‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 182 sur 254 · TEMPÉRATURE FÉBRILE ET PLEURALE · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE FÉBRILE ET PLEURALE

Je cédai donc à ses sollicitations, et, le 20 mars, je retirai de sa plèvre, avec l'aspirateur Dieulafoy, 2 250 grammes de pus épais et verdâtre. A la un de l'opération, je lavai sa plèvre avec de l'eau tiède légèrement alcoolisée dans la proportion de 15 grammes d'alcool pour 450 d'eau ; et celle-ci fut soigneusement aspirée après avoir séjourné quatre à cinq minutes dans la cavité pieu* raie. Le malade n'en éprouva aucune espèce de sensation.

A la suite de l'opération, il y eut, comme toujours, un sentiment de mieux-être ; l'oppression était beaucoup moindre, les envies de vomir cessèrent, les sueurs disparurent, mais Tappétit ne revint pas, et bientôt, chose plus grave, la fièvre s'alluma.

Alors se produisit un phénomène parallèle, de la plus haute importance, selon moi, et sur lequel j'appelle toute votre attention, à savoir : V élévation simultanée de la température locale de la plèvre malade ei de la température générale prise dans l'aisselle. Et ce qui indiqua bien que la fièvre était le résultat de la reprise du travail de sécrétion purulente dans la plèvre malade, c'est que l'élévation de la température dans la plèvre dépassa toujours celle de la température générale. Ainsi, quand la cavité pleurale était distendue au maximum par le produit morbide, toute sécrétion y devenait matériellement impossible; mais elle s'effectuait à nouveau avec toutes ses conséquences, la fièvre de suppuration^ dès que la cavité de la plèvre était redevenue libre par le fait de la ponction (i).

Dès le 23, trois jours après l'opération, les vomissements bilieux

(1) Voici les chiffres et rien D*est plus probant :

Les jours qui précédèreot la ponction, la température de la paroi thoracique, du côté malade, se tenait aux alentours de 86 degrés ; le matin même du tO mars, jour de l'opération, et avant celle-ci, elle était de SSOjS, ou à très-peu près de 86 degrés ; celle de la paroi thoracique droite était de 86 degrés.

Quant h la température axillaire, elle était le 10 mars, jour de rentrée, au malin, de 37«,« dans l'aisselle droite; de 87«,4 dans l'aisselle gauche (cAté malade) ; le soir, de 37«»,6 à droite et de 87o,4 à gauche, avec 181 pulsations, ce qui était loin, comme vous voyez, de constituer un état fébrile. Lee jours qui suivirent, la température axillaire oscilla constamment aux environs de 87 degrés matin et soir, avec un pouls entre 124 et 132 pulsations ; mais la peau du corps n'était ni chaude ni aride. En deux mois, il n*y avait point de Oèvre.

Enfin, le 19 mars au soir, veille de la ponction, la température axillaire était de 87'>,6.

Le tO au soir, huit heures>près la ponction, elle était de 87«,9.

$h^ LES pi^igyiiéTioyfiSi

$e reproduisirent i il y Hv»it da la (}Quleur aveo sepHtiop de 0pQçtriçtion à h région épipstrique. On entepdait au tiers supérieur gauche (Jtt souffle apapborique môle k un peu de tintement métallique lointain. Je n'en conclus pas 4 un pneumothoraz, mais m retour de répancl^ement, donnant lieu k ces signes si curieux mentiofl^és par I^andousy d^us quelques cas d'épanchements pleurétiques,

Le 27, l'état général était des plus graves, Témaciation, rapide, indiquait une fln prochaine ; la (fouleur de la pa^oi thoracique gauche était devenue telle, qu'il était impossible d'y appliquer le thermomètre pour y prendre la tempéi'ftture, la pression des espapes intercostaux étant intolérable.

J^ 30, le malade succombait h sept heures du matin avec une oppression considérable.

A l'ouverture du thorax on trouva, dans la cavité pleurale gauche, 2 IQO grammes de liquide purulent, mais beaucoup moins

Le 21, vingt-quatre heures après ropération : température axillaire, matin, 9S 4egrét ; soir, S8*,7.

Teippératu^e thofiMsiqup droite 87o,6

— gauche 38<>,6

Elévation de la température générale du malin io,0

<» t)lor#eiqu^ du odté sain . . lo,6

— — du calé malade, î«,6

La température de la plèvre malade s'est donc élevée de i degré de plus que Mlle 40 U plftvre sainp) et même de 1p,6 de plus que celle de l'aisselle, qui représente approximativement la température générale; c'est-à-dire ainsi que .rélévation de la température de la plèvre malade n'était pas engendrée par celle de la température générale, mais l'engendrait au contraire. Le M, température axillaire : malin, 37<»,6; soir, 39»,7.

Température thoracique droite 37»,$

— gauche 37<»,8

Elévation de la température générale du matin 0o,6

— thoracique du côté sain. . . 1<»,0

— — du eôié malade. i%0 L'élévation de la température de la plèvre malade dépasse encore celle de

TaisseUe de 0<»,4.

IjO S8, température axillaire, matin, 3So,4 ;

Température thoracique droite 86*,8

— gauche 88«,0

Elévation de la température générale du matin 1<»,4

— thoracique du côté soin. • . 0«,8

— — du côté malade.. âo,0 L'élévation de la température de la plèvre malade dépasse celle de l'uisselle

de 0»,6.

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