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ASPIRATIONS SUCCESSIVES DANS LA I»LEURÉSIE PURULENTE

était immédiatement rentré avec de grands frissons. Le lendemain matin, point de côté très-douloureux. Evidemment, la maladie était aiguë et des plus récentes; au lieu de la traiter antiphlogistiquement, le médecin prescrivit un vêsicatoire^ et ce fut tout. Le malaise continuant — le contraire seul eût eu lieu d'étonner— le malade entre le 6 dans un des services de cet hôpital. Le lendemain 7, on ftiit une ponction qui donne issue à 2 litres de liquide d'aspect laiteux.

Ainsi en six jours le malade, traité par Un vésicatoire pour une pleurésie aiguë, avait fait 2 litres de liquide riche en leucocytes. Je pourrais citer bien d'autres exemples, trouvés par ttioi datts mes recherches sur la suppuration de la plèvre, et où je vois invariablement, comme si la chose était des plus naturelles: (t pleurésie aiguë, un vésicatoire, chiendent ») — ou quelque autre drogue ; à quelques jours de là Tépanchement augmentant — je le crois bienl — on fait la ponction, et « c'est du /)ti* que l'on extrait, o Mais passons !

Donc, au bout de six jours, on avait 2 litres de liquide lai* teux ; sept jours plus tard, le 18, c'est du pus, dont on obtenait 3 litres, qu'une seconde ponction fournissait.

C'est là l'histoire quotidienne maintenant : si le liquide n'est que louche à une première ponction, il sera purulent à la seconde. Nul à présent ne semble s'en étonner. Et cependant que s'est-il donc passé entre les deux opérations, sinon une aggravation de la phlegmasie pleurale ? Et comment comprendre cette transformation de l'acte morbide, sinon par une exagération de Thypérémie actuelle de la plèvre, qu'ont exaltée le traumatisme de la piqûre, la succion opérée par l'aspirateur, et le vide produit par l'évacuation? Or, cette hypérémie que l'on a ainsi exallée, comme le prouve la nature des produits phlegmasiques ultérieurs, on ne fait rien, absolument rien, médicalement parlant, pour la combattre; on n'applique ni ventouses, ni sangsues, ni môme de vésicatoires, qui seraient alors si bien indiqués cependant !

A une troisième ponction, faite huit jours après, le 23, on obtenait 2 litres de pus.

Dans le courant de février en fit encore quatre ponctions dont les deux premières donnèrent issue chacune à 4 litre de pus, les deux

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demièF^lamème quantité environ d'un liquide couleur chocolat.

Le malade, se refusant à une huitième ponction, quitta le service le 25 février, mais il rentrait dans le mien le 8 mars; il présentait alors tous les signes d'un assez vaste épanchement : matité dans tout le côté gauche de la poitrine, souffle intense presque amphorique dans la fosse sous-épineuse gauche avec bruit de gargouillement, comme l'ont signalé dans certains cas de pleurésie Landouzy et M. Béhier.

Le iO, la température axillaire était de 37"" ,2 ; celle de la paroi thoracique en contact avec la plèvre saine, de 36 degrés; celle du côté de la plèvre malade, de ^Q'^fi (i).

Le il, /a température des deux plèvres était la même : de 35<»,6. Vous verrez dans un instant combien la constatation de ce fait avait d'importance ; il indiquait, en effet, le silence de la phlegmasie; vous verrez aussi comment tout cela changea par le fait de la ponction.

La faiblesse était grande, la figure' pâle et amaigrie. 11 y avait peu de toux, une expectoration presque nulle. La dyspnée n'était pas très-intense. Le malade avait des sueurs nocturnes, mais pas de diarrhée.

11 m'importait de savoir s'il était tuberculeux, ainsi qu'il en avait l'aspect; or on entendait, au sommet droit et en arrière, des craquements humides peu nombreux, mais très-évidents.

Je ne voulais pas l'opérer, ayant constaté qu'il était tuberculeux, car je ne voyais pas trop le bien que je pourrais lui faire par une huitième ponction, sachant le mal qu'elle lui pourrait causer ; mais du 15 au 20, l'état général s'aggrava, le malade perdait l'appétit et avait des vomissements aqueux avec nausées presque continuelles et sensation de pression sur l'estomac; de sorte qu'il me pria lui-même de lui faire la ponction qu'il avait refusée trois semaines auparavant.

(1) Pour juger de la température pleurale au cas d'épanchement, je fais appliquer simultanément un thermomètre dans le même espace inWrcostal de chaque câté do la poitrine; la différence de température ne peut être due qu'à rétat actuel de la plèvre. S'il y a pleurésie ou hypérémie sécrétoire active, il y a une élévation de température de 1 degré, % degrés et même 2«,S; ainsi qu'on peut le voir dans les recherches faites par moi sur ce malade (voir les chiffres .si intéressants contenus dans la note de la page suivante).

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