‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 170 sur 254 · PLEURÉSIE AIOUE ET MÉDICATION SANGUINAIRE. 58Ô · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE AIOUE ET MÉDICATION SANGUINAIRE. 58Ô

abondante hémorrhagie utérine, qui fut évidemment critique, et à la production de laquelle une saignée du bras ne fut pas indifférente.

C'était une jeune femme qui, pour s'être refroidie en lavant à la rivière, fut prise d'une vive douleur au-dessous de la mamelle droite.

Le troisième jour de sa maladie on lui fit une saignée avec application de sangsues sur le côté douloureux.

Le quatrième jour, l'état restait le même, à cela près que la respiration était un peu plus libre et la douleur moins vive.

« Dans la matinée du cinquième jour, la dyspnée avait considérablement augmenté, ainsi que la douleur; aucun signe n'annonçait cependant que quelqjue épanchement eût commencé à se faire dans la plèvre. La malade était dans un état d'anxiété extrême, elle se plaignait d'éprouver de la pesanteur et une chaleur incommode dans les régions lombaire et inguinale. Une nouvelle saignée fut prescrite ; à peine avions-nous quitté son lit qu'elle fut prise tout à coup d'une abondante hémorrhagie utérine. A mesure que le sang coillait, la malade se sentait notablement soulagée. Elle perdit environ 3 livres de sang. Dans l'après-midi, la respiration était libre, la douleur très-obtuse, le pouls à peu près naturel; en un mot, cette femme avait passé en peu d'heures d'un état très-grave à la convalescence. Les jours suivants, retour des forces et d'une parfaite santé.

« La circonstance la plus remarquable de celte observation est sans doute le mode de terminaison de la maladie. Les auteurs ont cité peu d'exemples d'une hémorrhagie utérine aussi évidemment critique. Avant qu'elle parût, on observa une exaspération très-marquée, à peine le llux utérin fut-il établi, que l'amélioration se manifesta. Remarquons encore que, dans ce cas, l'évacuation sanguine, provoquée par la nature, fut beaucoup plus effi-'' cace que la saignée ; on n'eût point osé, d'ailleurs, pratiquer une émission de sang aussi abondante. »

Dans les sept autres cas, il y eut épanchement et la guérison se flt rapidement.

Ainsi, dans la quatrième observation, symptômes initiaux de la pleurésie dans la nuit du 21 au 22 mars; entrée à l'hôpital le.

590 LES PLEUnÉTlQUES.

soir du 25, quatrième jour de la maladie, «rec tous les signes d'une pleurésie exsudative à droite ; application de vingt-quatre sangsues sur le côté droit.

Le lendemain, amélioration des symptômes locaux, mais persistance de la fièvre ; nouvelle application de vingt sangsues. Dan> la nuit qui suivit, « sueur abondante pour la première fois, disparition complète de la douleur, respiration tout à fait libre. Les jours suivants, convalescence, n

Ici, pas de saignée; deux applications de sangsues seulement. Sueur évidemment critique à la suite de la deuxième émission sanguine locale.

Dans un cinquième cas, il y avait un épanchement abondant et la guérison fut obtenue en quatre semaines, après trois saignées et Tapplication' d'un large vésicatoire. Celui-ci fut appliqué à la chute de la fièvre, et la résorption de l'épanchement fut rapide dès lors. A dater de la deuxième saignée, il y eut des sueurs générales chaque soir et plusieurs jours de suite.

Je sixième malade voulut quitter l'hôpital avant sa guérison complète. La pleurésie était d'origine traumatique. On fit deux saignées. Sueur à la suite de la seconde.

Chez un septième malade, il y eut trois applications de huit, de douze, puis de trente sangsues, une saignée et un vésicatoire. La guérison complète fut obtenue en un mois.

<( Si dès le premier jour, dit M. Andral, une large émission sanguine eût été faite, peut-être Tinflammation eût-elle avorté, et répanchement n'aurait-il pas eu lieu. » U»oi qu'il en soit, cet épanchement était considérable à l'époque de l'entrée du malade. C'est grâce aux émissions sanguines, à un très-iarge vésicatoire appliqué après la chute de la fièvre et à un régime sévère que la résorption fut obtenue.

Un huitième malade avait également un m épanchement pieu* rétique encore peu considérable » au moment de son admission, neuf jours après le début de sa maladie.

Saignée de 12 onces, le jour môme de l'entrée. Soulagement immédiat, immédiatement aussi disparition du point de côté, cessation de la dyspnée et, enfin, « le soir, sueur abondante pour la première fois. »

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