EXPÉRIENCE DU FLACON
Si maintenant je replace ce flacon dans la position verticale (flg. 37), la partie la plus fluide du goudron se précipite au bas du vase, et la limite supérieure de cette partie fluide est la ligne de niveau circulaire A'B' ; tandis que la portion visqueuse, restée adhérente aux parois, est précisément disposée suivant les contours de la parabole primitive ABC. Vous voyez que cette parabole se raccorde avec la ligne de niveau suivant un angle obtus AA"B', ouvert en haut et en dehors.
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Fio. 37.
Vous comprenez d'ailleurs que la percussion de toute la couche parabolique (fîg. 37) ne donnera naissance qu'à une matité relative, tandis que la matité sera absolue dans toute la couche horizontale. C'est ce que je vous ai fait constater sur les malades.
Eh bien, messieurs, le flacon qui contient l'eau, c'est la poitrine envahie par de la sérosité fluide ; le flacon qui renferme le goudron, c'est la poitrine où Tépànchement est surtout flbrineux. S'il
y a peu de goudron, tout reste collé aux parois du vase, et il n*y a pas de ligne horizontale quand, d'oblique, le vase redevient vertical : si la masse du goudron est considérable et surtout si celuici est mélangé à de l'eau, une partie reste adhérente et dessine la parabole ; une autre, plus fluide, glisse en bas et se place horizontalement. Et vous avez ainsi l'image de ce qu'est une cavité pleurale contenant à la fois de la matière fibrineuse et de la sérosité.
Vous avez déjà compris, messieurs , qu'à l'aide de ces détails presque géométriques, on peut non-seulement reconnaître l'existence d'un épanchement, mais encore en induire la nature du liquide épanché, et par suite faire le pronostic et formuler les bases d'un traitement rationnel. Mais n'anticipons pas.
Avant d'aborder ces importantes questions, laissez-moi vous rappeler des notions élémentaires de physiologie pathologique.
Vous savez qu'une phlegmasio de membrane séreuse donne naissance à trois sortes d'exsudats : si la phlegmasie est franche, l'exsudat est fibrineux, c'est-à-dire adhésif et comme glutineux ; si l'hypérémie phlegmasique est moins franchement inflammatoire, l'exsudat sera séro-fibrineux ; enfin il sera tout à fait séreux, c'està-dire tout à fait liquide et en aucune sorte adhésif, si le mode de cette hypérémie tend à se rapprocher de l'hypérémie sécrétoire.
Ainsi, tantôt l'exsudat est fibrineux, tantôt séro-fibrineux , et tantôt enfin il est presque exclusivement séreux. Chez notre malade du n* 41, vous voyez, par tout ce que je vous ai dit des conditions physiques de la question et de la forme de la courbe de matité lorsqu'il était assis, que son épanchement était sérofibrineux avec prédominance des fausses membranes sur la sé« rosité.
Le pronostic s'en déduit immédiatement , comme vous le verrez tout à l'heure.
Mais, avant d'aborder cette importante question, que j'aurai soin de généraliser, laissez-moi revenir aux tracés plessimétriques de Damoiseau.
Les courbes paraboliques qu'il a signalées sont des courbes latérales j c'est-à-dire constatées sur des malades qui se couchaient sur le côté aflbcté. Au contraire, quand le malade se couche sur