‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 158 sur 254 · VINGT-SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-SEPTIÈME LEÇON

LES PLEURÉTIQUES

Maladies aiguSs et maladies chroniques. — Maladies locales et maladies localisées. — Organisme sain, plèvre saine, pleurésie aiguë. — Diathèses et maladies chroniques d'emblée. — Organisme malsain, pleurésie chronique. <» Comment le médecin peut conspirer avec la maladie. — Mort subite dans la pleurésie. — Pleurésie aigu(^ ou subaiguë transformée en hydropisie de poitrine. — La thoracocenlèse est alors Tunique et radical traitement.

MfSSSIEURS,

Après la pleurésie, les pleurétiques ; après avoir raccordé les lésions avec les signes physiques révélateurs, étudions la façon dont se comportent les individus en présence de Toffense morbide, et voyons ce qu'on peut leur faire.

Ceux qui suivent habituellement notre visite ont pu voir se succéder, à un jour de distance, au n** 28 de notre, salle des hommes, deux malades, ayant tous deux une affection de la plèvre, mais de nature bien différente. Le premier avait une pleurésie aiguë; le second ce qu'on appelle une pleurésie chronique et qui n'est rien moins que cela; nous le verrons bien.

Il y aurait peut-ôtro ici beaucoup à dire sur les phlegmasies chroniques et sur l'intervention du malade dans la chronicité de sa maladie ; beaucoup à dire surtout sur la complicité du médecin, conspirant avec la maladie par une abstention malencontreuse.

D'une manière générale, une maladie aiguë reste telle. Mais il importe de distinguer suivant qu'elle frappe tout l'organisme et

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y reste généralisée, comme font, par exemple, les fièvres continues et les fièvres éruptives.

Vit-on jamais une fièvre éruptive passer à Tétat chronique? ce qui peut persister alors, ce n*est pas la maladie, mais un accident quelconque de celle-ci.

Maintenant il est des maladies générales qui se localisent, telles sont la pneumonie et la pleurésie, qui ne sont pas des maladies locales^ mais des maladies localisées.

Je ne joue pas ici sur les mots ; j'entends par maladie locale^ une affection qui frappe un organe ou une portion d'organe en respectant les autres: telle une entorse. J'entends par maladie localisée une affection qui, après avoir frappé l'organisme entier, se fixe bientôt sur un organe : telles la pneumonie ou la pleurésie aiguës. Vous voyez d'ici la différence entre les deux sortes de maladies.

Dans les cas de la dernière espèce, il y a d'abord fièvTc inflammatoire, ou bilieuse, ou adynamique ; puis localisation de la maladie sur telle portion de l'organisme qui ofl'rira le moins de résistance, pars minoris resistentiœ ; ce sera, dans l'espèce, un organe fatigué par son fonctionnement incessant et de texture élémentaire, le poumon ou la plèvre; au fond, du tissu conjonctif, et rien que cela. Ainsi, dans la pneumonie franche, il y a fièvre inflammatoire d'abord, par.l'action du froid, je suppose, sur l'organisme entier, la maladie étant générale comme sa cause ; puis localisation de Vimpetus morbide sur le tissu conjonctif dii poumon.

Mais le poumon est un organe très-vasculaire, où il y a beaucoup de sang, sinon pour la nutrition de l'organe, au moins poiu* sa fonction ; de sorte que 1(\ maladie inflammatoire localisée y est très-active, dans sa période d'état comme dans sa période de résolution.

Au contraire, les séreuses sont remarquablement pauvres en vaisseaux, l'activité de l'inflammation y est possible au début, et par le fait de l'intensité de la fièvre. (On peut môme dire que celle-ci n'est jamais aussi franchement ni aussi violemment inflammatoire que dans la pneumonie; non pas parce que la pneumonie engendre la fièvre inflammatoire, mais parce qu'au contraire plus intense est celle-ci, plus elle aura de tendance à se

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