‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 165 sur 254 · KYSTE PURULENT DE LA I»LÈVRE. S · texte numérisé non relu

KYSTE PURULENT DE LA I»LÈVRE. S

et les forces renaissent. Le malade reprend de Terabonpoint.

Le Î5 septembre, on cesse les injections d'eau alcoolisée ; il ne s*écoule de la fistule qu'une cuillerée à soupe environ par vingtquatre heures, tandis qu'il y a quinze jours on en obtenait encore de 60 à 80 grammes. Cette sérosité a toujours une odeur d'alcool très-prononcée; elle est rosée par suite de la présence de globules de sang, dont les uns sont normaux et les autres déformés; elle contient quelques globules graisseux. La sonde ne s'introduit qu'avec peine dans la fistule.

Du 16 septembre au 6 octobre, époque pendant laquelle on n'injecta plus d'alcool, le liquide qui s'écoulait par la sonde resta pendant quelques jours dans les proportions de 20 à 30 grammes environ, pour augmenter bientôt jusqu'à atteindre la qiian^ tité de 50 à 60 grammes. Pour en finir avec cette sécrétion intarissable, j'injectai le 7 octobre une solution de nitrate d'argent au deux-centième* Le lendemain la fistule semblait fermée, et il n'en sortait aucun liquide. Le surlendemain 9 octobre, la fistule se rouvrit et il s'en écoula environ 80 h 90 gramm0< d'une sérosité louche et d'un jaune rougeâtre. Le iO, la sérosité a le même aspect et sort avec la môme abondance ; on supprime alors les injections de nitrate d'argent pour en revenir à celles d'eau alcoolisée du mois précédent ; au bout de deux ou trois jours, la quantité de sérosité retombe de 80 à 40 grammes, et bientôt elle n'est plus que de 20 à 25 grammes environ en vingt-quatre heures. Le 26 octobre, il ne sort plus par la plaie qu'une cuillerée de sérosité rosée qui remplit à peine le fond d'un verre h expérience. La santé est excellente, l'appétit très-vif, et les forceà sont revenues.

Quant à l'état local, il était à peu près le même qu'un moi.<9 auparavant; on entendait la respiration jusqu'à trois travers de doigt de la fistule, nonobstant la persistance de la matitéà la base de la poitrine.

Dans les premiers jours de novembre, ce n'était plus que quelques gouttes de sérosité louche plutôt que purulente, qui s'écoulaient par vingt-quatre heures de la fistule. Le malade pouvait donc être considéré comme guéri. Je l'engageai à reprendre ses occupations, espérant que l'exercice et le grand air achèveraient

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la cure* Le malade sortit en effet, et, un mois plus tard, un élève que j'envoyai à sa demeure pour y prendre de ses nouvelles, constata la cicatrisation délinitiye de la fistule, qui s'était fermée depuis dix jours. Depuis lors, j*ai appris que la guérison était déteiUve, la fistule ne s'étant jamais rouverte.

Ce cas est fécond en enseignements de plus d'une sorte : il prouve d'abord, et une fois de plus, la complète inutilité, et par suite le danger, dans les épanchements pleurétiques abondants, de la révulsion (qui cependant ne fut pas médiocre : quatorze vésicatoires !) comme de la dérivation (diurétiques de toute nature) ; il prouve que dans les cas oii l'on n'a pas su entraver la formation de telles inondations dans la plèvre, il n'y a qu'un seul moyen d'en débarrasser celle-ci, la paracentèse de la poitrine; il prouve enfin que [si on n'y a pas recours, la nature alors y pourvoit par la rupture spontanée de la paroi thoracique : et c'est ce qui eut lieu chez notre malade, lequel eut cette double malechance qu'on ne sut pas empêcher son épanchement pleural de se faire, et qu'on ne sut pas davantage y remédier une fois celui-ci formé.

Ainsi vaste épanchement d'abord, empyème plus tard : tel fut ici le bilan de la médication antisanguinaire.

Vous avez vu les difficultés, les lenteurs, mais aussi le triomphe de la médication substitutive. Cet homme était épuisé par une suppuration très-prolongée, non moins que par le siège de celle-ci qui portait atteinte à son hématose. Une des difficultés du traitement était l'existence d'une fistule pleuro-bronchiquc ; je craignais de produire des accidents vers les bronches en injectant dans le kyste pleural des liquides irritants, et c'est ce qui eut lieu quand j'injectai de la teinture d'iode étendue. Une autre difficulté se trouvait dans l'étroitesse et l'irrégularité du trajet fistuleux; une fois celui-ci dilaté et régularisé, le pus cessa de séjourner dans la plèvre, ce qui fut une première aipélioralion. La nature puis la quantité en furent modifiées par les injections ; nouvelle et féconde amélioration. La couleur rosée du liquide prouvait que l'irritation allait alors jusqu'à produire la rupture de petits vaisseaux ; et ce ne fut pas un mal.

Enfin, ce malade guérit; mais je dois vous avertir que vous

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