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TRAITER LE MALADE ET LA MALADIE

malade plaçait sa maia droite au niveau de la base correspondante de la poitrine, comme pour modérer les contractions diaphragmatiques de ce c6té. La température de Taisselle était de 39 degrés.

Les signes d'une pleurésie diaphragmatique étaient si expressifs, que je ne doutais guère que j'allais en trouver tous les signes : indépendamment de la douleur à la totalité des insertions <iiaphragmatiques et de son rayonnement en tous ses points d'élection, le cou et l'épaule, je trouvai en effet de la matité à la base droite de la poitrine, matité différente de celle du foie en ce qu'elle remontait en arrière beaucoup plus baut qu'il n'est habituel et se trouvait limitée par une demi-courbe parabolique, la malade étant couchée sur le dos, immobilisée par la souffrance. Le point le plus élevé de cette matité atteignait presque l'angle inférieur de l'omoplate.

Sur les contours de Ja matité, crépitation fine et superficielle, avec souffle léger et superficiel comme la crépitation, qui n'était que du frottement. Égophonio typique aux points soufflants.

Il y avait donc pleurésie diaphragmatique avec exsudation déjà assez étendue, ce qui n'est pas toujours le cas.

C'était avec une véritable satisfaction scientifique qu'on pouvait analyser les particularités de ce fait si simple et si complet ; refroidissement, mouvement général de fièvre, puis douleur de côté, puis signes typiques de l'exsudat pleurétique. Et tout cela datant d'une dizaine d'heures seulement.

Le traitement était aussi nettement indiqué que les signes étaient probants : ne tenant aucune espèce de compte,. bien au contraire, de la pâleur habituelle de la dame, qui est rousse et a déjà cet excessif embonpoint des lymphatiques virtuellement scrofuleuses, je prescrivis six ventouses scarifiées qu'on devait faire abondamment saigner.

Les ventouses furent appliquées deux heures après ma prescription et je revis la malade deux heures après leur application. 11 était dix heures du soir. Le soulagement était considérable : la douleur, notablement diminuée, n'entravait plus au même degré la respiration, qui était devenue moins fréquente et moins courte.

598 LES PLEUKÉTIyUES.

Les signes physiques avaient plutôt diminué qu'augmenté, mais ils étaient toujours très-nettement perceptibles. On avait mis un vaste cataplasme, très-chaud, sur la poitrine, à la suite des ventouses ; j'en lis continuer l'application toute la nuit. Ce cataplasme était recouvert d'ouate et de taffetas gommé et renouvelé toutes les cinq heures, à moins que la malade ne dormît. Elle éprouvait le plus grand soulagement de cette pratique.

Le fait est que le lendemain matin je trouvai la malade fébricitanteencore, toujours oppressée, mais se disant beaucoup mieux. l^e pouls était à 1 iO et la température à :I8 degrés ; mais les signes physiques avaient décru : le souffle et Tégophonie, très-nets toujours, étaient moins intenses que la veille.

La malade avait un peu dormi et avait sué assez abondamment. L'appétit restait nul et la soif vive.

Je ne crus pas devoir recourir à une nouvelle émission de sang, la première me paraissant suffisante; mais je fis appliquer un véslcatoire de 20 centimètres sur \0, La vésication qui en résulta fut plus large encore, le vésicatoire s*élant déplacé et ayant pris sur tous les points qu'il avait touchés. La douleur produite fût assez vive, mais la révulsion des plus bienfaisante : le souffle et l'égophonie avaient diminué d'étendue comme d'intensité.

Je fis appliquer un très-large cataplasme, qui avait pour but de calmer h la fois la douleur cuisante du vésicatoire et de combattre la phlegmasie pleurale.

Cette pratique du cataplasme dans la pleurésie a été abandonnée comme tant de bonnes choses, je ne sais pourquoi. Elle est cependant éminemment rationnelle, même et surtout en se plaçant à ce point de vue que la pleurésie serait une phlegmasie locale , puisqu'elle assimile la plèvre enflammée à une articulation envahie par la phlegmasie. Or on sait le bon effet des topiques chauds et émollients dans ces cas. D'ailleurs, il résulte de mes recherches personnelles que la plèvre malade a une température plus élevée que celle du côté opposé. Ainsi le môme thermomètre, placé successivement et pendant le mt^nie temps dans le môme espace intercostal, du côté malade, puis du côté sain, accuse une différence de température de huit dixièmes de degré à I degré et r,2 en plus du côté de la plèvre enflam-

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