THAITEH LE MALADE ET LA MALADIE
mée. C'est donc une chose parfaitement légitinoe que d'appliquer uu cataplasme sur ce oôté enflammé. C*est une pratique que suivait un médecin du plus grand mérite, le professeur Lerminier, ainsi qu'on peut le voir dans la Clinique d'Andral (i) ; c'est un procédé que j'imite alors que j'assiste, comme chez ma jeune malade, au débuUde la phlegmasie thoracique, autorisé i\ le faire par mes devanciers, mon expérience, mes recherches thermométriques et les analogies morbides.
L'application du cataplasme produisit, ici comme toujours, un soulagement manifeste.
11 y eut encore des sueurs la seconde nuit de la maladie. Le lendemain matin, les signes stéthoscopiques n'existaient plus qu'à l'état de vestige : il fallait^ avec la plus grande insistance, les rechercher vers la base delà poitrine, où l'on entendait un souffle et une égophotiie lointains. La matité avait également diminué en surface comme en intensité.
La fièvre était notablement moindre et l'appétit revenait ; cependant, comme il y avait de la constipation et que je voulais faire un peu de dérivation, mais de dérivation rationnelle, dans cette période où la phlegmasie n'éUiit pas complètement éteinte, je fis prendre 20 grammes d'huile de ricin. Et là s'arrêta mon intervention active.
Le matin du quatrième jour, la fièvre était tombée ; l'alimentation, qui avait consisté jusque-là en un ou deux bouillons seulement, fut un peu plus substantielle : la malade prit des potages. Il n'y avait plus que de la matité tout à fait à la base, et des frottements assez rudes fiux points où s'étaient entendus les jours précédents le souffle et l'égophonie.
Le cinquième jour, la jeune dame pouvait se lever un peu : elle était guérie. Pendant cinq à six jours encore, je pus entendre les frottements, puis toiit cessa. Or je puis vous.affirmer que cette dame, que j*ni l'occasion de voir très-souvent, n'a pas conservé de trace matérielle appréciable de sa phlegmasie pleurale, qui fut cependant si véhémente à son début; et qu'elle n'a jamais plus soufi'ert de son côté. Je ne crains pas d'ailleurs de
(1) QViniqvie médicale^ t. IV, p. 594.
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croire que ma médication a été Tinstrument de sa guérison rapide, et j'hésite d'autant moins à le dire que ce traitement n'était pas le mien, mais celui de la tradition.
Voici maintenant deux cas empruntés à la pratique de Thôpital, que vous avez pu par conséquent suivre dans leurs détails, et où, Dieu merci, pas plus que dans le cas précédent, je n'ai pas eu à recourir à la ponction pour guérir les malades.
Le 8 février entrait dans notre service, au n*» 18 de la salle des hommes, un jeune malade de dix-neuf ans, grand, de tempérament lymphatico-nerveux, d'une bonne santé habituelle et à Paris depuis quatre mois seulement.
11 se plaignait de tousser et d'avoir un point de côté depuis un mois environ. Ces troubles fonctionnels étaient survenus sans cause appréciable : il n'y avait pas eu de ftrisson au début ; mais, dès ce moment, l'appétit et les forces avaient diminué, de telle façon qu'enfin le malade avait dû cesser son travail quatre jours avant d'entrer à l'hôpital.
A ce moment, 9 février, le malade avait une toux fréquente avec expectoration mousseuse, trèsrdifûcile, une dyspnée considérable avec grande douleur sous le mamelon gauche, et impossibilité de se coucher sur ce côté.
Matité absolue dans tout le tiers inférieur de la poitrine, en arrière et à gauche; submatité dans le tiers moyen; son skodique très-prononcé dans tout le tiers supérieur et antérieur, de la clavicule au mamelon. Vibrations thoraciques éteintes aux points mats. Souffle très-fort; égophonie à la partie moyenne de la poitrine, en arrière, avec abolition complète du murmure respiratoire à la partie inférieure.
Le cœur n'était pas déplacé.
Insomnie, anorexie. Pouls à i08; température, 38 degrés le matin , 39<>,6 le soir.
Six ventouses scarifiées ; tisane pectorale ; potages et 200 grammes de vin de Bordeaux.
Le lendemain, le point de côté avait disparu, la dyspnée était moindre, l'expectoration d'un mucus salivaire plus facile, le souffle moins fort; enfin le bruit respiratoire s'entendait plus bas que la veille.
TRAITER Le Malade et la maladie. eoi
' Quant à la température, elle avait subi une dépression parallèle à ramélioration des symptômes locaux : ainsi la température du matin était de 37**,6 et celle du soir de 39*,3.
Lb lendemain, 11 février, on n'entendait plus de souffle; il n'y avait plus qu'une légère égophonie. Le malade avait mieux dormi la nuit et pouvait se coucher sur le côté gauche. Cependant la température s'élevait un peu; elle était de 38*,6 le matin, de oO'^jT le soir. Le malade, qui avait de la diarrhée, se levait pour aller aux latrines, où existaient de grands courants d'air ; il s'y refroidit vivement, et le lendemain 12 il eut une véritable rechute de sa pleurésie avec un état général qui se rapprochait de l'état typhoïde : la matité était plus étendue qu'à l'entrée à l'hôpital, il y avait du frottement jusqu'au tiers supérieur en arrière ; le souffle était revenu et s'entendait à la partie moyenne de la poitrine suivant une ligne demi-parabolique, le malade étant de nouveau couché sur le dos.
Ballonnement du ventre, tremblement de la langue et des lèvres, face pâle.
La température était de 38',6 le matin, de 39^,5 le soir.
On applique de nouveau six ventouses scarifiées.
Le 13, souffle moins fort, égophonie persistante. Sueurs et épistaxis qui n'ont rien de critique. Môme état général semityphoïde, anorexie absolue, langue sale et tremblante ; face abdominale. Intelligence intacte, forces prostrées.
20 grammes d'huile de ricin; toujours du vin de Bordeaux.
Le 14, le purgatifadetermineseptsellesassezabondantes.il n'y a pas d'amélioration dans l'état général, 39 degrés le matin comme le soir ; mais les signes physiques révèlent une diminution de l'épanchement : la matité s'élève moins haut ; le souffle otrégophonie sont moins marqués comme moins étendus.
Le 15, le souffle existe encore à la partie moyenne de la poitrine, mais très-doux; la respiration, très-faible, il est vrai, s'entend presque jusqu'en bas. La matité n'est plus absolue. 38',2 le matin, 39 degrés le soir. Il y a de la diarrhée.
Pour en finir avec l'épanchement, je fais appliquer neuf ventouses sèches et trois scarifiées. Le malade ne prend toujours que des potages, et encore avec la plus grande peine,
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Le i6, même état local; toux assez fréquente, expectoralioii mousseuse comme du blanc d'œuf ; il n*y a cependant pas de i^lcs de bronchite ; les crachats sont ceux d'un catarrhe laryngo-trachéal. 38% 1 le matin, 39 degrés le soir.
Le 17, il n'y a plus qu'un peu de matité et de souffle tout à fait au bas de la poitrine ; on n'entend plus d'égophonie. L'étal semi-typhoïde persiste avec diarrhée et ballonnement du ventre. Cependant la température du matin n'est que de 37°,6, celle du soir de 38%4.
Je fais donner 10 grammes de sel de Seignette et ajouter 123 grammes de bagnols au bordeaux.
Le 18, la langue était nettoyée, il y avait moins de ballonnement du ventre, la diarrhée s'était arrêtée dans la nuit et le malade avait mieux dormi.
Pour la première fois il n'y a pas de fièvre le matin, «n'>,4, mais il y a une recrudescence le soir, 39®,4 (élévation de deux degrés du matin au soir).
En raison de cette exacerbatlon vespérine, je fais ajouter à la prescription 30 centigrammes de sulfate de quinine et 230 grammes d'infusion de café.
Le 19, 37 ,3 le matin, 38%4 le soir.
Le 20, on peut considérer la pleurésie comme guérie et Tépanchement comme disparu complètement : il n'y a plus de souffle nulle part et la respiration, faible encore, s'entend partout.
370,2 le matin, 38%3 le soir.
Le 21, disparition de Tétat semi-typhoïde : le ventre a ccs^vc d'être ballonné; la langue et les lèvres ne sont plus tremblantes, le sillon abdominal s'efface et la face est moins pâle.
37%5 le matin, 38 degrés le soir.
Je supprime le sulfate de quinine et le remplace par 123 grammes de vin de quinquina ; je continue toujours le café.Le«iaIadc mange un peu de viande ; il n'avait guère consenti à prendre que du lait jusqu'ici, avec quelques cuillerées de potage.
Le 23, convalescence nettement dessinée : la température du matin est de 36%6; Tappétit est plus vif, le ventre est souple, il n'y a plus de diarrhée. Quant à la pleurésie, elle n'a laissé d'au-