comprenez facilement la pathogénie des souffrances accusées pendant la vie. L'inflammation s'est transmise d'abord de l'endartère à la totalité des parois de l'aorte ; puis de ce vaisseau au plexus cardiaque — d'où la névrite cardiaque et les douleurs rétro-slernales; — mais le travail inflammatoire ne s'est pas arrôté là, il a envahi le péricarde aortique, puis le pariétal — d'où la névrite du phrénique, et les douleurs à la base de la poitrine, ainsi que l'ensemble de souffrances que nous savons appartenir à la névralgie de ce nerf.

Toi est, messieurs, dans son ensemble, le mécanisme des phé-

nomènes anatomiques; et les troubles fonctionnels s'en déduisent avec une merveilleuse facilité :

V Névrite du plexus cardiaque, douleur rétro-stemale avec constriction du milieu de la poitrine comme par un étau ;

A. Névrite des filets sympathiques du plexus, palpitations au moment des accè^ (chez d'autres malades il n'y a pas de palpitations, les battements du cœur restent réguliers ou môme se ralentissent; dans le premier cas, il faut supposer que l'excitation morbide des filets sympathiques a neutralisé l'excitation des filets pneumogastriques qui tend à ralentir le cœur ; (lans le second cas, au contraire» c'est l'excitation des filets pneumo-gastriques qui l'emporte [i]); môme névrite, sensation lipothymique d'une mort prochaine (sensation qui ne manque jamais et qui est, pour cette raison, si caractéristique) ; pÀleur, état exsangue et refroidissement des extrémités, comme il arrive dans toute irritation morbide intense du grand sympathique (et qu'on voit réalisée à un si haut degré par l'irritation du sympathique abdominal dans la péritonite, l'étranglement intestinal, etc.) ;

B. Névrite des filets pneumo-gastriques du plexus, ralentissement possible du pouls ; dyspnée habituelle avec exacerbation comme dans l'asthme (aggravée 'd'ailleurs par la névrite du phrénique); sensation de strangulation et autres phénomènes laryngés ;

2" Névrite diaphragmatique y douleurs à la base de la poitrine, au cou, à l'épaule, et dyspnée douloureuse dans les grands mouvements du diaphragme.

(Juant aux exacerbalions paroxystiques et nocturnes de tous ces phénomènes, elles ne sont ni plus ni moins explicables que celles qu'on observe dans les lésions du système nerveux.

Voici maintenant l'histoire pathologique d'une femme autrefois couchée au n» 17 de la môme salle : et vous allez voir combien ce cas est analogue au précédent, par les symptômes comme par les lésions.

Lorsque je m'approchai du lit de la malade et qu'on me demîinda le diagnostic, je répondis sénilité^ et vous jugerez si je me trompais : seulement celle femme était plus sénilc par certain?

(1) Voir, t*N '(Tr.Vrf.V, XVI« lornn, Tobsorvilion rnppoiti'c p. 82"?.

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