POINTS DE COTÉ DE U PHTHIAIB PULMONAIRE
laissez-vous guider par elle dans la reoherohe ultérieure des signes, des symptômes et des syndromes d'une tuberculisalion incontestable, mais latente et méconnue.
Ce qu'il y a de remarquable et de précisément caractéristique dans les points de côté de la tuberculisation pulmonaire, > c'est la marche graduellement descendante et le siège o^^^^rt'^a des douleurs. Ainsi le malade souffre ou a souffert successivement de son premier, puis de son deuxième, puis de son troisième espace intercostal — voilà pour la marche descendante. Ces douleurs siégeaient d'un seul côté [de la poitrine, puis plus tard elles se sont fait sentir du côté opposé, et alors le premier espace intercostal seulement y a été douloureux, tandis que deux ou trois Tétaient du côté le premier affecté •— voilà pour Par symétrie. Et vous comprenez que la marche et le siège de ces douleurs correspondent exactement à la marche et au développement asymétrique des tubercules pulmonaires ainsi qu*à leur évolution.
Vous pouvez observer, en outre, chez un certain nombre de malades, cette sorte de paradoxe clinique de la coexistence de vives douleurs avec des lésions très-peu avancées, et de l'absence au contraire de ces douleurs avec de graves désordres pulmonaires. Or si, d'une part, vqus interrogez les malades, ils vous apprendront qu'ils ont antérieurement souffert de ces espaces actuellement indolores ou presque insensibles; et si, d'autre part, vous faites appel à vos souvenirs d'anatomie pathologique, ils vous apprennent que, chez les malades ainsi lésés, il n'y a plus, à proprement parler, de plèvre au sommet de la poitrine, mais qu'elle est remplacée par je ne sais quelle cuirasse formée de la superposition lente et successive de plusieurs générations de fausses ipembranes ; de sorte que, grâce à cette membrane isolante, le travail morbide qui s'accomplit dans les poumons s'effectue en dehors de la sphère de vitalité de la plèvre pariétale et, par suite, en dehors de celle du nerf Intercostal adjacent.
Par tout 06 que nous avons vu de sa raison pathogénique, la douleur des sommets do la poitrine est donc un des faits les plus né' cessaires de la tuberculisation pulmonaire ; il s'ensuit qu'elle eti
est un des symptômes les plus constants et, par là, un des signes les plus probants. Fiez-vous-y donc.
Cette douleur des sommets ne m'a jamais trompé. Je Tai observée, vous ai-je dit, dans des cas où l'âge très-avancé des malades semblait devoir ^éloigner l'idée de la tuberculisation, et, l'observant, j'ai plus attentivement cherché la lésion et ses signes indicateurs jusque-là méconnus; ainsi chez la malade de quatrevingt-trois ans dont je vous ai parlé tout à l'heure, qui m'avait été donnée comme affectée de catarrhe ; ainsi encore chez une dame de soixante-deux ans, qui m'avait été adressée d'une grande ville du centre de la France comme atteinte d'asthme avec affection du cœur, et chez laquelle les quintes spasmodiques de toux étaient symptomatiques à la fois du ramollissement des tubercules et de la nature névropathique de la malade, comme ses palpitations l'étaient de sa tuberculose.
C'est pour toutes ces raisons que, constatant ces douleurs aux deux premiers espaces intercostaux droits (fosses sus et sous-épineuses), chez une dame de province pour laquelle je devais donner une consultation motivée, je disais au distingué confrère chargé de la soigner : « Je ne trouve pas de matité à la percussion du sommet droit et il n'y a pas de signes probants à l'auscultation ; mais cette douleur siège : 1* à droite, et non pas à gauche, comme la névralgie intercostale symptomatique de la chloro-anémie ; 2" au sommet, et non pas aux quatrième ou cinquième espaces intercostaux, comme il est constant pour cette dernière névralgie; mais la respiration est plus faible qu'à gauche, au lieu d'y être plus intense, comme cela est physiologiquement nécessaire. En conséquence, je crois qu'il importe de réserver l'avenir et de ne pas nier absolument la tuberculose. »
Or cette dame a un frère qui lui ressemble remarquablement, non-seulement par la figure, mais aussi par les aptitudes physiologiques, et ce frère, qui mène à Paris la vie antihygiénique de certains jeunes hommes riches, est devenu depuis aussi tuberculeux qu'on peut l'être. De sorte que je ne doute guère, quant à moi, que si la sœur, au lieu de vivre l'hiver à Limoges, dans son vieil hôtel aux spacieux appartements, et l'été dans son château plus vaste encore, vivait à Paris, dans un de ces petits hôtels,