‹ Lecons de clinique medicale, Volume 1Chapitre 183 sur 254 · TEMPÉRATURE FÉBRILE ET PLEURALE · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE FÉBRILE ET PLEURALE

épais qu'au moment de la ponction. Le poumon était ratatiné et semblait réduit au lobe supérieur. La plèyre viscérale, la plèvre pariétale surtout, ainsi que la plèvre diaphragmatique, ét^iept é{)aissies et recouvertes d'une couche trës-ép^sse d'exsudats ^brineux très-adhérents.

Sqr une coupe du poumon gauche, granulations tu})erculeuses miliaires très-nombreuses, surtout au sommet.

l^a partie inférieure du lobe supérieur droit, et tout le lobe inférieur droit, étaient farcis de tubercules.

Le cœur était déplacé et sa poipte située au niveau de Tappe^dice xiphoïde. Il y avait 180 grammes de liquide dans le péricarde, qui était très-épaissi et très-vasculaire.

Il p'est pas douteux qu'ici la mort n'ait ^té la conséquence du réveil de la fièvre f)e suppur^^ipp et de l'épuisement dû à la sécrétion de 3000 grao^mes de pi|s ep dix jours; de sorte qu'on ne saurait nier que la ponction de la poitrine n'ait été la cause accé* lératrice de la iport.

Le 24, température axUlaire : maUn, 37o,8 ; soir, 89%6.

Température thoraoique droite S6<»,S

— gauche 87<»,4

Blévation de la température générale du matin 0o,8

'• thoraciquu du côté sain... O»,)

— — ducôtémalaU. 1»,4 L'élévation de la température de la plèvre malade dépasse toujours celle de

Taisselle de 0<>,6.

Le 35 au maUn, température adllaire, 87^6 (pouls à 92).

Température thoraoique droite 85«,8

— gauche 87<»,0

Elévation de la température générale du matin 0^,6

^ thoraciquedu côté sain.. . . 0S2

•> ^ du cété malade,,. 1«,0

L'élévation do la température de la plèvre malade dépasse celle dé l'aisselle de 0»,4.

Le 26, au malin, température axillaire droite 88«»,2 (pouls à 96). Le 29, matin, température axillaire, 38<> (pouls à 120).

Température thoracique droite 37o,6

— gauche 38o,4

Elévation de la température générale du malin 1»,0

— thoracique du côté sain ... i°,6 . — du côté malade. 2°, 4

La température de la plèvre malade dépasse cette fois celle de l'aisselle du chiffre considérable de io,4.

Le 30, mort à sept heures du malin ; les tempcralures n'ont pu être prises.

(Toutes ces températures ont été relevées avec le zèle le plus intelligentjpar M. Jobbé-Duval, externe du service.)

6«8 LES PLEURÉTIQUES.

On peut rapprocher ce fait de celui de notre malade du n* il, dont je vous ai parlé dans ma XXVIII* leçon (4), et où les ponctions furent évidemment malfaisantes. Nous verrons tout à l'heure les ponctions successives plus malfaisantes encore au cas de pleurésie aiguë.

Je discuterai également bientôt la conduite à tenir alors que la pleurésie purulente est d'origine tuberculeuse ; mais ce que je devais vous faire voir, à propos de ce malade que vous avez observé avec moi, c'est le mauvais effet des ponctions répétées : véritable supplice renouvelé des Danaïdes, mais où c'est le malade qui est le supplicié.

Maintenant la pleurésie purulente est chronique; son début remonte à plusieurs semaines ; tout fait présumer que la plèvre est doublée de fausses membranes épaisses et résistantes, que peut-être sa cavité est cloisonnée, que l'expansion du poumon est doublement entravée et que l'évacuation pure et simple du pus sera aussi difBcile qu'insuffisante. U est bien évident qu'il faut tenter alors de modifier la vitalité actuelle des parois de la cavité malade, et qu'on ne le peut faire que par des actions topiques.

Ainsi, aspiration d'une part, injection d'autre part, voilà ce qu'on peut tenter avant d'arriver à VuUima ratio, l'opération de Yempyème,

Ici encore l'aspirateur Dieulafoy peut être de très-grand avantage : il aspire le liquide purulent, permet de laver à grande e§u, de rincer pour ainsi dire la cavité pleurale, et enfin d'y injecter des liquides médicamenteux en quantité telle qu'on le désire avec la vitesse qu'on y veut mettre, de les y laisser séjourner aussi longtemps qu'on le juge à propos, et de les en extraire enfin aussi complètement qu'il est nécessaire.

Pour opérer facilement ces lavages et ce pansement de la plèvre plusieurs fois par jour avec facilité, il faut laisser un tube à demeure ; afin d'ailleurs de pouvoir injecter un liquide quelconque, la teinture d'iode par exemple, sans que ce tube s'altère, M. Dieulafoy a imaginé un trocart thoraciqm (fig. 38).

(!) Voir leçon XXVIII, p. 573.

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