AORTITE ET LÉSIONS DE VOISINAGE
péricarde pariétal ; d'autres fausses membranes rattachent l'aorte à l'artère pulmonaire (AP); enfin des fausses membranes encore (/m) relient entre eux le péricarde et la plèvre pulmonaire. Entre ces fausses membranes passe le nerf phrénique droit (N/)). L'artère pulmonaire (AP, AP) a été déformée et comme écrasée par l'anévrysme de l'aorte : ce qui devait être une nouvelle cause de dyspnée ajoutée k toutes les autres.
L'orifice de l'artère sous-clavière gauche se trouve en plein foyfer anévrysmal et est déformé en bec de flûte, ainsi que vous le voyez après incision de l'anévrysme de la crosse aortique ; d'autre part, le tronc de l'artère est aplati par cette même tumeur anévrysmale. Ainsi s'explique la faiblesse du pouls radial gauche.
Les parois de l'aorte incisée présentent les altérations les plus profondes, et l'endartère y est presque partout dégénéré. Larges plaques d'athérome, plaques calcaires aux points les plus fatigués par le choc du sang, décollement de quelques-unes de ces plaques et infiltration du sang dans la paroi, disparition de la membrane interne ainsi que de la moyenne, et éventration du vaisseau (An, An, An), épaississement par infiltration des parois au niveau des points où l'endartère est le plus malade, tel est, rapidement résumé, l'ensemble des lésions de cette endartérite chronique.
Eh bien, ici, comme pour la malade du n** 3, les nerfs cardiaques et phréniques s'étaient trouvés englobés et compromis dan» le travail inflammatoire. Les nerfs du plexus cardiaque sont situés au milieu d'un lacis vasculaire très-évident ; le tissu conjonctif environnant est manifestement épaissi et induré. Quant aux nerfs phréniques, ils participent aux lésions du péricarde malade par inflammation de voisinage, et le droit passe même au milieu de brides pseudo-membraneuses (/m, fig. 35). Les lésions histologiques de ces nerfs cardiaques et phréniques étudiées sur plusieurs préparations sont identiquement celles de la malade du n* 3 (fig. 31 et 32) : étranglement des tubes nerveux par prolifération conjonctive, altération granuleuse de la myéline et disparition de celle-ci en certains points (i).
(1) Je ne donne pas ici le dessin do ces préparalions microscopiques, qui feraient double «mploi avec celles des flores 91 et Si.
Nos deux malades des ti" 3 et 47 avaient ce qu'on appelle des attaques (Tangine de poitrine, et il vous est facile de voir que ce n'est là qu'un syndrome consistant eti une douleur de nature très-complexe et en troubles fonctionnels portant à la fois sur la circulation et la respiration, avec sensation d'angoisse inexprimable, comme si ^o^ganisme était touché dans ses œuvres vives ; sensation que Ton n'observe ni lorsque Thématose est entravée par de graves lésions pulitionaires, ni lorsque la circulation est troublée par de profondes altérations cardiaques ; qui ne tient donc ni à la dyspnée, ni aux troubles circulatoires. Eh bien, je dis que les lésions nerveuses trouvées dans ces cas sont la cause de tous ces phénomènes : c'est parce que le plexus cardiaque est malade, qu'il y a de la douleur, qu'il y a des troubles fonctionnels de la respiration comme de la circulation ; et c'est parce que, dans ce plexus malade, des filets du grand sympathique sont lésés, qu'on observe cette angoisse profonde, caractéristique de toutes les perturbations du système nerveux de la vie végétative.
J'essayerai, dans la prochaine conférence, de vous donner la théorie complète de ce qu'on appelle Yangine de poitrine^ et nous verrons la raison de toutes les théories émises à ce sujet ; en attendant, je ne peux m'empôcher de vous faire remarquer que che2 nos deux malades, qui n'avaient eu ni goutte ni rhumatisme, la vieillesse seule avait produit les lésions primitives de l'aorte et que celles-ci étaient manifestement de la nature de celles qu'on rapporte sans conteste à l'inflammation (fausses membranes péricardiques, prolifération du névrilème et du périttèvre, etc.); de telle sorte qu'ici l'usure organique, par le fait des ans, se confond [avec les altérations d'ordre inflammatoire, la sénilité vasculaire avec l'endartérite chronique , et cela par nuances insaisissables ; de telle sorte enfin qu'il y a là une question doctrinale à peu près insoluble et dont la solution après tout importe peu à la clinique, puisque les résultats sont les mêmes, au point de vue des lésions comme à celui des troubles fonctionnels.
l'AMOINB de poitrine. 41»