PLEURÉSIE AIOUE ET MÉDICATION SANGUINAIRE
Dans la matinée du I3,raspect, comme l'état général, était ce- Uii de la pleurésie aiguë; la face était rouge et animée; il y avait une vive douleur sous le sein droit, qui augmentait par la toux, les mouvements respiratoires, la percussion et la pression intercostale ; fnais il n'y avait pas de matité, bien que la respiration fût plus faible à droite qu'à gauche. Le pouls était dur et médiocrement fréquent. On fit encore une saignée de ii onces et on appliqua quinze sangsues sur le côté douloureux. Le sang des deux saignées présenta un caillot à bords retroussés, couvec^t d'une couenne épaisse et entouré d'une sérosité abondante. Il s'agissait bien là évidemment d'un état inflammatoire qui n'était pas celui d'une bronchite.
Le lendemain, cinquième jour de la maladie, la douleur pleurélique ne se fait plus sentir que dans les fortes inspirations; le bruit respiratoire s'entend également bien partout; mais la fréquence du pouls persiste et aucune sueur n'a eu lieu. Troisième saignée de 8 onces, à cquenne très-mince recouvrant un large caillot.
Le sixième jour, la dquleur pleurétique avait complètement disparu; le malade avait sité pour la première fois; il toussait à peine, n'avait plus de fièvre et se sentait très-bien. On ne prescrit que de la tisane.
Le septième jour, le bien-être qui avait immédiatement suivi la sueur critique de la veille est un peu moindre ; il y a un peu de malaise, des borborygmes et de la constipation. On donne 2 onces d'huile de ricin.
Les jours suivants, rétablissement parfait.
En tout trois saignées, quinze sangsues et une purgation.
a La maladie, ajoute M. Andral, fut jugée avant le sixième jour. Le traitement antiphlogistique énergique qui fut employé exerça, sans doute, une puissante influence sur cette prompte et heureuse terminaison. Quel que soit le peu d'intensité des pleurésies, nous pensons qiC elles doivent être attaquées dès leur début par d'A BORDANTES émissions sanguines» Si, en efiet, n'ayant égard qu'à la bénignité des symptômes actuels, on leur oppose un traitement peu actif, trop souvent on a lieu de s'en repentir, soit parce qu^un épanckeme^it parvient, soit parce que la phlegmasie
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de la plèvre négligée se propage au parenchyme pulmonaire. »
Je ne sais rien de plus judicieux ni de plus vrai que ces paroles; c'est, au fond, la tradition commentée par un sage; j'y ai, rejetant les théories actuelles, conformé ma pratique, et j'ai pu voir céder en quelques jours, sans épanchement, des pleurésies dont le début annonçait la violence. C'est pour avoir oublié c^s préceptes d'un grand observateur, ou ne pas les avoir connus, que trop de médecins contemporains laissent s'effectuer ces vastes épanchements que la thoracocentèse est seule efficace à faire disparaître. Il eût mieux valu certes en empêcher la formation.
Dans le second cas, la maladie est encore prise à son début; c'est dans la nuit du 10 au i i avril qu'eut lieu le frisson et que le point de côté se fit sentir encore à droite ; c'est dans la soirée du 12, trente-six heures plus tard, que le malade entre à la Charité et y est immédiatement saigné. « Le sang ofiTrit un caillot en champignon à bords relevés, recouvert d'une couenne épaisse et entouré de beaucoup de sérosité. Disparition du point de côté après la saignée. »
Le 13, il y eut dans la matinée jusqu'à midi une sueur abondante, jnais qui ne fut pas critique ; car, le soir, un violent redoublement eut lieu, le point de côté reparut et la respiration redevint gênée; on fit une nouvelle saignée de i!à onces, qui présenta le même aspect que la première.
Le lendemain 14, quatrième jour de la maladie, persistance de la toux et de la fièvre, mais disparition presque complète de la douleur de côté, a Le soir redoublement, marqué par l'augmentation de la fièvre et du point de côté. Ce redoublement se termine par une sueur abondante, qui dure toute la nuit et pendant laquelle la douleur pleurétique disparaît. »
Dans la matinée du cinquième jour, il n'y a plus aucun symptôme de pleurésie. Encore sueur la nuit, mais sans redoublement fébrile. Guérison.
En tout deux saignées.
Cette afl*eotion présenta cette particularité qu'elle fut une pleurésie à symptômes rémittents.
La troisième observation est surtout remarquable par la coïncidence de la brusque disparition des symptômes à la suite d'une